Fashion week hommes à Milan en janvier sur fond d'embellie du marché

Des mannequins présentent des créations pour la maison de couture Fendi lors des défilés Homme Automne/Hiver 2019 à Milan, le 15 janvier 2018. (AFP)
Des mannequins présentent des créations pour la maison de couture Fendi lors des défilés Homme Automne/Hiver 2019 à Milan, le 15 janvier 2018. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 13 décembre 2021

Fashion week hommes à Milan en janvier sur fond d'embellie du marché

  • Le coup d'envoi des 23 défilés en chair et en os de la Fashion week sera donné par la maison italienne Ermenegildo Zegna, suivie d'autres grands noms comme Armani, Fendi, Dolce & Gabbana ou encore Prada
  • La balance commerciale de la mode en 2021 devrait être positive, à hauteur de 33,22 milliards d'euros, soit un milliard d'euros de plus qu'en 2019, en raison d'une légère baisse des importations

MILAN: La semaine de la mode masculine à Milan, prévue du 14 au 18 janvier, confirme le retour aux défilés physiques, sur fond de forte reprise du marché qui avait été secoué par la pandémie de Covid-19, a indiqué lundi la Chambre de la mode italienne.


Le coup d'envoi des 23 défilés en chair et en os de la Fashion week sera donné par la maison italienne Ermenegildo Zegna, suivie d'autres grands noms comme Armani, Fendi, Dolce & Gabbana ou encore Prada.


La Fashion week masculine, consacrée aux collections automne-hiver 2022-2023, verra la participation de 47 marques, dont neuf ont opté pour une présentation sous format numérique.


"La Fashion week est notre vitrine, qui sert de moteur" à la reprise du secteur, a déclaré devant la presse le président de la Chambre de la mode italienne, Carlo Capasa. Il a indiqué tabler surtout sur les vaccinations pour permettre des défilés physiques "en toute sécurité".


Les exportations de la mode "made in Italy" devraient grimper à 67,96 milliards d'euros cette année, tirées par la Chine, "soit un niveau proche de celui de 2019", avant la pandémie, a détaillé M. Capasa.


Sur les neuf premiers mois de l'année, les exportations ont progressé de 17,1% par rapport à la même période de 2020. Parmi les principaux marchés figurent la Chine (+55,2%), les Etats-Unis (+31,2%) et la Russie (+20,6%).


La balance commerciale de la mode en 2021 devrait être positive, à hauteur de 33,22 milliards d'euros, soit un milliard d'euros de plus qu'en 2019, en raison d'une légère baisse des importations.


Le chiffre d'affaires de la mode italienne, comprenant habillement, accessoires, lunetterie, joaillerie et cosmétiques, devrait de son côté croître de 20,5% à 82,85 milliards d'euros cette année, comparé à 2020, mais restera en-dessous de celui de 2019.


Une maison de vente aux enchères belge retire de la vente trois crânes africains et arabes

Les crânes datent de la période de colonisation de l’Afrique par la Belgique. (Photo, AFP)
Les crânes datent de la période de colonisation de l’Afrique par la Belgique. (Photo, AFP)
Short Url
  • La vente aux enchères comprenait le crâne incrusté de bijoux d’un esclavagiste arabe tué en 1893
  • Le collectif Mémoire coloniale et lutte contre les discriminations a déposé une plainte concernant cette vente aux enchères

LONDRES: Une maison de vente aux enchères de Bruxelles a retiré de la vente trois crânes africains et arabes ayant suscité de vives réactions, a rapporté le quotidien The Times lundi.

Drouot et Vanderkindere ont mis aux enchères les trois objets — dont le crâne incrusté de bijoux d’un esclavagiste arabe tué en 1893 — aux côtés de tableaux, de manteaux et d’autres antiquités.

Les crânes datent de la période de colonisation de l’Afrique par la Belgique. On estime que la colonisation belge a fait 10 millions de morts, notamment au Congo qui a connu des violences généralisées.

Le crâne arabe de Munie Mohara, un chef esclavagiste, aurait été pris par des sidérurgistes belges après sa mort.

Plus tôt cette année, la Belgique a adopté une loi visant à restituer les objets pillés au Congo. Une commission gouvernementale devait proposer la restitution des restes humains conservés dans le pays européen.

À la suite du retrait des crânes de la vente, la maison de vente aux enchères a déclaré : «Nous ne soutenons en aucun cas la souffrance et l’humiliation subies pendant la période coloniale. Nous présentons nos excuses à toute personne qui se sent blessée par cette vente.»

Le collectif Mémoire coloniale et lutte contre les discriminations a déposé une plainte concernant cette vente aux enchères.

«C’est comme si les gens étaient tués une deuxième fois. La violence coloniale ne cesse de se répéter», a affirmé la coordinatrice du collectif, Geneviève Kaninda.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'astronaute française Sophie Adenot prête à décrocher la lune

La classe d'astronautes de 2022 de l'Agence spatiale européenne (ESA) française Sophie Adenot pose après avoir rencontré la presse à la base aérienne 120 de Cazaux, une base de l'armée de l'air et de l'espace française, à Cazaux, dans le sud-ouest de la France, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
La classe d'astronautes de 2022 de l'Agence spatiale européenne (ESA) française Sophie Adenot pose après avoir rencontré la presse à la base aérienne 120 de Cazaux, une base de l'armée de l'air et de l'espace française, à Cazaux, dans le sud-ouest de la France, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
Short Url
  • Son premier voyage dans l'espace ne prendra pas corps avant 2026, au mieux, mais l'aventure commencera dès ce printemps, à Cologne
  • Sophie Adenot assure qu'un voyage spatial de l'Italienne Samantha Cristoforetti avait entraîné une hausse de «15%» des inscriptions dans les filières scientifiques et techniques

PARIS: "Je suis au pied de l'Everest" : la nouvelle astronaute française Sophie Adenot garde les pieds sur terre, même si elle pourrait un jour décrocher la lune.

Son premier voyage dans l'espace ne prendra pas corps avant 2026, au mieux, mais l'aventure commencera dès ce printemps, à Cologne (Allemagne), où cette quadra bardée de diplômes va "retourner à l'école".

"Je commence les cours le 3 avril, avec mes cahiers et mes classeurs. Je n'ai aucune autre certitude. C'est un grand bond dans l'inconnu. J'ai tellement de choses à apprendre", a-t-elle expliqué lundi lors d'une conférence de presse sur la base aérienne de Cazaux (sud-ouest).

C'est là, près du Bassin d'Arcachon, que cette lieutenant-colonel de l'armée de l'Air s'est formée comme pilote d'hélicoptère et a exercé comme pilote d'essai, totalisant 3 000 heures de vol.

Avec ses quatre camarades de la nouvelle promotion de l'Agence spatiale européenne (ESA), la deuxième astronaute française de l'histoire, après Claudie Haigneré, a trois ans pour se préparer à une mission sur la station spatiale internationale (ISS).

"L'ISS, c'est l'une des plus grandes avancées de l'humanité. C'est mon premier objectif. Ce ne sera pas avant 2026 mais ça pourrait aussi être 2030", relève Sophie Adenot en rappelant que "Thomas Pesquet a attendu sept ans" avant d'aller dans l'espace.

Le Français, qui a accédé à la célébrité avec sa mission sur l'ISS en 2016/2017, est désormais sur les rangs pour aller sur la lune.

S'il n'est pas exclu que Sophie Adenot, cheveux châtains attachés en queue de cheval et yeux noisette, foule un jour la surface de l'unique satellite naturel de la Terre, elle ne sera pas le premier "moonwalker" européen.

Ce privilège doit revenir à un membre de la promotion ESA 2009, celle de Pesquet, dans le cadre du programme américain Artemis qui vise à mettre un humain sur la lune pour la première fois depuis 1972.

«Déclic»

"La lune, bien sûr j'en rêve mais je n'ai pas envie d'en faire un objectif. On est tous là pour qu'un Européen aille sur la lune. Il n'y a pas de compétition entre nous, ce sera un travail d'équipe", confie la nouvelle astronaute, "passionnée de yoga" et de "sports d'extérieur", en montagne notamment.

Quant au voyage vers Mars, "ce sera plus sa génération!", s'exclame-t-elle en désignant Arnaud Prost, pilote de chasse de 30 ans assis à ses côtés et choisi par l'ESA comme astronaute de réserve.

Si la Bourguignonne de 40 ans, mariée et mère d'un jeune enfant, s'est sortie des impitoyables sélections de l'ESA parmi plus de 20 000 candidats, c'est peut-être en partie grâce à son "esprit d'équipe".

"Je sais que ça a été très regardé. On a vraiment été poussé dans nos retranchements dans ce domaine", souligne-t-elle, sans s'étendre.

Sophie Adenot qui ponctue ses réponses de chiffres -"J'aime ça, je suis une scientifique"- et même d'un anglicisme -"c'est surréel"- peut-être hérité d'études au prestigieux MIT près de Boston ou de sa formation au Royaume-Uni, entend être une "ambassadrice" de la science et de la technologie, notamment auprès des filles.

Elle assure qu'un voyage spatial de l'Italienne Samantha Cristoforetti, devenue récemment la première Européenne à prendre les commandes de l'ISS, avait entraîné une hausse de "15%" des inscriptions dans les filières scientifiques et techniques.

Pour elle, c'est le vol de la Française Claudie Haigneré qui a été un "déclic". Elle avait 14 ans. "Je me suis dit: +Tiens, il y a une femme!+ Je pensais que c'était inatteignable".

Au-delà de ce rôle, Sophie Adenot se réjouit aussi de pouvoir aider, de tout là-haut, à une meilleure marche de la planète, en contribuant à développer de nouvelles technologies.

"Dans l'ISS, un astronaute utilise cinq litres d'eau par jour, contre 100 litres pour quelqu'un sur Terre. C'est parce que presque tout est recyclé, même l'urine. Demain, ces technologies seront peut-être dans nos maisons".


Louis Vuitton ou «l'extension du domaine du luxe»

Cette photo d'archives prise le 3 juillet 2021 montre le logo du groupe de luxe LVMH, Louis Vuitton Moet Hennesy, à Paris. Chocolaterie, restaurants éphémères, cafés et même, peut-être, un hôtel : la première marque de luxe mondiale Louis Vuitton, qui veut être "plus qu'une marque de mode, une marque de culture", accélère sa diversification pour mieux "étendre son territoire". (AFP).
Cette photo d'archives prise le 3 juillet 2021 montre le logo du groupe de luxe LVMH, Louis Vuitton Moet Hennesy, à Paris. Chocolaterie, restaurants éphémères, cafés et même, peut-être, un hôtel : la première marque de luxe mondiale Louis Vuitton, qui veut être "plus qu'une marque de mode, une marque de culture", accélère sa diversification pour mieux "étendre son territoire". (AFP).
Short Url
  • Louis Vuitton, «c'est beaucoup plus qu'une marque de mode, c'est une marque de culture à audience mondiale», avait lancé en début d'année le PDG de LVMH Bernard Arnault lors de l'assemblée générale du groupe
  • «L'idée est que la marque peut tout vendre, compte tenu de sa puissance et de son influence»

PARIS : Chocolaterie, restaurants éphémères, cafés et même, peut-être, un hôtel: la première marque de luxe mondiale Louis Vuitton qui se veut "plus qu'une marque de mode, une marque de culture", accélère sa diversification pour mieux "étendre son territoire".

Louis Vuitton, "c'est beaucoup plus qu'une marque de mode, c'est une marque de culture à audience mondiale", avait lancé en début d'année le PDG de LVMH Bernard Arnault lors de l'assemblée générale du groupe.

En 2021, Louis Vuitton assurait 27% des ventes du numéro un mondial du luxe, dont le chiffre d'affaires atteignait alors 64,2 milliards d'euros.

"L'idée est que la marque peut tout vendre, compte tenu de sa puissance et de son influence", constatait une note de la banque HSBC après ces propos tenus par Bernard Arnault. Elle citait la présence de Louis Vuitton "dans les bijoux, les baskets, les parfums et même le chocolat".

Cette année, Louis Vuitton a, entre autres, installé un salon de thé éphémère dans sa boutique lilloise avec des gaufres Meert à son effigie, créé un restaurant éphémère à Saint-Tropez avec le chef étoilé Mory Sacko, un autre à Séoul avec Alain Passard, chef étoilé lui aussi, ou encore présenté une collection de meubles et d'objets à Shanghai.

Et le 12 décembre, Louis Vuitton ouvrira pour un an, dans son siège social au coeur de Paris, un espace baptisé LV Dream réunissant une exposition de collaborations de la marque avec des artistes, un café, une chocolaterie et une boutique.

"Le luxe quitte l'ère de la niche artisanale, on entre dans une ère de l'influence culturelle. Plus on va du côté culturel, plus on renforce la dimension symbolique de la marque. On oublie qu'on est dans du commerce et donc on peut vendre plus cher", explique à l'AFP Julie El Ghouzzi, de l'agence de conseil Cultz.

Si la diversification n'est pas nouvelle - il existe des cafés Ralph Lauren ou Gucci, des hôtels Armani... - la "différence vient du fait que Louis Vuitton le fait en pleine maîtrise, ce n'est pas une licence", ajoute-t-elle.

«Le luxe est une hydre»

Dans une interview au site spécialisé du monde du luxe Women's Wear Daily (WWD), le PDG de la marque Michael Burke évoque même la possibilité, après le projet LV Dream, de transformer le siège social en un hôtel Louis Vuitton.

Situé face à la Samaritaine et à l'hôtel Cheval Blanc, également propriétés de LVMH, le lieu "a toutes les caractéristiques d'un lieu d'hébergement idéal", a-t-il dit en espérant une ouverture "dans les cinq ans", selon WWD. "C'est ce que veulent nos clients, une relation 7 jours sur 7, 24 heures sur 24", selon M. Burke.

Pour Serge Carreira, maître de conférence à Sciences Po Paris au sein du Master Mode et Luxe, "chaque nouvelle brique vient consolider le reste: l'hôtel permet d'enrichir la narration de la marque Louis Vuitton sur l'art du voyage".

Avec un hôtel, "Louis Vuitton a l'ambition de jouer un rôle dans les villes au XXIe siècle", ajoute Eric Briones, auteur de "Luxe et digital" (ed. Dunod).

Michael Burke ne cache pas que son "rêve est de faire renaître le centre-ville commercial original de Paris". "C'est la version de Bernard (Arnault) depuis le début, nous sommes à mi-chemin. Il faudra encore 10, 15 ans pour arriver à ce que nous voulons", a-t-il dit à WWD.

Pour Eric Briones, "le luxe n'a jamais été aussi puissant": "les marchés financiers sont habitués à une croissance à deux chiffres" et donc une marque de luxe est "dans une recherche permanente de nouveaux business, d'extension de son territoire. C'est l'extension du domaine du luxe".

"Ce ne sont plus des maisons de luxe, ce sont des plateformes de luxe. Le luxe sait se déplacer là où est l'argent, où est la croissance", selon lui. "Le luxe est une hydre, vous lui coupez une tête, il y a deux têtes qui poussent".