Nucléaire iranien: Les pourparlers se poursuivent dans un contexte tendu

Les États-Unis ont participé indirectement aux pourparlers en cours parce qu’ils se sont retirés de l’accord en 2018, sous le président de l’époque, Donald Trump.
Les États-Unis ont participé indirectement aux pourparlers en cours parce qu’ils se sont retirés de l’accord en 2018, sous le président de l’époque, Donald Trump.
Short Url
Publié le Vendredi 10 décembre 2021

Nucléaire iranien: Les pourparlers se poursuivent dans un contexte tendu

  • Les États-Unis mettent en garde les banques qui travaillent avec Téhéran
  • Josep Borrell demande à l'Iran de «répondre aux inquiétudes concernant son programme nucléaire actuel»

VIENNE: Les négociations entre l’Iran et les puissances mondiales visant à sauver l’accord nucléaire de 2015, réduit en lambeaux, ont repris jeudi après une pause de quelques jours, les tensions étant élevées après que Téhéran a formulé des exigences que les pays européens ont vivement critiquées.

Le diplomate européen Enrique Mora, qui a présidé jeudi la réunion de tous les signataires restants de l’accord – l’Iran, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Russie et la Chine – a déclaré après coup qu’il ressentait «un sens renouvelé de l’objectif sur la nécessité de travailler et de parvenir à un accord pour redonner vie à l’accord».

Mora a souligné: «Nous verrons dans les jours à venir si cela sera confirmé et entériné par des négociations sur les détails», ajoutant que l’impression positive «doit être testée». Il a de même indiqué qu’il devient «plus impératif» avec le temps de parvenir rapidement à un accord.

Mora a déclaré que les participants abordent la tâche «avec le réalisme nécessaire pour parvenir à un accord, parce qu’elle est difficile, parce qu’il y a différentes positions, parce que certains points restent extrêmement ouverts». «Nous devons les fermer et nous n’avons pas tout le temps du monde», a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont participé indirectement aux pourparlers en cours parce qu’ils se sont retirés de l’accord en 2018, sous le président de l’époque, Donald Trump. Le président Joe Biden a signalé vouloir réintégrer l’accord.

Washington prévoit d’envoyer une délégation menée par Robert Malley, l’envoyé spécial des États-Unis pour l’Iran, à Vienne en fin de semaine.

Entre-temps, les États-Unis enverront une délégation gouvernementale de haut niveau aux Émirats arabes unis la semaine prochaine pour rencontrer des banques au sujet de préoccupations sur la conformité aux sanctions contre l’Iran, a déclaré jeudi le porte-parole du département d’État.

Cette initiative suggère que Washington cherche à renforcer la pression économique sur Téhéran, alors que les Occidentaux doutent de la détermination de l’Iran à sauver l’accord.

La délégation américaine, qui comportera la directrice du Bureau de contrôle des actifs étrangers du Trésor américain, Andrea Gacki, mettra en garde les banques qui font des affaires avec l’Iran et ne respectent pas les sanctions imposées.

Un porte-parole du département d’État a déclaré que les États-Unis disposent de preuves de non-conformité, et que les banques pourraient ultérieurement être sanctionnées ou pénalisées pour leurs transactions.

L’ambassadeur de Russie auprès des Nations unies à Vienne, Mikhail Ulyanov, a déclaré à l’agence TASS que les discussions de jeudi ont «éliminé plusieurs malentendus qui avaient créé des tension», sans donner plus de détails.

Le cycle actuel de négociations est le septième depuis son lancement en avril dernier.

Les responsables iraniens ont insisté sur le fait qu’ils «prennent les pourparlers au sérieux».

«Le fait que les deux parties continuent à parler indique qu’elles veulent réduire les écarts», a affirmé le négociateur en chef iranien, Ali Bagheri.

Le haut responsable de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a demandé au ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, de «répondre aux inquiétudes concernant son programme nucléaire actuel», qui s’est intensifié ces derniers mois.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: deux civils tués dans une région druze 

Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Short Url
  • Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda"
  • L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats

SOUEIDA: Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales.

La situation est tendue dans la province de Soueïda, où vivent de nombreux membres de cette minorité issue du chiisme, depuis des affrontements meurtriers il y a un an, les pires depuis la chute du président Bachar al-Assad fin 2024.

Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda, touchant un tracteur et tuant les deux personnes qui se trouvaient à bord: le conducteur et une femme".

Cette source, qui a requis l'anonymat, a également indiqué que "des affrontements intermittents ont lieu entre la Garde nationale et les forces gouvernementales depuis samedi soir", faisant référence au groupe armé de l'influent chef druze Hikmat al-Hijri.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats.

La deuxième source de sécurité, qui s'est rendue sur le site de la frappe, a dit avoir vu le tracteur "entièrement brûlé", ajoutant que les deux victimes étaient des agriculteurs.

Le gouvernement syrien n'a pas immédiatement réagi à ces informations.

Des factions druzes contrôlent la ville de Soueïda et d'autres secteurs de la province du même nom malgré des tentatives de Damas d'y rétablir son autorité.

Il s'agit de l'une des dernières zones échappant au gouvernement islamiste qui cherche, depuis fin 2024, à unifier le pays, morcelé par plus de 13 ans de guerre.

Samedi, des groupes armés druzes avaient empêché des élèves de se rendre à leurs examens dans un secteur de la province contrôlé par le gouvernement.

La province de Soueïda avait été le théâtre en juillet 2025 d'affrontements entre combattants druzes et bédouins, qui avaient dégénéré après l'intervention de forces gouvernementales, puis de combattants tribaux en appui aux Bédouins.

Ces violences, les pires depuis fin 2024, avaient fait plus de 2.000 morts, selon l'OSDH. D'après des survivants et des ONG, elles avaient été marquées par de nombreuses exactions visant les druzes.

Damas a récemment annoncé avoir renvoyé plusieurs personnes devant la justice dans le cadre de l'enquête sur ces affrontements.

En 2025, l'armée israélienne avait bombardé des positions gouvernementales, affirmant vouloir protéger la communauté druze, présente aussi en Israël.

Hikmat al-Hijri a déclaré cette semaine que "les druzes étaient partie intégrante de l'Etat d'Israël".


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
Short Url
  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.


Les Emirats arabes unis disent avoir fait face à un drone venant d'Iran

Une vue de Dubaï. (AFP)
Une vue de Dubaï. (AFP)
Short Url
  • Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales
  • Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales, après que Téhéran a dit avoir attaqué une base américaine dans le pays du Golfe.

Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X.