Riad Kobeissi, le Bob Woodward libanais dans la lutte contre la corruption

Kobeissi s'est hissé au rang des journalistes d'investigation les plus réputés au Liban. (Twitter)
Kobeissi s'est hissé au rang des journalistes d'investigation les plus réputés au Liban. (Twitter)
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Publié le Samedi 11 décembre 2021

Riad Kobeissi, le Bob Woodward libanais dans la lutte contre la corruption

  • Le journaliste d'investigation libanais a été honoré par le secrétaire d'État américain Antony Blinken
  • Sa dénonciation de la corruption a été mise en avant dans le volet consacré au Liban des Swiss Leaks, ainsi que dans les Panama Papers

LONDRES : « Je suis l’homme qui frappe à la porte ». Riad Kobeissi, journaliste d'investigation libanais, a repris la célèbre phrase de la série télévisée américaine « Breaking Bad ». Il avait les yeux rivés sur la caméra.

Dans son émission diffusée sur la chaîne Al-Jadeed, Riad Kobeissi s'est adressé directement à Badri Daher, ancien directeur général des douanes portuaires libanaises, aujourd'hui emprisonné, en lui disant : « Je suis l’homme qui frappe à la porte pour renverser le régime corrompu ». Cette intervention a eu lieu à la suite de l'explosion qui a secoué la capitale et tué plus de 200 personnes dans un épisode où Kobeissi a dénoncé la longue liste de corruptions qui ont amené le nitrate d'ammonium fatidique dans le principal port du Liban.

https://twitter.com/riadkobaissi/status/1191829178594795520?

 

C'est en effet ce journaliste et présentateur chauve à lunettes qui fait trembler les politiciens ; si bien que son pare-brise a été démoli! Le secrétaire américain Antony Blinken l'a donc honoré lors des 2021 Anti-Corruption Champions Awards (Prix des héros de la lutte contre la corruption) pour son leadership, son courage et sa contribution à la prévention, la dénonciation et la lutte contre la corruption.

« Quelques mois plus tôt, le pare-brise du journaliste libanais Riad Kobeissi a été fracassé alors qu'il réalisait un reportage sur les abus commis par les forces de sécurité », a déclaré le secrétaire américain. « Les attaques n'ont pas empêché Riad et les autres lauréats du prix de poursuivre leur mission, et nous leur en sommes reconnaissants. Nous remercions les lauréats pour leur travail inspirant et indispensable ».

« Les États-Unis ont l'honneur d'être votre partenaire aujourd'hui et à l'avenir. Nous vous félicitons ».

Kobeissi s'est hissé au rang des journalistes d'investigation les plus réputés au Liban. Sa dénonciation de la corruption a été mise en avant dans le volet consacré au Liban des Swiss Leaks, ainsi que dans les Panama Papers.

Né en 1981, il a vécu toute sa vie au Liban. Il a fait ses études à la Lebanese American University, où il a obtenu une licence en journalisme en 2003.

Alors qu’il poursuivait ses études à la LAU, Kobeissi a écrit en tant que rédacteur indépendant pour le journal libanais As-Safir. Il a traité des dossiers sociaux et politiques pour l'édition du journal consacrée aux jeunes.

Il a travaillé pour As-Safir jusqu'en 2006, où il a occupé le poste de rédacteur en chef de la page internationale de janvier 2005 à juillet 2006. En 2012, il a repris ses études pour décrocher un master en affaires internationales à la LAU.

Il travaille actuellement avec Al-Jadeed, où il dirige l'unité de reportage d'investigation et présente son émission.

Outre le prix qu'il a obtenu des États-Unis, Kobaissi a remporté deux fois le prix de l'ARIJ (Arab Reporters for Investigative Journalism) et le prix Inquirer de la Fondation Thomson.

En dépit de la domination des politiciens libanais corrompus sur des médias qu'ils possèdent ou avec lesquels ils entretiennent des liens étroits, M. Kobeissi est devenu l'un des opposants les plus acharnés au gouvernement, surtout dans le sillage des explosions du port.

Depuis lors, il a publié une série de documents dans lesquels il démasque les personnes soupçonnées d'avoir stocké le nitrate d'ammonium qui a provoqué les explosions du port. Il a toutefois été agressé dans sa voiture lors de la couverture d'un reportage portant sur les Forces de sécurité intérieure FSI du pays.

 À mesure que Kobeissi poursuit son travail, qui lui vaut une reconnaissance internationale, nombreux sont ceux qui craignent qu'il ne retrouve le sort des journalistes qui ont été assassinés au Liban : l'ancien rédacteur en chef d'Annahar, Gebran Tuéni, le célèbre journaliste Samir Kassir et, plus récemment, Lokman Slim.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.