Le G7 veut montrer un front uni face aux «agresseurs mondiaux»

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken est arrivé vendredi à Liverpool où il a rencontré son homologue britannique Liz Truss, ainsi que l'écologiste Annalena Baerbock qui vient juste de prendre la tête de la diplomatie allemande. (Photo, AFP)
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken est arrivé vendredi à Liverpool où il a rencontré son homologue britannique Liz Truss, ainsi que l'écologiste Annalena Baerbock qui vient juste de prendre la tête de la diplomatie allemande. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 11 décembre 2021

Le G7 veut montrer un front uni face aux «agresseurs mondiaux»

  • La crise en Ukraine au menu de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 samedi et dimanche à Liverpool
  • Outre l’Ukraine, les participants discuteront des crises en cours, notamment en Birmanie, avec le coup d'Etat militaire

Les ministres des Affaires étrangères du G7 se réunissent samedi et dimanche à Liverpool, dans le nord de l'Angleterre, pour montrer leur unité contre les "agresseurs mondiaux" et discuter notamment de la Russie, dont les manœuvres à la frontière ukrainienne inquiètent.

La ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss, dont le pays assure la présidence du G7, entend montrer un "front uni contre les agresseurs mondiaux", selon son ministère. Elle exhortera ses homologues du G7 "à présenter un front uni contre les comportements malveillants – y compris les positions russes envers l'Ukraine – et à s'engager en matière de sécurité et de soutien économique pour défendre +les frontières de la liberté+ dans le monde".

Depuis des semaines, l'Otan, les Etats-Unis et les Européens accusent la Russie de vouloir envahir l'Ukraine, ce que Moscou dément.

Liz Truss, qui a remplacé Dominic Raab en septembre à la tête de la diplomatie britannique, a averti mercredi lors de son premier grand discours de politique étrangère que la Russie commettrait une "erreur stratégique" si elle envahissait l'Ukraine.

Ces propos faisaient écho à ceux du président américain Joe Biden, qui avait "fait savoir" la veille à son homologue russe Vladimir Poutine que la Russie s'exposerait à de "fortes sanctions, entre autres économiques", en cas d'escalade militaire en Ukraine.

Outre ce sujet sensible, les chefs de la diplomatie de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni discuteront des crises en cours, notamment en Birmanie, avec le coup d'Etat militaire du 1er février et la récente condamnation à de la prison de l'ex-dirigeante civile Aung San Suu Kyi.

Les ministres du G7 devraient aussi appeler l'Iran à cesser l'escalade nucléaire et revenir à l'accord de Vienne.

"Ce week-end, les démocraties les plus influentes du monde prendront position contre les agresseurs qui cherchent à porter atteinte à la liberté et enverront le message clair que nous présentons un front uni", a déclaré Liz Truss en amont de la rencontre.

"Je veux que les pays du G7 approfondissent leurs liens dans des domaines comme le commerce, l'investissement, la technologie et la sécurité afin que nous puissions défendre et faire progresser la liberté et la démocratie à travers le monde. Je vais plaider pour cela au cours des prochains jours", a ajouté la ministre.

Il s'agit de la deuxième réunion en personne des ministres des Affaires étrangères du G7 cette année, après un rassemblement en mai à Londres.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken est arrivé vendredi à Liverpool où il a rencontré Liz Truss, ainsi que l'écologiste Annalena Baerbock qui vient juste de prendre la tête de la diplomatie allemande. Après le G7, il se rendra en Asie du Sud-Est pour une tournée visant à souligner l'importance de la région indo-pacifique, au coeur de la stratégie anti-Chine des Etats-Unis.

En raison de la situation sanitaire, avec la récente propagation du variant Omicron au Royaume-Uni, de strictes mesures seront en place au musée de Liverpool qui accueille l'événement, avec l'obligation pour les délégués de présenter un test PCR avant d'arriver et des dépistages quotidiens.

Au cours du week-end, Liz Truss participera à des réunions bilatérales avec ses homologues des pays du G7 et de l'UE. La Corée du Sud et l'Australie participeront à la rencontre en tant qu'"invités", tandis que d'autres pays y prendront part virtuellement.

Elle lancera également ce week-end une initiative, menée par le Royaume-Uni, pour soutenir une meilleure collaboration des investissements dans les "marchés les plus fragiles" d'Afrique.

Dimanche, la ministre organisera des sessions plénières sur la sécurité sanitaire mondiale ainsi que sur la région indo-pacifique. Des ministres des Affaires étrangères de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) se joindront à la réunion du G7 pour la première fois, signe de l'importance croissante de cette région.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.