Rançongiciels: un homme soupçonné d'avoir blanchi 19 millions d'euros en cryptomonnaie

Les attaques par rançongiciel envers les entreprises et les institutions ont augmenté de 32% entre 2019 et 2020 (Photo, AFP).
Les attaques par rançongiciel envers les entreprises et les institutions ont augmenté de 32% entre 2019 et 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 14 décembre 2021

Rançongiciels: un homme soupçonné d'avoir blanchi 19 millions d'euros en cryptomonnaie

  • Le suspect, âgé de 23 ans, a été interpellé le 7 décembre à Sault, dans le sud-est de la France, où il vivait avec ses parents
  • Lors de la perquisition du domicile familial, les enquêteurs ont d'abord mis la main sur un lingot d'or et une Rolex

PARIS: Un jeune homme, soupçonné d'avoir blanchi dans des cryptomonnaies 19 millions d'euros extorqués lors d'attaques au rançongiciel, a été inculpé vendredi en France, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Le suspect, âgé de 23 ans, a été interpellé le 7 décembre à Sault, dans le sud-est de la France, où il vivait avec ses parents, après un renseignement reçu plusieurs semaines auparavant par l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC), chargé de l'enquête.

Lors de la perquisition du domicile familial, les enquêteurs ont d'abord mis la main sur un lingot d'or et une Rolex avant de découvrir que le jeune homme était titulaire de "wallets", des comptes en banque pour cryptomonnaies, d'une valeur totale de 19 millions d'euros. 

Cette somme était répartie entre "une petite dizaine" de cryptomonnaies, dont "28 bitcoins d'une valeur de 1,5 million d'euros", a précisé la source proche.

En garde à vue, le suspect a affirmé que cet argent provenait "d'investissements porteurs", a-t-on confié à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). 

Mais les premières investigations démontrent que l'homme a "blanchi des profits issus d'attaques de rançongiciels", selon cette source à la DCPJ. 

"Il avait un train de vie, qui ne correspondait pas à ses revenus normaux, et sa famille en avait parfaitement conscience", a-t-elle précisé.

Le suspect a été mis en examen pour "blanchiment de cryptoactifs en lien avec un rançongiciel". Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention (JLD), mais le parquet a fait appel de cette décision.

Les attaques par rançongiciel envers les entreprises et les institutions ont augmenté de 32% entre 2019 et 2020, notamment dans le secteur de l'industrie et des administrations publiques, selon une étude publiée en novembre par le ministère français de l'Intérieur.


Une centaine de livreurs de repas à domicile manifestent à Paris

La reconnaissance du statut de salarié de ces travailleurs, réclamée entre autres par CNT-SO, aurait "une incidence sur leur capacité à être régularisés en France", explique à l'AFP Etienne Deschamps, un de ses représentants. (AFP).
La reconnaissance du statut de salarié de ces travailleurs, réclamée entre autres par CNT-SO, aurait "une incidence sur leur capacité à être régularisés en France", explique à l'AFP Etienne Deschamps, un de ses représentants. (AFP).
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  • «Nous manifestons d'abord parce que nous sommes mal payés», explique à l'AFP Souleymane, un Ivoirien de 30 ans qui dit gagner environ 300 euros par semaine pour des journées de travail de 14 heures
  • La situation la plus précaire parmi les livreurs revient aux travailleurs sans papiers, contraints de louer des comptes ouverts sous une autre identité

PARIS : Une centaine de livreurs travaillant pour des sociétés de livraison de repas à domicile ont manifesté à vélo et à scooter samedi dans Paris pour réclamer de meilleures conditions de travail, la régularisation des travailleurs sans papiers et la reconnaissance du statut de salarié.

"Nous manifestons d'abord parce que nous sommes mal payés", explique à l'AFP Souleymane, un Ivoirien de 30 ans qui dit gagner environ 300 euros par semaine pour des journées de travail de 14 heures.

Sa situation comme celle de beaucoup d'autres autour de lui est dénoncée par un tract de la Confédération Nationale des Travailleurs - Solidarité ouvrière (CNT-SO) distribué peu avant le départ de la manifestation, place de la République, avec ce slogan: "Stop à l'exploitation numérique".

"Nos tarifs doivent augmenter avec une rémunération minimale garantie égale au smic horaire", y est-il écrit.

La situation la plus précaire parmi les livreurs revient aux travailleurs sans papiers, contraints de louer des comptes ouverts sous une autre identité.

Ceux-ci sont à la merci d'une déconnexion soudaine de la part des plateformes. Ainsi début septembre Uber Eats a annoncé avoir déconnecté 2 500 comptes identifiés comme frauduleux parmi ses quelques 60 000 livreurs actifs en France.

La reconnaissance du statut de salarié de ces travailleurs, réclamée entre autres par CNT-SO, aurait "une incidence sur leur capacité à être régularisés en France", explique à l'AFP Etienne Deschamps, un de ses représentants.

En attendant, M. Deschamps demande aux pouvoirs publics d'autoriser les préfectures à accepter les dossiers de régularisation sur présentation de factures et non de bulletins de salaires, les livreurs n'en ayant pas, relevant du statut d'indépendants.

Les syndicats Sud Commerces, la CNT-SO et le Clap avaient déjà interpellé le gouvernement le 19 septembre afin qu'il facilite la régularisation administrative, encadré par une circulaire dite "circulaire Valls" datant de 2012.

Une manifestation sur le même thème, partant de la place de la République jusqu'au siège français de la firme américaine Uber Eats, s'était par ailleurs tenue le 12 septembre.


TotalEnergies : le mouvement reconduit, la CGT souhaite s'inscrire dans la durée

Les syndicalistes de Force ouvrière (FO) de Totalenergies Carling se rassemblent devant le site pétrochimique de Carling, dans le nord-est de la France, le 27 septembre 2022, pour réclamer une augmentation des salaires, un déblocage de l'intéressement, la reprise des embauches. (AFP).
Les syndicalistes de Force ouvrière (FO) de Totalenergies Carling se rassemblent devant le site pétrochimique de Carling, dans le nord-est de la France, le 27 septembre 2022, pour réclamer une augmentation des salaires, un déblocage de l'intéressement, la reprise des embauches. (AFP).
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  • «On va lancer une caisse de grève pour que ça puisse durer», selon Pedro Afonso, élu CGT à la raffinerie de Feyzin (Rhône)
  • Selon la direction du groupe, il n'y a toutefois «que six grévistes sur le site de Feyzin» et les opérations et travaux actuellement en cours «se poursuivent normalement» sur la plateforme qui n'est «pas en grève»

PARIS : Les grévistes de TotalEnergies ont reconduit samedi le mouvement pour les salaires dans trois des cinq raffineries françaises du groupe, selon la CGT qui souhaiterait inscrire dans la durée ce mouvement lancé à son initiative.

Si les raffineries de Donges (Loire-Atlantique) et de Grandpuits (Seine-et-Marne) -en cours de reconversion en "bio-raffinerie"- ont, comme prévu, suspendu le mouvement pour ce week-end, tous les autres sites de raffinage et dépôts de carburants "sont encore dans la bataille", a déclaré à l'AFP Pedro Afonso, élu CGT à la raffinerie de Feyzin (Rhône).

"On va lancer une caisse de grève pour que ça puisse durer", a-t-il indiqué à propos de la raffinerie de Feyzin, ajoutant que les grévistes d'autres sites souhaitaient prendre des mesures similaires.

Selon la direction du groupe, il n'y a toutefois "que six grévistes sur le site de Feyzin" et les opérations et travaux actuellement en cours "se poursuivent normalement" sur la plateforme qui n'est "pas en grève".

La CGT estime qu'une inscription du mouvement dans la durée pourrait compliquer l'approvisionnement en carburant des stations-service. Certaines ont déjà été confrontées à des indisponibilités de carburants, conséquence de la ruée des automobilistes (+30% de fréquentation en septembre) attirés par une remise à la pompe accordée par le groupe afin de limiter les hausses de prix.

Interrogée samedi par l'AFP, la direction du géant des hydrocarbures a réitéré son message de la veille, confirmant implicitement des tensions sur l'offre de carburants en raison de la forte fréquentation, tout en indiquant que "malgré les mouvements sociaux, le réapprovisionnement (des) stations se poursuit dans le contexte de l’opération de baisse des prix", à l'aide de "moyens logistiques supplémentaires".

Autre conséquence du mouvement, les opérations de mise à l'arrêt de la raffinerie de Normandie, la plus importante de France, se poursuivaient samedi.

En cas d'arrêt effectif de cette raffinerie, qui représente plus de 20% de la capacité de raffinage du pays, il n'y aurait plus que deux raffineries en activité sur les huit que compte la France métropolitaine, un autre mouvement de grève affectant celles de Esso-ExxonMobil.

La CGT réclame notamment une revalorisation salariale à hauteur de 10% pour l'année 2022. De son côté, la direction rappelle avoir octroyé une augmentation moyenne de 3,5% en début d'année et renvoie à l'ouverture de négociations, initialement prévues en janvier 2023, et avancée à mi-novembre dans le contexte actuel d'inflation.


Affaire Quatennens: le député a été auditionné par la police lilloise

M. Quatennens s'est mis en retrait de sa fonction de coordinateur de La France Insoumise, reconnaissant des violences envers son épouse dans un communiqué publié sur Twitter. (Photo, AFP)
M. Quatennens s'est mis en retrait de sa fonction de coordinateur de La France Insoumise, reconnaissant des violences envers son épouse dans un communiqué publié sur Twitter. (Photo, AFP)
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  • Le député nordiste a été entendu dans le cadre d'une audition libre, a précisé cette source, confirmant une information du JDD
  • Le parquet de Lille avait indiqué le 19 septembre avoir ouvert une enquête après la main courante déposée contre le député par son épouse

LILLE : Le député LFI Adrien Quatennens a été entendu lundi au commissariat de Lille, dans le cadre de l'enquête pour violences conjugales le visant après une main-courante déposée par son épouse, a indiqué samedi une source proche du dossier.

Le député nordiste a été entendu dans le cadre d'une audition libre, a précisé cette source, confirmant une information du JDD.

Le parquet de Lille avait indiqué le 19 septembre avoir ouvert une enquête après la main courante déposée contre le député par son épouse, dans le cadre de sa "politique pénale volontariste pour le traitement des violences conjugales".

Dans un communiqué le 13 septembre, après la révélation de cette main courante par Le Canard Enchaîné, Céline et Adrien Quatennens avaient dit avoir appris "par voie d'avocats" que le parquet s'était saisi des faits.

M. Quatennens s'est dans la foulée mis en retrait de sa fonction de coordinateur de La France Insoumise, reconnaissant des violences envers son épouse dans un communiqué publié sur Twitter.

Il a notamment admis lui avoir "donné une gifle", il y a "un an", "dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle", affirmant avoir "profondément regretté ce geste".

Sollicités, ni le parquet de Lille ni l'avocate du député n'ont réagi dans l'immédiat.

L'affaire a alimenté une forte polémique, jusqu'au sein même de LFI. Jean-Luc Mélenchon et le député Manuel Bompard se sont attiré la colère notamment des milieux féministes pour des prises de position accusées de relativiser les violences conjugales, ce dont ils se sont tous les deux défendu.