Algérie: une série de gestes mémoriels sous l'ère Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une cérémonie à la mémoire des Harkis, des Algériens qui ont aidé l'armée française dans la guerre d'indépendance algérienne, à l'Elysée à Paris, le 20 septembre 2021. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une cérémonie à la mémoire des Harkis, des Algériens qui ont aidé l'armée française dans la guerre d'indépendance algérienne, à l'Elysée à Paris, le 20 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 11 décembre 2021

Algérie: une série de gestes mémoriels sous l'ère Macron

  • Depuis son accession au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron dit vouloir regarder en face «les blessures» de la guerre d'Algérie
  • Après l'annonce en mars d'un accès facilité aux archives classifiées depuis 50 ans, la France annonce le 10 décembre la prochaine ouverture «avec 15 ans d'avance» des archives sur «les enquêtes judiciaires» en rapport avec la guerre d'Algérie

PARIS : L'ouverture anticipée des archives judiciaires françaises en rapport avec la guerre d'Algérie, annoncée vendredi par le gouvernement, est le dernier en date d'une série de gestes mémoriels de Paris envers Alger sous l'ère Macron.

Depuis son accession au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron dit vouloir regarder en face "les blessures" de ce conflit (1954-1962), afin de "réconcilier les mémoires" entre Français et Algériens, mais sans "repentance".

«Crime contre l'humanité»

En février 2017, Emmanuel Macron, en pleine campagne pour la présidentielle, déclare à Alger qu'"il est inadmissible de faire la glorification de la colonisation", qui fait "fait partie de l'histoire française" et "est un crime contre l'humanité".

Dans son livre "Révolution", il avait évoqué "des éléments de civilisation et des éléments de barbarie"" dans la colonisation de l'Algérie: "il y a eu la torture mais aussi l'émergence d'un Etat, de richesses, de classes moyennes".

Pas «prisonnier du passé»

"Qu'est-ce que vous venez m'embrouiller" avec la colonisation?, lance le président Emmanuel Macron à un jeune homme croisé dans une rue d'Alger en décembre 2017. Il lui demande de "ne pas être prisonnier du passé".

Il promet que les restes de 24 insurgés algériens tués au XIXe siècle par l'armée française et conservés au Musée de l'Homme à Paris seront restitués à Alger. Ce sera fait en 2020, Alger saluant "un grand pas". 

«Pardon»

Le 14 septembre 2018, Emmanuel Macron demande "pardon" à la veuve de Maurice Audin, Josette, alors âgé de 87 ans, 61 ans après la mort, en 1957 à Alger sous la torture, de son mari, jeune mathématicien communiste de 25 ans.

"Au nom de la République française", il reconnait que Maurice Audin a été torturé à mort, ou torturé puis exécuté par l'armée française.

Il annonce aussi l'ouverture des archives sur la disparition des civils et militaires, français et algériens, durant le conflit. Alger réclame à la France la remise de "la totalité" des archives (1830-1962).

Quelques jours plus tard, il promeut une vingtaine de harkis, combattants algériens ayant servi la France avant d'être abandonnés en nombre par Paris dans des conditions tragiques, dans les ordres de la Légion d'honneur et du Mérite. 

«Apaisement»

"Il importe que l'histoire de la guerre d'Algérie soit connue et regardée avec lucidité", explique Emmanuel Macron en confiant en 2020 une mission à l'historien Benjamin Stora.

Aux Mureaux (Yvelines) en octobre, il déclare que le "séparatisme" islamiste est en partie "nourri" par les "traumatismes" du "passé colonial" de la France et de la guerre d'Algérie, qui "nourrit des ressentiments, des non-dits".

"Moi, j'ai envie d’être dans la vérité et la réconciliation", dit-il en novembre.

«Actes symboliques»

Après la publication du rapport Stora, en janvier 2021, M. Macron s'engage à des "actes symboliques", mais exclut toute "repentance" et "excuses".

Le 3 mars, il reconnaît, "au nom de la France", que l'avocat nationaliste Ali Boumendjel a été "torturé et assassiné" le 23 mars 1957 par l'armée française, contredisant la version initiale d'un suicide.

Le 20 septembre, M. Macron demande "pardon" aux harkis qui furent "abandonnés" par la France. Suit en novembre un projet de loi actant ce "pardon" et tentant de "réparer" les préjudices subis.

Le 2 octobre, Alger rappelle son ambassadeur à Paris après des propos d'Emmanuel Macron disant que l'Algérie, après son indépendance, s'est construite sur "une rente mémorielle" entretenue par "le système politico-militaire".

Le 16 octobre, commémorant les 60 ans du massacre de manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961, il déclare que ces "crimes" commis "sous l'autorité de Maurice Papon" sont "inexcusables pour la République".

Le 8 décembre, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, en visite à Alger, appelle à une "relation apaisée" avec Paris.

Après l'annonce en mars d'un accès facilité aux archives classifiées depuis 50 ans, la France annonce le 10 décembre la prochaine ouverture "avec 15 ans d'avance" des archives sur "les enquêtes judiciaires" en rapport avec la guerre d'Algérie.


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.