La solidarité s'organise à Mayfield après la tornade meurtrière

L'Etat du Kentucky, où se situe Mayfield, fait partie de la «Bible Belt», la «ceinture de la Bible», où la vie s'organise encore beaucoup autour des églises chrétiennes. (Photo, AFP)
L'Etat du Kentucky, où se situe Mayfield, fait partie de la «Bible Belt», la «ceinture de la Bible», où la vie s'organise encore beaucoup autour des églises chrétiennes. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 13 décembre 2021

La solidarité s'organise à Mayfield après la tornade meurtrière

  • Face au nombre de gens sans toit, plusieurs centres d'hébergement ont été mis en place dans les nombreux lieux de culte de la région
  • À Paducah, à une quarantaine de kilomètres au nord de Mayfield, le pasteur Hank Garner a transformé l'église baptiste de Lone Oak en centre d'accueil et de collecte

MAYFIELD : Un patron aide son salarié, des jeunes dégagent la maison d'une personne âgée, les collectes se succèdent: à Mayfield, ville meurtrie par le passage d'une tornade au coeur des Etats-Unis, la solidarité entre habitants s'organise sous l'oeil réconfortant de leur Dieu.

L'Etat du Kentucky, où se situe Mayfield, fait partie de la "Bible Belt", la "ceinture de la Bible", où la vie s'organise encore beaucoup autour des églises chrétiennes et, dimanche, les habitants mentionnaient souvent leur foi comme moteur pour avancer, ou aider.

Assis sur une chaise devant ce qu'il reste de sa maison, Marty Janes a le regard vide alors que des jeunes volontaires, membres d'une église locale, s'affairent autour de lui. 

À quelques encablures du centre-ville, son quartier a été dévasté par la tornade. Un arbre est tombé sur son perron, son toit s'est effondré, les murs extérieurs de la façade ont été arrachés.

"C'était comme une guerre nucléaire", raconte-t-il. Il s'est retrouvé piégé à l'arrière de la maison, sa femme, Theresa, était dans la chambre donnant sur la rue. Secourus par les pompiers, les époux ont été séparés pendant deux jours, raconte-t-il, les larmes aux yeux.

Il n'a pas voulu que sa femme voit les dégâts de la maison, désormais inhabitable. "Je suis sans-abri", dit l'homme de 59 ans, qui n'a récupéré qu'une vieille photo de sa remise de diplôme et deux drapeaux américains, immédiatement replantés devant le bâtiment éventré.

Les amis de son jeune voisin sont venus pour l'aider à déblayer, mais la tâche est immense. Venus à la rescousse, les jeunes bénévoles de l'église découpent les murs et parois intérieures à la scie, et vident les pièces des meubles ou des équipements inutilisables. 

D'autres volontaires tronçonnent l'arbre couché sur la maison.

«Beaucoup d'amour»

Un peu plus loin, Vanessa Cooper, 40 ans, tente de récupérer ce qu'elle peut de l'appartement de sa mère, dont il ne reste que deux murs. Trois amis déblaient les décombres et évacuent les débris pendant qu'elle fouille les meubles abîmés.

"Ces gens m'ont déjà aidée par le passé, ils savent que je ne peux pas le faire moi-même", dit cette employée d'un lycée technique de la ville qui est handicapée d'une jambe. 

"Je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir, mais Dieu m'a déjà fait surmonter beaucoup d'épreuves", affirme-t-elle.

La solidarité vient naturellement dans les petites communautés, explique Vanessa Cooper, alors qu'une voisine lui demande si elle a besoin de quelque chose. À Mayfield, ville de 10 000 habitants, "on a toujours été proches les uns des autres, on montre beaucoup d'amour".

Face au nombre de gens sans toit, plusieurs centres d'hébergement ont été mis en place dans les nombreux lieux de culte de la région.

À Paducah, à une quarantaine de kilomètres au nord de Mayfield, le pasteur Hank Garner a transformé l'église baptiste de Lone Oak en centre d'accueil et de collecte.

"Des gens voulaient faire tout leur possible pour aider la famille et les amis", explique-t-il.

"Sachant que leurs voisins avaient un besoin urgent d'aide, ils ont commencé à rassembler tout ce qui pourrait être utile", ajoute le pasteur, alors que l'eau et l'électricité sont coupées à Mayfield.

Parmi sa collecte: des vêtements chauds, des couvertures, des produits pour bébés ou de première nécessité, des bouteilles  d'eau et de la nourriture.

Réfugié dans ce centre, Randy Guennel, un retraité de 79 ans, est un miraculé. Il a survécu deux jours avec sa femme malade dans leur maison. Dimanche, il a inscrit "à l'aide" sur un carton à pizza et l'a mis sur sa boîte aux lettres.

"Des membres merveilleux de cette église l'ont vu, et nous ont amenés ici", raconte-t-il des sanglots dans la voix.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.

 

 


Espagne: au moins 21 morts et des dizaines de blessés dans une collision entre deux trains

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
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  • Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés
  • Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train

MADRID: Un accident ferroviaire impliquant deux trains à grande vitesse a fait dimanche au moins 21 morts et une trentaine de blessés graves dans le sud de l'Espagne, selon la Garde civile, après une collision très violente qui a projeté des wagons hors des rails.

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a souligné sur le réseau social X que "le choc a été terrible".

"Toutes les personnes blessées nécessitant des soins hospitaliers ont été évacuées", a-t-il déclaré ensuite lors d'un point presse tôt lundi matin. "On parle de 30 personnes blessées gravement qui ont été transférées dans des hôpitaux", a-t-il précisé.

Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés.

Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train de la compagnie nationale Renfe qui circulait dans le sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".

La Garde civile a indiqué à l'AFP, dans un dernier bilan, qu'il y avait au moins 21 morts, les autorités régionales andalouses évoquant au moins 73 blessés, dont six très graves, et "une nuit (qui s'annonce) très difficile".

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a évoqué "une nuit de profonde douleur" après "le tragique accident ferroviaire". Il a précisé suivre de près les opérations, le gouvernement central à Madrid "collabor(ant) avec les autres autorités compétentes" mobilisées sur place.

De son côté, la famille royale espagnole a fait part dans un communiqué de sa "grande inquiétude" à la suite de ce "grave accident".

"Tout est complètement détruit", a déclaré Francisco Carmona, chef des pompiers de Cordoue, à la chaîne de télévision publique TVE.

"Nous avons même dû déplacer des corps pour pouvoir accéder à des personnes vivantes", a-t-il ajouté.

"Un film d'horreur" 

"On se croirait dans un film d'horreur", a raconté un passager, Lucas Meriako, qui se trouvait à bord du train Iryo, à la chaîne La Sexta.

"Il y a eu un choc très violent à l'arrière et l'impression que tout le train allait se disloquer (...) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre", a-t-il dit.

C'est comme si "un tremblement de terre" avait secoué le wagon, a témoigné de son côté un journaliste de la radio publique RNE qui voyageait dans l'un des deux trains, à la télévision publique TVE.

Les occupants du wagon ont pris les marteaux de secours pour briser les vitres et commencer à sortir du convoi, a-t-il encore raconté.

Selon des médias espagnols, plus de 300 personnes se trouvaient dans le train d'Iryo et plus de 100 dans l'autre train de Renfe.

Dans la grande gare madrilène d'Atocha, des "équipes de soutien vont être déployées pour accompagner les familles" des personnes touchées, a annoncé la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso.

Le président français Emmanuel Macron a adressé ses "pensées" aux victimes de l'accident, évoquant "une tragédie" et promettant le soutien de la France à l'Espagne.

Face à la situation, "le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva (des villes dans le sud de l'Espagne, ndlr) sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier", a, par ailleurs, indiqué sur X le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).