Abdulrazak Gurnah reçoit son prestigieux prix Nobel de littérature à Londres

À Londres, Abdulrazak Gurnah se verra remettre à la mi-journée sa médaille et son diplôme par l'ambassadrice de Suède à sa résidence officielle. (Photo, AFP)
À Londres, Abdulrazak Gurnah se verra remettre à la mi-journée sa médaille et son diplôme par l'ambassadrice de Suède à sa résidence officielle. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 06 décembre 2021

Abdulrazak Gurnah reçoit son prestigieux prix Nobel de littérature à Londres

  • Prix Nobel ou pas, le romancier a assuré qu'il continuerait à parler franchement des questions qui ont façonné son œuvre et sa vision du monde
  • Le jury a salué son récit «empathique et sans compromis des effets du colonialisme et le destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents»

LONDRES : Auréolé du Nobel de littérature, Abdulrazak Gurnah reçoit lundi le plus prestigieux des prix littéraires pour ses récits sur l'immigration et la colonisation, lors d'une cérémonie au Royaume-Uni où le romancier né à Zanzibar vit en exil depuis plus d'un demi-siècle.

Pandémie oblige, les Nobel en sciences et littérature sont remis, sans le faste habituel, dans les pays des lauréats pour la deuxième année consécutive. 

À Londres, Abdulrazak Gurnah se verra remettre à la mi-journée sa médaille et son diplôme par l'ambassadrice de Suède à sa résidence officielle. Le prix est doté de dix millions de couronnes suédoises (presque 1 million d'euros).

Abdulrazak Gurnah, 72 ans, est le premier auteur d'origine africaine à recevoir le prix Nobel de littérature depuis le Sud-Africain J.M. Coetzee en 2003. Il a été consacré pour ses récits sur l'époque coloniale et post-coloniale en Afrique de l'Est et sur les tourments de réfugiés coincés entre deux mondes.

Le jury a salué son récit "empathique et sans compromis des effets du colonialisme et le destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents". Il a également loué son "attachement à la vérité et son aversion pour la simplification".

Né en 1948 à Zanzibar - un archipel au large des côtes de l'Afrique de l'Est qui fait aujourd'hui partie de la Tanzanie, Abdulrazak Gurnah s'est réfugié en Angleterre à la fin des années 60, quelques années après l'indépendance de cet ancien protectorat britannique, à un moment où la communauté arabe était persécutée. 

Il a commencé à écrire à 21 ans au Royaume-Uni, pays dont il a acquis la nationalité, inspiré par ses souvenirs et son expérience d'immigré.

"Je veux écrire sur les interactions humaines, ce que les gens traversent quand ils reconstruisent leur vie", avait-il déclaré lors d'une conférence de presse, au lendemain de sa consécration début octobre. 

«Je dis ce que je pense»

Dans une tribune du quotidien britannique The Guardian en 2004, il expliquait être "tombé" dans l'écriture, sans l'avoir prévu. Et il n'a pas vu venir la récompense suprême: "Vous écrivez du mieux que vous pouvez, et vous espérez que ça marche!"

Auteur parfois méconnu avant le Nobel, l'écrivain a publié dix romans, dont trois ont été traduits en français ("Paradis", "Près de la Mer" et "Adieu Zanzibar"), ainsi que plusieurs nouvelles. Il écrit en anglais même si sa langue d'origine est avant tout le swahili.

Il vit aujourd'hui à Brighton, dans le sud-est de l'Angleterre, et a enseigné la littérature à l'Université du Kent jusqu'à sa retraite. 

Prix Nobel ou pas, le romancier a assuré qu'il continuerait à parler franchement des questions qui ont façonné son œuvre et sa vision du monde. "C'est ma manière de parler", a-t-il dit, "je ne joue pas un rôle, je dis ce que je pense".

Il fustige ainsi la ligne dure des gouvernements européens sur l'immigration en provenance d'Afrique et du Moyen-Orient, la considérant cruelle et illogique.

Son dernier livre, "Afterlives", suit un petit garçon volé à ses parents par les troupes coloniales allemandes et qui revient dans son village pour retrouver ses parents disparus et sa soeur.

2021 a été une année faste pour la littérature africaine, avec trois grands prix - le Nobel, le Booker Prize et le Goncourt - remportés par des écrivains africains.


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com