Covid-19: tour d'horizon de l'obligation vaccinale dans le monde

Un homme reçoit un vaccin contre le coronavirus BioNtech-Pfizer Covid-19 dans un centre de vaccination mobile à Hemmingen près de Ludwigsburg, dans le sud de l'Allemagne, le 7 décembre 2021. (AFP)
Un homme reçoit un vaccin contre le coronavirus BioNtech-Pfizer Covid-19 dans un centre de vaccination mobile à Hemmingen près de Ludwigsburg, dans le sud de l'Allemagne, le 7 décembre 2021. (AFP)
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Publié le Mardi 07 décembre 2021

Covid-19: tour d'horizon de l'obligation vaccinale dans le monde

  • L'Autriche est le premier pays de l'UE à vouloir imposer la vaccination à tous ses adultes
  • En Allemagne, le Parlement examinera d'ici la fin de l'année une loi imposant la vaccination à l'ensemble de la population

PARIS: Si un certificat de vaccination s'impose dans un nombre croissant de pays pour certaines activités ou populations ciblées, peu d'Etats imposent la vaccination à tous, une mesure devant rester de "dernier ressort absolu" selon l'OMS.

Tour d'horizon, non exhaustif, de l'obligation vaccinale contre la Covid-19 dans le monde.

Obligatoire pour les adultes: une poignée de pays seulement

L'Autriche est le premier pays de l'UE à vouloir imposer la vaccination à tous ses adultes. La mesure, annoncée en novembre, sera effective début février. Elle vise à contrer des taux de vaccination trop faibles (67,6% de la population vaccinée au 6 décembre) pour ralentir la vague épidémique. Par ailleurs, le pays, qui se déconfinera lundi, maintiendra ses restrictions de déplacement pour les seuls non-vaccinés.

En Allemagne, le Parlement examinera d'ici la fin de l'année une loi imposant la vaccination à l'ensemble de la population, là aussi pour enrayer la flambée épidémique. Au 1er décembre, 68,9% de la population allemande était vaccinée.

Avant cela, deux États autoritaires d'Asie centrale, le Tadjikistan et le Turkménistan, ont annoncé en juillet la vaccination obligatoire pour les plus de 18 ans. 

En Indonésie, la vaccination anti-Covid est obligatoire depuis février 2021, sous peine de sanction, en théorie. Dans les faits, la campagne vaccinale peine à convaincre: seulement 35% des Indonésiens étaient vaccinés au 1er décembre.

Dans le Pacifique, l'Etat fédéral de Micronésie a aussi annoncé, en juillet 2021, la vaccination obligatoire pour ses plus de 18 ans.

Territoire français du Pacifique sud disposant d'une large autonomie, la Nouvelle-Calédonie a rendu obligatoire la vaccination pour toutes les personnes majeures à compter de fin décembre. Au 26 novembre, 73% des Néo-Calédoniens de plus de 12 ans étaient totalement vaccinés.

Obligatoire pour certaines catégories

Les obligations vaccinales pour certaines catégories professionnelles se sont de leur côté multipliées partout dans le monde.

Aux États-Unis, le président Joe Biden a annoncé le 9 septembre la vaccination obligatoire pour 100 millions de travailleurs, fonctionnaires du gouvernement fédéral et salariés du privé. Mais la mesure a été suspendue en novembre par la justice fédérale dans l'attente d'un jugement sur le fond. 

A New York, tous les salariés du secteur privé seront soumis à une obligation vaccinale à compter du 27 décembre, a annoncé lundi le maire.

En France, l'obligation vaccinale s'applique aux personnels des hôpitaux, maisons de retraite, aux pompiers, ambulanciers et aides à domicile, depuis le 15 septembre. 

En Polynésie française, l'obligation vaccinale s'imposera à partir du 23 décembre à toutes les personnes travaillant au contact du public.

En Grèce, la vaccination est devenue obligatoire pour le personnel des maisons de retraite le 16 août et pour les soignants le 1er septembre. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a, de plus, annoncé fin novembre l'obligation vaccinale pour tous les plus de 60 ans à compter du début 2022.

En Italie, les travailleurs de la santé sont contraints de se faire vacciner depuis fin mai et le personnel des maisons de retraite depuis le 10 octobre.

En Angleterre, les employés des maisons de retraite ont été priés d'être complètement vaccinés avant mi-novembre et les soignants du service public à partir d'avril 2022. 

Dans certains pays, l'obligation vaccinale ne se limite pas aux soignants, fonctionnaires ou employés en contact avec le public, mais à tous types de salariés. 

C'est le cas en Hongrie depuis fin octobre, où toute entreprise peut exiger de ses employés d'être vaccinés.

Fortes restrictions pour les non-vaccinés -

Dans un nombre croissant de pays, la vaccination n'est pas obligatoire mais les restrictions pour les non-vaccinés sont très dissuasives.

L'Arabie saoudite interdit depuis le 1er août 2021 aux non-vaccinés l'accès à "n'importe quel lieu privé ou gouvernemental" ainsi qu'aux transports en commun. De plus, seuls les vaccinés peuvent voyager en dehors du pays.

En Italie, les personnes non-vaccinées ne peuvent plus aller au cinéma, au théâtre, à des concerts ou encore à de grands événements sportifs depuis lundi.

En Allemagne, l'accès à certaines activités culturelles, de loisirs et à une partie des commerces sera réservé aux seuls vaccinés, a annoncé Berlin début décembre.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.