Y a-t-il un lien entre tornades et changement climatique?

Le nombre moyen de tornades par an aux Etats-Unis, dont la majorité surviennent au printemps, n'a pas augmenté ces dernières années: autour de 1 300. (Photo, Nasa/ ESA/AFP)
Le nombre moyen de tornades par an aux Etats-Unis, dont la majorité surviennent au printemps, n'a pas augmenté ces dernières années: autour de 1 300. (Photo, Nasa/ ESA/AFP)
Short Url
Publié le Mardi 14 décembre 2021

Y a-t-il un lien entre tornades et changement climatique?

  • Une connexion a pu être établie cette année entre le changement climatique et une vague de chaleur dans le Nord-Ouest américain
  • Le problème des chercheurs pour étudier les tornades est que celles-ci sont trop passagères et petites pour apparaître sur les modèles climatiques utilisés habituellement

WASHINGTON : Le changement climatique a-t-il causé les catastrophiques tornades qui ont touché les Etats-Unis ce week-end? Si les conditions de leur formation peuvent effectivement être alimentées par le réchauffement, les scientifiques se montrent très prudents sur un éventuel lien direct.

Une connexion a pu être établie cette année entre le changement climatique et une vague de chaleur dans le Nord-Ouest américain, ou encore avec les inondations en Allemagne et Belgique. Mais le phénomène spécifique des tornades est l'un des plus difficiles à étudier.

"Durant les dernières décennies, nous avons vu une tendance à davantage de conditions favorables" à la formation de tornades "dans le Midwest et le Sud-Est" des Etats-Unis, explique John Allen, climatologue à la Central Michigan University. "Et ce signal est plus fort en hiver."

Pour autant, "il est trompeur d'attribuer cet événement au changement climatique".

James Elsner, professeur de climatologie à l'Université d'Etat de Floride, dresse une comparaison parlante: bien que le brouillard tende à augmenter le nombre d'accidents de voiture, la cause d'un accident spécifique ayant lieu par temps de brouillard peut tout à fait être autre.

Pour déterminer cette cause, une enquête est nécessaire: la science de "l'attribution" des événements extrêmes au changement climatique est de fait en plein essor. Mais une telle étude prendra du temps, si elle est menée.

En attendant, peut-on au moins dire que le changement climatique, en créant ces conditions favorables, va accroître le nombre de tornades à l'avenir?

"Les preuves semblent pointer en ce sens. Mais je ne pense pas qu'on puisse encore le dire de façon définitive", déclare John Allen.

Le dernier rapport des experts sur le climat de l'ONU (Giec) soulignait en août "un faible degré de confiance" concernant un lien entre changement climatique et des phénomènes aussi localisés que les tornades. Et ce tant pour les "tendances observées", que les "projections".

Quels changements observés?

Le nombre moyen de tornades par an aux Etats-Unis, dont la majorité surviennent au printemps, n'a pas augmenté ces dernières années: autour de 1 300.

"La plupart des mois sont même en baisse", pointe Jeff Trapp, à la tête du département des sciences atmosphériques de l'Université de l'Illinois.

"L'exception sont les mois de décembre et janvier, qui ont vu une augmentation des tornades ces 30 à 40 dernières années", relève-t-il. Notamment dans le Sud des Etats-Unis, ce qui est "cohérent" avec une "explication potentiellement liée au changement climatique".

En effet, les deux ingrédients requis pour la formation de tornades sont un air chaud et humide près du sol, et des vents soufflant dans des directions opposées à différentes altitudes (appelé cisaillement vertical).

Or on observe aujourd'hui "une plus grande probabilité de jours chauds durant la période froide, qui peuvent appuyer la formation de tempêtes et tornades", dit Jeff Trapp.

Par ailleurs, les tornades semblent se concentrer sur un plus petit nombre de jours. Lorsqu'elles se forment, "on tend à en avoir davantage" à la fois, explique Chiara Lepore, chercheuse à l'Université de Columbia. Et "cela a des conséquences en termes de dégâts", souligne-t-elle.

Enfin, les scientifiques constatent un glissement géographique vers l'est par rapport à la zone des Etats-Unis surnommée "allée des tornades", les déportant vers les Etats de l'Arkansas, du Mississippi ou du Tennessee – tous trois touchés ce week-end.

À quoi s'attendre à l'avenir?

Le problème des chercheurs pour étudier les tornades est que celles-ci sont trop passagères et petites pour apparaître sur les modèles climatiques utilisés habituellement.

Les scientifiques en sont donc réduits à étudier la seule évolution des conditions potentiellement favorables à leur formation.

Une étude publiée début novembre a estimé que pour chaque degré Celsius de réchauffement supplémentaire, la probabilité de conditions favorables à de graves intempéries (pluies de grêle, ouragans...) augmentait de 14 à 25% aux Etats-Unis.

Pour autant, cela ne signifie pas que des ouragans se déclencheront à chaque fois que ces conditions sont réunies – c'est même très peu probable. "Cela constitue en quelque sorte la limite haute de ce que l'on peut atteindre par degré de réchauffement mondial", explique Chiara Lepore, auteure principale de l'étude.

Selon une autre étude à paraître, "les tornades pourraient se révéler plus puissantes dans le climat futur", selon Jeff Trapp. Pour tirer cette conclusion, les chercheurs ont cette fois pris un événement déjà observé, et ont analysé comment de futures conditions climatiques agiraient sur lui.

Pour autant, les tornades très violentes resteront "des événements rares", prédit-il. 

"Nous n'en sommes encore qu'aux débuts de notre compréhension du lien entre changement climatique et ce que nous appelons les tempêtes sévères localisées", résume James Elsner. "Mais dans les cinq ou dix prochaines années, nous allons voir de vraies avancées."


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.