Tornades aux Etats-Unis: les recherches continuent mais l'espoir s'amenuise

Les secouristes fouillent ce qui reste de l'usine de bougies de produits de consommation de Mayfield après sa destruction par une tornade au Kentucky, le 11 décembre 2021. (Photo, AFP)
Les secouristes fouillent ce qui reste de l'usine de bougies de produits de consommation de Mayfield après sa destruction par une tornade au Kentucky, le 11 décembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 13 décembre 2021

Tornades aux Etats-Unis: les recherches continuent mais l'espoir s'amenuise

Les secouristes fouillent ce qui reste de l'usine de bougies de produits de consommation de Mayfield après sa destruction par une tornade au Kentucky, le 11 décembre 2021. (Photo, AFP)
  • Ce phénomène météorologique exceptionnel a traversé cinq Etats
  • Le Kentucky a été balayé sur plus de 320 kilomètres par l'une des plus longues tornades jamais enregistrées aux Etats-Unis

MAYFIELD : Des fouilles désespérées mais hélas vaines se poursuivaient dimanche pour retrouver d'éventuels survivants sur le site d'une usine de bougies au cœur des Etats-Unis, devenue le symbole de la dévastation causée par des tornades qui ont fait au moins 94 morts dans leur sillage.

Ce phénomène météorologique exceptionnel a traversé cinq Etats, y laissant une traînée de destructions sur des centaines de kilomètres, mais c'est à Mayfield, dans le Kentucky, que celles-ci ont été les pires.

La fabrique de bougies Mayfield Consumer Products n'est plus qu'un enchevêtrement de poutrelles et de tôles tordues, empilées sur plusieurs mètres de hauteur. Equipés de grues, bulldozers et autres engins mécaniques, les secouristes progressaient dimanche lentement dans les décombres, continuant à espérer un miracle.  

Quelque 110 employés travaillaient dans l'usine vendredi soir pour répondre à la demande de la période des fêtes, quand la tornade a tout détruit. Plusieurs dizaines de personnes manquent toujours à l'appel.

"Les mots manquent" à Jason Riccinto, pompier volontaire, pour décrire la dévastation sur le site. "On a creusé les gravats hier, j'y ai passé huit heures, la nuit d'avant on a travaillé jusqu'à 04H00 du matin. Je n'ai jamais rien vu de pareil de toute ma vie", a-t-il confié.

Avec quelques autres, Stephen Boyken, pasteur dans une église locale, s'est précipité sur les lieux dès vendredi soir, pour participer aux opérations et "pour réconforter".

"Des gens criaient, étaient apeurés. J'ai tenu les mains de ceux qui étaient bloqués, coincés sous un mur de briques", a-t-il relaté.

Interrogée par NBC, la maire de Mayfield, Kathy O’Nan, a semblé tempérer l'éventualité d'un miracle: "Il reste toujours un espoir. Mais, en ce moment, ce que nous espérons c'est un abri au chaud pour nos survivants".

Le bilan va s'alourdir

Ailleurs dans le Kentucky, mais aussi dans les Etats du Missouri, de l'Illinois, du Tennessee et de l'Arkansas, se retrouvaient ces mêmes scènes de constructions aplaties, de bâtiments éventrés, d'infrastructures métalliques tordues, de véhicules renversés, d'arbres arrachés et de briques éparpillées dans les rues.

Etats ont été traversés par l"'une des séries de tornades les pires" de l'histoire du pays, a déploré le président américain Joe Biden, a déploré le président américain Joe Biden, en qualifiant leurs ravages "d'inimaginable tragédie".

Les agences fédérales de réponse aux catastrophes ont commencé à être déployées sur place, a affirmé le chef de l'Etat, en promettant que les services fédéraux feraient "tout ce qu'ils peuvent pour aider".

De l'étranger ont afflué des messages de sympathie. Le président russe Vladimir Poutine a ainsi présenté dimanche ses "condoléances sincères", le pape adressant lui ses prières aux habitants du Kentucky depuis la place Saint-Pierre.

Le bilan des victimes s'est alourdi dimanche: au moins 80 personnes sont mortes dans le seul Etat du Kentucky, a annoncé le gouverneur Andy Beshear.

"Ce nombre va dépasser la centaine", a-t-il ajouté.

Les tornades sont un phénomène météorologique violent qui touche particulièrement les immenses plaines américaines. Sur des vidéos amateur prises vendredi soir, on voit ces immenses colonnes noires balayant le sol, illuminées par des éclairs intermittents. 

 

Une photo balayée à plus de 200 km par les tornades

WASHINGTON : Une photo de famille, arrachée d'une maison frappée vendredi soir par les tornades aux Etats-Unis, a semble-t-il parcouru plus de 200 kilomètres charriée par le vent, selon le récit qu'une Américaine a publié en ligne.

En sortant samedi matin de son domicile situé dans la ville de New Albany, dans l'Etat de l'Indiana, Katie Posten a eu son regard attiré par ce petit cliché noir et blanc, venu se coller sur une vitre de sa voiture.

L'image, montrant une femme en robe à rayures tenant un enfant, et affichant à son verso "Gertie Swatzell et JD Swatzell, 1942", présente toutes les caractéristiques d'une photo de famille.

Mme Posten a alors eu l'idée de publier le cliché sur ses comptes Twitter et Facebook, dans l'espoir de retrouver ses propriétaires.

Son message, largement partagé par la communauté des internautes, lui a permis d'entrer en contact avec une famille de Dawson Springs, une ville de l'Etat du Kentucky en partie détruite par la force des tornades.

Un membre de cette famille, les Swatzell, a reconnu la photo et identifié les personnes qui figurent dessus. "Ouah. Penser qu'elle a voyagé si loin. Il s'agit des grands-parents de mon père", a écrit Cole Swatzell, sur Facebook.

Environ 210 kilomètres à vol d'oiseau séparent Dawson Springs et New Albany, deux communes situées dans deux Etats différents.

Katie Posten a fait part de son intention de restituer la photo à la famille Swatzell.

219 miles

Le Kentucky a notamment été balayé sur plus de 200 miles (320 kilomètres) par l'une des plus longues tornades jamais enregistrées aux Etats-Unis, selon son gouverneur. La plus longue qui ait été suivie au sol, sur 219 miles, se produisit en 1925 dans le Missouri, faisant 695 morts.

"On a eu une alerte à 9H30, on nous a dit que la tornade arrivait. C'est venu et c'est reparti comme ça, d'un coup" a raconté à l'AFP David Norseworthy, 69 ans, devant le porche détruit de sa maison à Mayfield. "On n'a jamais rien vu de tel dans le coin. Là où ça frappe, ça démolit tout".

Environ une trentaine de ces tempêtes ont déferlé vendredi soir sur le pays.

Autre site endeuillé, un entrepôt Amazon, dont le toit s'est effondré à Edwardsville, dans l'Etat de l'Illinois, faisant au moins six morts. Les sauveteurs y continuaient leurs recherches dimanche.

"Nous avons le cœur brisé par la perte de nos collègues là-bas, et nos pensées et prières vont à leurs familles et à leurs proches", a réagi sur Twitter le patron d'Amazon, Jeff Bezos.

Le Tennessee a recensé quatre décès, deux personnes sont mortes dans l'Arkansas, tandis qu'au moins deux autres morts sont à déplorer dans le Missouri.

Les Etats-Unis font face à une "nouvelle norme" avec la multiplication des évènements météorologiques dévastateurs, s'est alarmée dimanche la responsable de l'agence américaine de gestion des catastrophes (FEMA).

La directrice de la FEMA a notamment souligné la dimension "incroyablement inhabituelle" et "historique" de ces tornades pour cette saison. Le mois de décembre est en effet habituellement plutôt épargné par de tels évènements aux Etats-Unis.

Le président Biden avait lui souligné la veille que les phénomènes météorologiques étaient "plus intenses" avec le réchauffement de la planète, sans établir toutefois de lien de causalité directe entre le dérèglement climatique et la catastrophe qui a endeuillé le pays.


Iran et Etats-Unis ont établi un cadre d'accord, en attente de validation par Trump

Les Etats-Unis et l'Iran ont établi un cadre d'accord qui prévoit une extension du cessez-le-feu de soixante jours mais qui n'a pas encore été validé par Donald Trump, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources américaines. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont établi un cadre d'accord qui prévoit une extension du cessez-le-feu de soixante jours mais qui n'a pas encore été validé par Donald Trump, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources américaines. (AFP)
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  • Prudent, le ministre des Finances américain Scott Bessent n'a pas confirmé fermement l'existence d'un tel protocole d'accord pendant une conférence de presse à la Maison Blanche, en déclarant: "Nous avons peut-être l'ébauche d'un accord"
  • "Ce sera totalement la décision du président", a encore dit Scott Bessent, qui a été assailli de questions sur ces révélations d'Axios

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran ont établi un cadre d'accord qui prévoit une extension du cessez-le-feu de soixante jours mais qui n'a pas encore été validé par Donald Trump, ont indiqué jeudi à l'AFP des sources américaines.

L'information a d'abord été révélée par Axios, selon qui cet accord préalable ne règle pas la question du programme nucléaire iranien mais ouvre la voie à des négociations plus poussées à ce sujet.

Prudent, le ministre des Finances américain Scott Bessent n'a pas confirmé fermement l'existence d'un tel protocole d'accord pendant une conférence de presse à la Maison Blanche, en déclarant: "Nous avons peut-être l'ébauche d'un accord."

"Les équipes ont eu plusieurs échanges", a-t-il dit, ajoutant que le président américain avait "plusieurs lignes rouges", à savoir que l'Iran devait "livrer son stock d'uranium enrichi. Ils ne peuvent pas avoir d'arme nucléaire et il doit y avoir une libre circulation dans le détroit d'Ormuz".

"Ce sera totalement la décision du président", a encore dit Scott Bessent, qui a été assailli de questions sur ces révélations d'Axios.

Selon le site d'informations, le cadre d'accord soumis au président américain prévoit que l'accès au détroit d'Ormuz soit "illimité" pendant la période de soixante jours, ce qui implique notamment que l'Iran retire toutes les mines dans la zone.

Toujours selon la même source, le blocus américain des ports iraniens serait levé en proportion du rétablissement de la circulation maritime, et Téhéran serait autorisé à vendre du pétrole grâce à une suspension des sanctions américaines.

Ces dernières annonces ont suivi de peu un échange de frappes qui a conduit les Etats-Unis et l'Iran à s'accuser mutuellement de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les Etats-Unis ont abattu quatre drones d'attaque iraniens qui représentaient une "menace autour du détroit d'Ormuz" et ont frappé "une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone", selon un responsable américain.

En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. De leur côté, le Koweït et l'armée américaine ont fait état de frappes, attribuées à l'Iran, sur le territoire de cette monarchie du Golfe.


Les Etats-Unis frappent l'Iran qui réplique en visant une base américaine

Les Etats-Unis ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des représailles de Téhéran qui a visé une base américaine, dans ce qui constitue les affrontements les plus graves depuis le début du cessez-le-feu. (AFP)
Les Etats-Unis ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des représailles de Téhéran qui a visé une base américaine, dans ce qui constitue les affrontements les plus graves depuis le début du cessez-le-feu. (AFP)
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  • Les forces iraniennes ont par ailleurs effectué des tirs de semonce à l'intention de quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz, a indiqué jeudi la télévision d'Etat (Irib)
  • Ces incidents sont les plus sérieux depuis la trêve entrée en vigueur depuis le 8 avril, après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts

TEHERAN: Les Etats-Unis ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des représailles de Téhéran qui a visé une base américaine, dans ce qui constitue les affrontements les plus graves depuis le début du cessez-le-feu.

Quatre drones d'attaque qui représentaient une "menace autour du détroit d'Ormuz" ont été abattus, a affirmé un responsable américain sous couvert d'anonymat, ajoutant que l'armée américaine avait aussi frappé "une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone."

"Ces actions étaient mesurées, uniquement défensives et menées avec l'intention de maintenir le cessez-le-feu", a-t-il affirmé.

Les médias iraniens avaient auparavant rapporté trois fortes explosions près de Bandar Abbas, ville portuaire sur le détroit stratégique d'Ormuz, vers 01h30 jeudi (22h00 GMT mercredi).

En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé jeudi avoir visé une base américaine. Ils n'ont pas précisé laquelle, mais de son côté, l'armée koweïtienne a annoncé jeudi faire face à "des attaques menées par des missiles et des drones".

Les forces iraniennes ont par ailleurs effectué des tirs de semonce à l'intention de quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz, a indiqué jeudi la télévision d'Etat (Irib), sans fournir de détails sur le type de navires ni sur leur nationalité.

Ces incidents sont les plus sérieux depuis la trêve entrée en vigueur depuis le 8 avril, après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts.

Frappes au Liban 

Bombardements et combats se poursuivent par ailleurs au Liban, malgré un autre cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé des cibles du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah à Tyr, dans le sud du pays, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière entre Israël et le Liban.

Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre un terme au conflit sont laborieuses, et le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, ce qui a renchéri l'or noir et fait vaciller l'économie mondiale.

Mercredi, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois agité la menace d'une reprise des hostilités.

L'Iran "veut vraiment conclure un accord. Ils n'y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l'être (...). Ou alors nous devrons simplement finir le travail", a-t-il dit.

Dans les échanges matinaux jeudi en Asie, le baril de Brent de la mer du Nord, principale référence internationale, progressait de près de 2% pour s'établir à 96,13 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine du pétrole brut, gagnait 1,75 % à 90,23 dollars le baril.

Passer "du pire au mauvais" 

En Iran, l'accès à internet a été en partie rétabli après une coupure de près de trois mois. Les connexions restent erratiques, les données mobiles étant encore largement coupées, de nombreux sites filtrés et des services de messagerie difficilement accessibles.

"Ce n'est pas du bonheur ou de la joie (que je ressens, NDLR), j'ai juste l'impression qu'on est passé du pire au mauvais", a réagi auprès de l'AFP Bahareh, 32 ans, nutritionniste à Téhéran.

"On se demande tous les jours: +Y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?+", décrit Amir, un développeur de logiciel de 27 ans, également depuis la capitale iranienne.

L'Iran a affirmé être en train de finaliser un accord-cadre en 14 points avec les Etats-Unis, donnant la priorité à la fin de la guerre "sur tous les fronts", y compris au Liban.

"Le projet d'accord-cadre (...) est une totale invention", a réagi la Maison Blanche.

Selon la télévision iranienne, le protocole en discussion prévoit notamment un engagement des Etats-Unis à lever leur blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Mercredi, le Trésor américain a annoncé des sanctions à l'encontre de l'Autorité iranienne du détroit du golfe Persique, la nouvelle agence de Téhéran chargée de percevoir les droits de passage à Ormuz.

Téhéran cherche aussi à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon l'agence iranienne Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps.

Les Etats-Unis réclament la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.


L'Iran juge peu probable une reprise de la guerre, Trump demande plus de concessions pour un accord

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran. (AFP)
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  • Avant cette intervention, soufflant le chaud et le froid comme M. Trump en a coutume, les marchés avaient cédé à regain d'optimisme sur un possible règlement, avec un recul des cours du pétrole
  • Dans le même temps, l'accès à internet a été en partie rétabli en Iran après une coupure de près de trois mois, lançant un signal de détente mais sans enthousiasmer les Iraniens au vu des restrictions maintenues

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran.

L'Iran "veut vraiment conclure un accord. Ils n'y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l'être (...) Ou alors nous devrons simplement finir le travail", a dit le président américain, lors d'un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Avant cette intervention, soufflant le chaud et le froid comme M. Trump en a coutume, les marchés avaient cédé à regain d'optimisme sur un possible règlement, avec un recul des cours du pétrole.

Dans le même temps, l'accès à internet a été en partie rétabli en Iran après une coupure de près de trois mois, lançant un signal de détente mais sans enthousiasmer les Iraniens au vu des restrictions maintenues.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations sont laborieuses, et le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, ce qui fait flamber les prix de l'or noir et vaciller l'économie mondiale.

"Des frappes ce soir?" 

Dans ce contexte, des Iraniens témoignent de leur désarroi.

"J'ai l'impression que rien n'est encore certain, même si le cessez-le-feu est toujours en vigueur et qu'il est question d'un possible accord. On se demande tous les jours: y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?", dit à l'AFP Amir, un développeur de logiciel de 27 ans dans la capitale iranienne.

Les Gardiens de la Révolution ont cependant jugé la probabilité d'une reprise de la guerre "faible en raison de la faiblesse de l'ennemi". Mais "les forces armées se tiennent en alerte", a prévenu Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales cité par l'agence de presse Tasnim.

Selon le ministère iranien du Renseignement, les Etats-Unis et Israël ont raté, avec leur attaque lancée le 28 février, leur "objectif de renverser et de diviser le pays", mais poursuivent désormais ce but "par d'autres moyens".

La veille, Téhéran avait accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays, après l'annonce américaine de frappes nocturnes sur des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Accès aux avoirs 

Mercredi, les cours du pétrole ont plongé: vers 15H45 GMT (17H45 à Paris), le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, perdait 3,94% à 96,10 dollars.

"Il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU)", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

L'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables iraniens au Qatar, une première depuis le début des hostilités marquées par des tirs de représailles iraniens sur ses voisins du Golfe.

L'enjeu était de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps.

"Totale invention" 

Les Etats-Unis réclament la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.

La télévision iranienne a fait état mercredi d'une ébauche du protocole d'accord en discussion, prévoyant notamment selon elle un engagement des Etats-Unis à lever leur blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Cette information des médias d'Etat iraniens n'est pas vraie et le projet d'accord-cadre (...) est une totale invention", a réagi la Maison Blanche.

Mercredi, les Gardiens de la Révolution ont insisté sur le fait que seuls les navires "prêts à se conformer aux ordres iraniens" seraient autorisés à passer le détroit, selon la télévision d'Etat.

Sur l'autre front du conflit, au Liban - dont Téhéran réclame l'inclusion dans tout accord de paix - Israël intensifie ses raids aériens et opérations terrestres contre le Hezbollah pro-iranien, qui poursuit aussi ses attaques, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.

L'armée israélienne a averti dans la soirée qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre les deux pays, appelant à son évacuation.