Téhéran avance dans le nucléaire malgré les pourparlers de Vienne, affirme l'AIEA

Une image satellite montre l'installation nucléaire souterraine iranienne de Fordow à l'extérieur de Qom, en Iran. (Photo, AP/Archives)
Une image satellite montre l'installation nucléaire souterraine iranienne de Fordow à l'extérieur de Qom, en Iran. (Photo, AP/Archives)
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Publié le Vendredi 03 décembre 2021

Téhéran avance dans le nucléaire malgré les pourparlers de Vienne, affirme l'AIEA

  • Blinken exprime son pessimisme quant à la relance de l'accord de 2015
  • Israël appelle les puissances mondiales à interrompre d'urgence les pourparlers

VIENNE, JÉRUSALEM: L’Iran a commencé à produire de l'uranium enrichi avec des centrifugeuses avancées plus efficaces dans son usine de Fordow creusée dans une montagne, a déclaré l'organisme de surveillance atomique de l'ONU, sapant davantage l'accord nucléaire iranien de 2015 pendant les pourparlers avec l'Occident pour le sauver.

L'annonce a semblé compromettre les pourparlers indirects qui ont repris cette semaine entre Téhéran et Washington sur la réintégration totale des deux pays dans l'accord, après une pause de cinq mois, provoquée par l'élection du président, Ebrahim Raïssi, partisan de la ligne dure.

Les négociateurs occidentaux craignent que l'Iran ne crée des faits sur le terrain pour gagner en influence dans les pourparlers.

Au troisième jour de ce cycle de négociations, l'Agence internationale de l'énergie atomique a déclaré que l'Iran avait lancé le processus d'enrichissement de l'uranium jusqu'à 20% de pureté avec une cascade, ou un groupe, de 166 machines IR-6 avancées à Fordow. Ces machines sont bien plus efficaces que l'IR-1 de première génération.

Soulignant à quel point l'accord est sapé, ce pacte ne permet pas du tout à l'Iran d'enrichir de l'uranium à Fordow. Jusqu'à présent, l'Iran y produisait de l'uranium enrichi avec des machines IR-1 et avait enrichi avec quelques IR-6 sans conserver le produit. Téhéran dispose de 94 machines IR-6 installées dans une cascade à Fordow qui n’est pas encore opérationnelle, a indiqué l'AIEA dans un communiqué.

Un rapport plus complet de l'AIEA distribué aux États membres a révélé qu'à la suite de la décision de l'Iran, l'organisme de surveillance nucléaire prévoit d'intensifier les inspections dans l'usine d'enrichissement de combustible de Fordow, qui abrite les centrifugeuses, mais que les détails doivent encore être réglés.

Les États-Unis ont semblé pessimistes jeudi quant aux chances de relancer l'accord, Washington affirmant avoir peu de raisons d'être optimiste et Téhéran mettant en doute la détermination des négociateurs américains et européens.

«Je dois vous dire que les récents mouvements, la récente rhétorique, ne nous donnent pas beaucoup de raisons d'être... optimistes», a déclaré le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, à Stockholm, affirmant qu'il pourrait juger dans un jour ou deux si l'Iran s'engage dans les pourparlers de bonne foi.

Israël a exhorté les puissances mondiales à interrompre immédiatement les négociations nucléaires avec l'Iran. «Téhéran exerce un chantage nucléaire comme tactique de négociation, et cela devrait être contré par l'arrêt immédiat des négociations et la mise en œuvre de mesures sévères par les puissances mondiales», a expliqué le bureau du Premier ministre, Naftali Bennett, lors d'un appel téléphonique avec Blinken.

Un responsable israélien a signalé que Bennett avait fait part à Blinken de ses objections à toute levée des sanctions contre le régime iranien, en particulier dans le cadre d'un accord intérimaire, ce qui signifierait effectivement «un flux massif de fonds vers l’Iran».

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a déclaré que les négociations à Vienne «se poursuivaient avec sérieux» et que la levée des sanctions était une «priorité fondamentale».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Qatar: l'armée de l'air a abattu deux bombardiers iraniens 

L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
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  • "L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays"
  • Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers

DOHA: L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat.

C'est la première fois qu'un pays du Golfe abat un aéronef iranien avec un pilote à bord depuis le début des bombardements entamés samedi.

"L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays aujourd'hui", a précisé le ministère dans un communiqué.

Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers.

Cette annonce intervient après que la compagnie énergétique publique qatarie a annoncé l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) après les attaques de drones iraniens qui ont attaqué deux de ses principales usines de traitement de gaz.

Concernant ces attaques, un drone iranien a visé, d'après le ministère qatari de la Défense, une installation énergétique à Ras Laffan, le principal site de production de gaz naturel liquéfié du pays, à 80 km au nord de la capitale, sur la côte.

Un autre drone a pris pour cible un réservoir d'eau d'une centrale électrique à Mesaieed, également une base clé pour la production de gaz naturel, à 40 km au sud de Doha.

Ces attaques de drones n'ont pas fait de victimes, selon les autorités.

 


L'Arabie saoudite intercepte 5 drones près de la base aérienne Prince Sultan : porte-parole

Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
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  • Al-Maliki a annoncé l'interception et la destruction de cinq drones hostiles
  • Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès

RIYAD: Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki, a annoncé lundi l'interception et la destruction de cinq drones hostiles près de la base aérienne Prince Sultan.

Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès.

M. Al-Maliki a confirmé qu'aucune victime civile n'avait été signalée à la suite de l'interception, notant qu'un petit incendie s'était déclaré à l'intérieur de la raffinerie en raison de la chute de débris, mais qu'il avait été rapidement maîtrisé.


Pentagone: Le Koweït a abattu «par erreur» des avions de combat américains

Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.
Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.
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  • Dimanche soir, "au cours d'une confrontation intense, comprenant des attaques d'avions iraniens, de missiles balistiques et de drones", des avions de combat américains "ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne"
  • Les six membres d'équipage se sont éjectés et sont sains et saufs, a-t-il précisé dans un communiqué

KOWEIT: Les trois avions de combat américains qui se sont écrasés au Koweït ont été abattus "par erreur" par sa défense aérienne, a indiqué l'armée américaine lundi, alors que plusieurs sites ont été visés dans ce pays du Golfe.

L'Iran mène des frappes contre les riches Etats du Golfe depuis samedi, en riposte à la mort de l'ayatollah Ali Khamenei tué dans une attaque israélo-américaine.

Dimanche soir, "au cours d'une confrontation intense, comprenant des attaques d'avions iraniens, de missiles balistiques et de drones", des avions de combat américains "ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne", a annoncé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, Centcom.

Les six membres d'équipage se sont éjectés et sont sains et saufs, a-t-il précisé dans un communiqué.

Les autorités koweïtiennes avaient plus tôt indiqué avoir "immédiatement lancé", après le crash, "les opérations de recherche et de sauvetage, et procédé à l'évacuation des équipages et à leur transfert vers l'hôpital".

Le Koweït a indiqué avoir intercepté des drones visant son territoire, où l'armée iranienne a affirmé avoir ciblé la base aérienne américaine d'Ali Al-Salem.

"Menace persistante" 

Du côté de l'ambassade américaine, une épaisse fumée noire s'est élevée en matinée, a rapporté un journaliste de l'AFP.

L'ambassade n'a pas dit si son bâtiment avait été touché, mais elle a publié un communiqué appelant à "ne pas venir à l'ambassade", en faisant état de "menace persistante d'attaques de missiles et de drones".

Le personnel de l'ambassade est "confiné sur place", a-t-elle ajouté.

De la fumée s'élevant au-dessus d'une centrale électrique dans le nord du pays a également été observée par trois témoins.

La compagnie pétrolière nationale, Kuwait National Petroleum Company, a indiqué que des débris étaient tombés sur la raffinerie de Mina Al-Ahmadi, l'une des plus importantes du pays, blessant deux travailleurs, sans toutefois perturber les opérations.

Dana Abbas, une résidente de Koweït City et ingénieure, s'est dit inquiète face à cette escalade, en affirmant à l'AFP s'être précipitée pour fait le plein de sa voiture et constituer des stocks de produits de première nécessité.

Six personnes ont été tuées dans le Golfe depuis samedi, toutes de nationalités étrangères : une au Koweit, trois aux Emirats, une à Bahreïn et une au large d'Oman, dans l'attaque d'un pétrolier.

Dimanche, les Emirats arabes unis ont annoncé que des débris avaient touché, lors de leur chute, la façade des Etihad Towers, qui abritent des ambassades diplomatiques, dont celle d'Israël, blessant légèrement une femme et un enfant.

Lundi matin, de nouvelles explosions ont été entendues à Dubaï, Abou Dhabi, Doha et Manama.

Les frappes iraniennes, qui ont visé des bases militaires, mais aussi des infrastructures civiles, notamment des immeubles d'habitation, des hôtels, des aéroports et des ports maritimes, ont ébranlé une région longtemps considérée comme un havre de paix et de sécurité au Moyen-Orient.