Dans le monde arabe, les jeunes se fient aux «fintechs»

La présidente de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), Jelena McWilliams (à droite), écoute pendant que le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin s'exprime lors d'une conférence sur « Les technologies financières et l'avenir de la banque », à la FDIC le 24 avril 2019, à Arlington, Virginie. (Brendan Smialowski/AFP)
La présidente de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), Jelena McWilliams (à droite), écoute pendant que le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin s'exprime lors d'une conférence sur « Les technologies financières et l'avenir de la banque », à la FDIC le 24 avril 2019, à Arlington, Virginie. (Brendan Smialowski/AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 12 décembre 2021

Dans le monde arabe, les jeunes se fient aux «fintechs»

  • Selon un rapport de la Banque mondiale, seulement 7% des adultes dans le monde arabe avaient épargné pour leur retraite en 2016
  • Aujourd'hui, le secteur des "fintech" est en pleine croissance au Moyen-Orient, indique l'Institut Milken, un think tank

DUBAÏ, Emirats arabes unis: Dans une région instable et avec l'incertitude liée à la pandémie de Covid-19, la jeunesse arabe se tourne vers les nouvelles technologies financières, ou "fintechs", pour gérer leurs dépenses et budget, une pratique jusqu'ici plutôt délaissée.

Avant de quitter son Liban natal pour s'installer aux Emirats arabes unis il y a deux ans, Mayar Akrameh, 29 ans, n'avait qu'une idée en tête: pour vivre bien, il faut travailler beaucoup et être bien payé.

"C’est du moins ce qu'on pensait", dit cette consultante en gestion dont le pays est en proie depuis fin 2019 à une crise économique et financière inédite, marquée par un assèchement des liquidités en dollars et une dévaluation historique de sa monnaie.

Aujourd'hui, la jeune femme a décidé de mieux gérer ses épargnes et investissements en ayant recours à une application qui propose des services financiers via les technologies numériques.

Grâce à cet outil, elle peut visualiser ses économies en un seul clic, avec pourcentages et graphiques à l'appui.

"L'application calcule votre épargne et vous propose différents moyens de l'investir", explique Mme Akrameh qui peut ainsi abandonner le fichier Excel avec lequel elle avait tenté de gérer son budget avant d'être "très vite découragée".

- Des «fintechs» en croissance -

Selon un rapport de la Banque mondiale, seulement 7% des adultes dans le monde arabe avaient épargné pour leur retraite en 2016.

Aujourd'hui, le secteur des "fintech" est en pleine croissance au Moyen-Orient, indique l'Institut Milken, un think tank.

Dans une étude, il estime que 465 entreprises financières technologiques de la région vont générer plus de deux milliards de dollars (environ 1,78 milliard d'euros) d'ici 2022, contre 30 entreprises en 2017 pour près de 80 millions de dollars.

Et selon S&P Global, cette croissance n'est pas prête à ralentir, surtout dans les pays du Golfe où la clientèle est en forte demande de services bancaires numériques, selon un rapport de 2019.

Dans la culture arabe, on "pense que c'est le salaire qui enrichit, et non le capital", explique Mark Chahwan, PGD de Sarwa, une compagnie de consultation financière automatisée basée à Dubaï.

Pendant longtemps, la plupart des riches monarchies pétrolières du Golfe versaient des retraites financées par l'État à leurs citoyens.

Mais des responsables saoudiens ont mis en garde, selon Bloomberg, contre la viabilité de ce système, d'autant que Ryad cherche à diversifier son économie en réduisant sa dépendance au pétrole.

- Les petits investisseurs -

Selon M. Chahwan, le comportement financier dans la région semble avoir changé depuis un an, en raison notamment de la pandémie, qui a anéanti certaines industries et un grand nombre d'emplois.

Depuis le premier trimestre 2020, le nombre de comptes de sa société, spécialisée dans les investissements en ligne, a bondi de 80%, avec plus de 45.000 nouveaux clients âgés entre 25 et 45 ans.   

Mais selon lui, "investir sur le long terme" ne fait pas partie de la culture financière du monde arabe. Les clients préfèrent des bénéfices rapides à un rendement plus avantageux sur une période plus longue.

Et les convaincre du contraire est un véritable défi, dit M. Chahwan.

L'autre problème dans la région est le manque de propositions d'investissement pour les petits porteurs, le paysage financier étant dominé par les grosses fortunes, avec des actifs de plus d'un million de dollars.

"Ceux qui souhaitent investir 1.000 ou 10.000 dollars n'ont pas beaucoup d'options", explique Haitham Juma, gestionnaire de placements à la National Bank de Foujaira aux Emirats arabes unis. 

"Nous en sommes encore au tout début", affirme M. Juma, ajoutant que plusieurs banques et entreprises locales ouvrent des plateformes en ligne pour éduquer leurs clients et simplifier le processus d'investissement.

C'est le pari qu'a fait Lune, une plateforme financière lancée aux Emirats en juillet. Plus d'un millier d'utilisateurs s'en servent déjà pour consulter de façon instantanée leurs dépenses et gérer leur épargne en un seul clic.

Et bientôt, la plateforme permettra à ses clients de comparer leurs performances à celles d'autres utilisateurs du même âge, indique son cofondateur Alexandre Soued.


Le verrier Arc demande son placement en redressement judiciaire

 Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché. (AFP)
Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché. (AFP)
Short Url
  • Ce groupe bicentenaire, qui emploie encore 3.500 salariés à Arques (Pas-de-Calais), où sont basés sa principale usine et son siège social, a bénéficié par le passé de nombreux plans de refinancement soutenus par l'État, le dernier il y a un an
  • Le tribunal de commerce de Lille Métropole doit statuer mercredi sur sa demande de placement en redressement judiciaire, précise le groupe dans un communiqué

LILLE: Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché.

Ce groupe bicentenaire, qui emploie encore 3.500 salariés à Arques (Pas-de-Calais), où sont basés sa principale usine et son siège social, a bénéficié par le passé de nombreux plans de refinancement soutenus par l'État, le dernier il y a un an.

Le tribunal de commerce de Lille Métropole doit statuer mercredi sur sa demande de placement en redressement judiciaire, précise le groupe dans un communiqué.

Cette procédure est "le seul cadre légal et possible pour permettre à Arc de s'adapter durablement à un environnement de marché profondément dégradé", estime le directeur général d'Arc France Nick Hodler, cité dans le communiqué.

Malgré un énième plan de refinancement et de relance validé en avril dernier par la justice, "notre modèle doit encore se transformer en profondeur (...), en revoyant notre schéma industriel et donc en réduisant nos effectifs", prévient M. Hodler.

"Il y a plusieurs centaines d'emplois qui sont clairement en jeu, ça pourrait être de l'ordre de 500 personnes", craint Frédéric Specque, délégué syndical central CGT chez Arc France interrogé par l'AFP.

Une offre de reprise 

L'environnement de marché pour Arc est très difficile, confirme ce syndicaliste, entre "la baisse de la consommation et la baisse du pouvoir d'achat" et la concurrence, déloyale selon lui, des produits importés d'Asie.

"Les contraintes économiques, elles sont là: on est envahis de produits chinois qui copient les nôtres sans la qualité, mais qui sont quatre à cinq fois moins chers. Donc tant qu'on aura ça, on peut faire tous les plans qu'on veut, on sera toujours trop chers", regrette M. Specque.

"On ferait mieux de faire pression sur le gouvernement et l'Europe pour qu'ils mettent enfin des protections aux frontières et qu'on arrête de faire entrer de la camelote qui vient de Chine ou d'ailleurs", ajoute-t-il.

Timothée Durand, membre d'une famille de propriétaires historiques d'Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière jusqu'en 2024, va présenter un projet de reprise de la société, précise l'entreprise dans son communiqué, qualifiant cette offre de "sérieuse" et "réaliste".

"L'État sera attentif aux conséquences humaines et sociales" de cette nouvelle procédure pour Arc, "dans la continuité du soutien apporté par l'État à ce groupe depuis plusieurs années", a réagi le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin dans une déclaration transmise à l'AFP.

M. Martin compte rencontrer jeudi Timothée Durand, a-t-il précisé, tout en soulignant que "l'Etat examinera avec sérieux" toutes les autres offres de reprise susceptibles de venir par la suite.

Fondé en 1825, Arc produit notamment des ustensiles pour la table (verres et assiettes) sous ses marques Arcoroc, Luminarc, Cristal d'Arques Paris et Chef&Sommelier, mais aussi des produits d'entrée de gamme pour le géant suédois de l'ameublement Ikea.

Mais le groupe fait face à des difficultés chroniques depuis les années 2000: en 20 ans, ses effectifs à Arques ont été presque divisés par trois.

Ces dernières années, Arc a été durement touché par la pandémie de Covid-19, la flambée des coûts de l'énergie et l'inflation, qui ont érodé ses ventes, et a aussi souffert des inondations historiques dans le Pas-de-Calais en 2023-24.

Dans un énième sauvetage en avril, un plan de refinancement de 42 millions d'euros avait été validé par la justice, avec l'arrivée notamment de deux nouveaux actionnaires minoritaires.

En parallèle, l'État avait accordé à Arc un nouveau prêt de 30 millions d'euros et renoncé à une partie de ses anciennes créances, alors qu'il avait déjà prêté plus de 138 millions d'euros au groupe entre 2020 et 2023.


France : la confiance des ménages «légèrement à la hausse» en décembre, selon l'Insee

La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee. (AFP)
La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee. (AFP)
Short Url
  • L'indicateur mesurant la confiance des ménages s'est établi à 90, soit un point de plus qu'en novembre, alors que la moyenne est de 100 entre 1987 et 2025
  • Plus la valeur de l'indicateur est élevée, plus l'opinion des ménages sur la situation économique est bonne

PARIS: La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee.

L'indicateur mesurant la confiance des ménages s'est établi à 90, soit un point de plus qu'en novembre, alors que la moyenne est de 100 entre 1987 et 2025.

Plus la valeur de l'indicateur est élevée, plus l'opinion des ménages sur la situation économique est bonne.

L'Insee établit cet indicateur à partir de questions divisées en deux grandes catégories: l'une portant sur la situation personnelle des ménages, l'autre sur leur perception de l'évolution économique en général.

En décembre, la part de ménages considérant qu'il est opportun d'épargner atteint un nouveau maximum historique.

Ainsi, le solde d'opinion sur ce thème atteint 46, une hausse d'un point par rapport à novembre, alors que la moyenne est à 19. Or la France connaît déjà un taux d'épargne très élevé, à plus de 18% du revenu disponible, autant d'argent qui n'alimente pas la consommation, premier poste de la croissance.

En revanche, les ménages ne sont pas très optimistes sur leur capacité à épargner, actuellement et à l'avenir : ces deux thèmes perdent deux points, à 19 et 14.

En décembre, l'opinion des ménages concernant leur situation financière personnelle future s'est dégradée légèrement (-14 après -13 en novembre, pour une moyenne de -7).

Cependant, la proportion de ménages jugeant opportun, dans la situation économique actuelle, de faire des achats importants rebondit, le solde d'opinion gagnant trois points à -27 tout en restant bien inférieur à la moyenne (-16).

Leur opinion sur le niveau de vie récent en France a rebondi en décembre (hausse de quatre points à -70), indique l'Institut national de la statistique, mais elle se dégrade d'un point sur le niveau de vie à venir, à -57.

Les ménages pensant que les prix ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois sont plus nombreux : le solde d'opinion sur cette question gagne cinq points à -3, pour une moyenne de -12.

La part de ménages pensant que les prix vont accélérer cette année augmente d'un point, là aussi au-dessus de sa moyenne (respectivement -30 et -32).

En revanche, les craintes sur l'évolution du chômage baissent encore : le solde correspondant perd deux points à 45, tout en demeurant supérieur à sa moyenne de 33.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Short Url
  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).