Maroc-Algérie: quand le foot transcende les tensions politiques

Des supporters brandissent des drapeaux tunisien, marocain et algérien avant le match de quart de finale de la Coupe arabe entre le Maroc et l'Algérie au stade Al-Thumama de Doha, le 11 décembre 2021. (Photo, AFP)
Des supporters brandissent des drapeaux tunisien, marocain et algérien avant le match de quart de finale de la Coupe arabe entre le Maroc et l'Algérie au stade Al-Thumama de Doha, le 11 décembre 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 12 décembre 2021

Maroc-Algérie: quand le foot transcende les tensions politiques

  • Casablanca et Alger ont frémi d'excitation pendant ce derby maghrébin à haute tension
  • Sans surprise, les réseaux sociaux se sont enflammés, avec des posts railleurs mais aussi des messages d'amitié

CASABLANCA : "Ce soir c'est le sport qui parle", s'exclame Zakaria, un supporter marocain à Casablanca. Pourtant, le quart de finale de la Coupe arabe de football entre le Maroc et l'Algérie -- remporté par cette dernière aux tirs au but (2-2 à la fin du temps réglementaire) - sentait la poudre au moment où les tensions sont exacerbées entre les deux frères ennemis du Maghreb. 

"Certes, la rivalité plane sur ce match mais pour une fois laissons de côté la politique", confie Zakaria, un Casaoui de 36 ans, les yeux rivés sur l'écran dans un café du centre de la métropole marocaine.

Ses voisins de la table à côté acquiescent: "la politique et le foot ne font pas bon ménage. On est là pour voir du beau jeu", tranche Brahim, qui concède cependant que "la tension est là".

"Oh Tebboune (le président algérien) on arrive !", scandent d'une seule voix les fans quand Mohamed Nahiri égalise pour le Maroc, dans une ambiance électrique. 

Casablanca et Alger ont frémi d'excitation pendant ce derby maghrébin à haute tension, opposant une sélection des Lions de l'Atlas aux Fennecs au stade Al Thumama à Doha.

Même si la plupart des équipes qui disputent cette Coupe arabe au Qatar – une mini-répétition générale du Mondial-2022 – n'avaient pas fait appel à leurs meilleurs éléments.

Qu'importe.

La passion était la même à Alger.

"Ce match est déconseillé aux cardiaques", lance un supporteur algérien qui suit le match dans un café d'El Biar, sur les hauteurs de la capitale. Assis à ses côtés, son ami Riad affiche une sérénité à toute épreuve: "Nous sommes les plus forts. Nous allons battre le Maroc".

Cette rencontre – "finale avant l'heure" comme la presse l'a baptisée – revêtait forcément une dimension politique dans un contexte régional tendu.

Alger a rompu fin août ses relations diplomatiques avec Rabat, accusant le royaume chérifien "d'actions hostiles", sur fond de querelle sur la question du Sahara occidental. 

Ce contentieux oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario soutenus par l'Algérie. 

"On affronte le Maroc en quart: celui qui gagne prend le Sahara occidental", a ironisé Nazim Baya, fondateur du site satirique El Manchar.

«Le foot, pas la guerre»

À quelques exceptions près, les supporters marocains interrogés répétaient en chœur que le ballon devait rester sur la pelouse et pas dans l'arène politique.

"C'est un match important, abstraction faite des tensions politiques, ceux qui veulent politiser l'affaire n'ont rien compris au football", lâche Omar, qui ne perd rien de l'action à Doha.

Sur le terrain, il n'y a que le foot, pas d'autres considérations", renchérissait au même moment à Alger, Youcef Abbas, un ex-footballeur de 46 ans. "Comme la musique, le foot est pratiqué par des artistes".

Ces derniers jours, au Maroc comme en Algérie, les médias ont fait monter la sauce avant ce derby entre les Lions et les Fennecs. "Faites le foot, pas la guerre", implorait samedi le site marocain Le360 Sport dans un billet d'humeur. 

"Un derby maghrébin chaud bouillant qui oppose sans doute les deux équipes favorites de la compétition", prédisait la chaîne publique de TV 2M. 

Sans surprise, les réseaux sociaux se sont enflammés, avec des posts railleurs mais aussi des messages d'amitié.

"On va se battre et beaucoup s'aimer au coup de sifflet final", a ainsi joliment écrit un internaute marocain avant le match. Malgré la déception mêlée d'un peu de colère et de dépit chez les supporters marocains, certains inconsolables, à la fin d'un match excitant.  

"Je souhaite du fond du coeur que la rencontre sportive d’aujourd'hui soit une opportunité pour les uns de regarder les autres avec un coeur ouvert à la fraternité et à l'affection", a plaidé sur Facebook Karim Tabbou, figure du mouvement pro-démocratie du Hirak en Algérie.


Les Émirats assurent que la rupture de l’accord aérien par l’Algérie n’affectera pas immédiatement les vols

Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
Short Url
  • L’Algérie a lancé la procédure de résiliation de son accord de transport aérien avec les Émirats arabes unis, conclu en 2013
  • Les autorités émiraties assurent que cette décision n’aura pas d’effet immédiat sur les vols, l’accord restant valide durant le préavis légal

ABOU DHABI : Les Émirats arabes unis ont déclaré que la notification par l’Algérie de la résiliation de l’accord de services aériens entre les deux pays n’aurait aucun « impact immédiat sur les opérations de vol », a rapporté dimanche l’agence de presse officielle WAM, citant l’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA).

Samedi, l’Algérie a annoncé avoir engagé le processus d’annulation de cet accord de services aériens avec les Émirats arabes unis, signé à Abou Dhabi en 2013.

La GCAA a précisé que l’accord restait en vigueur « pendant la période de préavis légalement requise », sans fournir davantage de détails.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Entre peur et attente: au Maroc, des habitants évacués sous le choc des inondations

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
Short Url
  • Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations
  • Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge

KENITRA: Dans son village de l'ouest du Maroc, Kasia El Selami a compris qu'il fallait fuir lorsque les haut-parleurs de la mosquée ont appelé à évacuer en raison des intempéries. Rapidement, elle s'est retrouvée dans un immense camp provisoire, sans visibilité sur son retour.

"Nous avons ressenti une grande peur (...) surtout pour nos enfants", raconte à l'AFP cette Marocaine de 67 ans originaire d'Ouled Ameur, en étendant une couverture sur un fil tendu devant sa tente.

Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations, liées à des épisodes de précipitations exceptionnels.

Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge.

Au total, plus de 150.000 habitants ont été évacués depuis la semaine dernière dans le nord-ouest du pays. Dimanche, les autorités locales de Tétouan (nord) ont annoncé la mort de quatre personnes dans des crues soudaines.

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations.

Des distributions d'aide humanitaire ont également été effectuées par hélicoptère, de nombreuses routes restant submergées.

"L'eau continue de monter" 

De fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et de fortes rafales de vent ont encore été annoncées dimanche jusqu'à mardi dans plusieurs provinces par la Direction générale de la météorologie (DGM).

Autour des tentes du camp près de Kénitra, la vie s'organise. Une femme frotte son linge dans une bassine avec une planche à laver à quelques mètres d'enclos abritant vaches, chevaux, poules et moutons, eux aussi déplacés par les eaux.

Sur place, des vétérinaires administrent piqûres et traitements aux animaux affaiblis. Près du campement, une brebis et son agneau gisent, morts.

Plus loin, une longue file s'étire devant une clinique mobile qui reçoit des personnes malades ou légèrement blessées.

"La hauteur de l'eau était d'environ un mètre et demi", se souvient Ali El Aouni, assis sous sa toile de tente, entouré de sa famille et de quelques ustensiles dont des verres à thé, un tajine et plusieurs assiettes.

"Nous avons peur de retourner (dans notre village, NDLR), de crainte que l'eau ne revienne", raconte le sexagénaire originaire d'une commune dans les environs de Kénitra.

Il évoque des "jours très difficiles", marqués par le froid et l'angoisse. Ses enfants, dit-il, étaient "terrifiés".

Son fils aîné a voulu rester pour surveiller leur propriété. Il "communique avec nous par téléphone, nous disant que l'eau continue de monter", explique-t-il.

Secouristes en jet-ski 

A quelques kilomètres de là, au dernier endroit accessible depuis Kénitra en direction de Tanger par la route nationale, le trafic est interrompu. Seule l'autoroute reste ouverte.

Des membres de la protection civile avancent dans les eaux en bateau ou en jet-ski. Dans les zones submergées, seules dépassent les cimes des arbres.

L'Espagne et le Portugal ont aussi subi des intempéries ces derniers jours. En cause, selon la DGM: la rencontre d'air froid venu du nord et d'air chaud et humide du sud, qui déstabilise l'atmosphère et favorise des pluies abondantes.

Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué fin janvier le ministère de l'Eau à l'AFP, après sept années consécutives d'une grave sécheresse.

Dans le camp provisoire, la protection civile distribue des sacs de provisions.

"Des tentes, couvertures et matelas ont été fournis, ainsi que des aides alimentaires et des fournitures essentielles pour les personnes affectées, en plus de soins de santé et de suivi vétérinaire pour le bétail", rapporte Adil Al-Khatabi, un responsable de la province de Kénitra sur place.

Kasia El Selami, elle, ne pense qu'à regagner son foyer: "Nous attendons que cette épreuve prenne fin au plus vite afin de pouvoir rentrer chez nous."


Liban: le Premier ministre promet la reconstruction dans le sud, dévasté par le conflit Israël-Hezbollah

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
Short Url
  • De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne

TAYR HARFA: Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a promis samedi d'oeuvrer à la reconstruction dans le sud, lors d'une visite de localités dévastées par des frappes israéliennes, la première depuis que l’armée a annoncé avoir désarmé le Hezbollah dans la zone.

De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités (dont deux mois de guerre ouverte) entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de km plus au sud.

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe".

A Dhayra, la délégation officielle a été saluée par des habitants rassemblés sur les gravats, et à Bint Jbeil, plus à l’est, elle a tenu une réunion avec des responsables, dont des députés du Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal.

M. Samal a promis aux habitants des localités concernées le lancement de projets clés de reconstruction, portant notamment sur la réhabilitation des routes et le rétablissement des réseaux de communication et d’eau.

L’an dernier, la Banque mondiale avait annoncé avoir débloqué 250 millions de dollars pour soutenir la reconstruction post-guerre du Liban. Elle a estimé les coûts de reconstruction et de relance du pays à environ 11 milliards de dollars.

La deuxième phase du plan gouvernemental de désarmement du Hezbollah concerne la zone située entre les fleuves Litani et Awali, à environ 40 km  au sud de Beyrouth.

Israël, qui accuse le Hezbollah de se réarmer, a jugé insuffisants les progrès de l'armée libanaise, tandis que le Hezbollah a rejeté les appels à remettre ses armes.

Malgré l'accord de cessez-le-feu, Israël mène des frappes régulières contre ce qu’il présente généralement comme des cibles du Hezbollah et maintient des troupes dans cinq zones du sud du Liban.

Des responsables libanais ont accusé Israël de chercher à empêcher la reconstruction dans le sud, un bastion du Hezbollah, en menant des frappes répétées visant notamment des engins de chantier.