En plein boom, les mangas s'arment contre le piratage en ligne

Entre janvier et août 2021, plus de 28 millions de mangas se sont écoulés dans le pays, contre près de 20 millions d'exemplaires pour tous les autres types de bande dessinée, selon l'institut GfK. Une première dans l'histoire de l'édition française. (AFP)
Entre janvier et août 2021, plus de 28 millions de mangas se sont écoulés dans le pays, contre près de 20 millions d'exemplaires pour tous les autres types de bande dessinée, selon l'institut GfK. Une première dans l'histoire de l'édition française. (AFP)
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Publié le Dimanche 10 octobre 2021

En plein boom, les mangas s'arment contre le piratage en ligne

  • De nombreux sites de traductions "sauvages" ont prospéré pour répondre au besoin des fans d'accéder rapidement à une version traduite de l'épisode tant attendu. En toute illégalité
  • «On est sur un marché qui est multiplié par deux pratiquement chaque année. C'est une période exceptionnelle pour nous, ça ne s'est jamais vu»

PARIS: Malgré l'essor des traductions illégales en ligne, les mangas ne connaissent pas la crise: portés par le boom des ventes physiques, notamment sous l'effet des confinements, les éditeurs de bande dessinée japonaise ont lancé des applications gratuites pour tenter d'attirer les lecteurs pirates.

A Paris, un immense monstre de 45 mètres de hauteur se dégage et semble prendre d'assaut un des sites de la Bibliothèque nationale de France. Pour promouvoir la sortie du premier tome de "Kaiju N°8", tiré à 250.000 exemplaires, son éditeur Kazé a vu les choses en grand avec une affiche XXL.

Un symbole parmi d'autres de l'explosion des ventes de mangas en France, le 2e marché mondial, "très important" de l'aveu même de la Shueisha, l'une des plus grandes maisons d'édition du genre avec ses succès planétaire "One Piece" ou "My Hero Academia".

Entre janvier et août 2021, plus de 28 millions de mangas se sont écoulés dans le pays, contre près de 20 millions d'exemplaires pour tous les autres types de bande dessinée, selon l'institut GfK. Une première dans l'histoire de l'édition française.

"On est sur un marché qui est multiplié par deux pratiquement chaque année. C'est une période exceptionnelle pour nous, ça ne s'est jamais vu", confie à l'AFP Jérôme Manceau, directeur marketing France de Crunchyroll, maison mère de Kazé.

«Alternative légale»
Seule ombre au tableau, le fléau persistant du piratage en ligne.

Contrairement aux séries TV sur les plateformes de streaming, les derniers épisodes des mangas japonais à succès ne sont pas traduits simultanément dans les autres langues. Il faut attendre plusieurs mois avant que la version française ne soit disponible en librairie.

"Entre 6 à 12 mois environ", précise à l'AFP Satoko Inaba, directrice éditoriale manga chez Glénat, l'éditeur de "One Piece" en France.

Conséquence: de nombreux sites de traductions "sauvages" ont prospéré pour répondre au besoin des fans d'accéder rapidement à une version traduite de l'épisode tant attendu. En toute illégalité.

Pour contrer le phénomène, la Shueisha a lancé fin septembre une version française de son application Manga Plus. 

Créé en 2019, ce service disponible en sept langues (français, anglais, espagnol, thaï, indonésien, russe, portugais brésilien) offre en ligne un accès gratuit, légal et simultané à chaque nouveau chapitre pour une durée limitée.

Manga Plus donne accès à huit séries en français pour l'instant, dont "One Piece", "My Hero Academia" et "Kaiju N°8", contre 118 dans sa version anglaise.

Produit d'appel 
Les traductions sont réalisées par les éditeurs français de chaque série, qui pourront également lancer leur propre "alternative légale" comme Glénat avec "Glénat Manga Max".

"On a recruté une éditrice" pour supporter les charges de travail supplémentaires liés à la vitesse de traduction, raconte Jérôme Manceau.

De quoi enrayer le phénomène ? "Depuis le lancement de Manga Plus, il y a eu plusieurs exemples de gros sites proposant des mangas illégalement qui ont cessé de publier des mises à jour. Il y a aussi des services web qui ont interdit à leurs utilisateurs de publier des liens vers les versions piratées des séries disponibles sur l'application", se félicite la Shueisha auprès de l'AFP.

Avec cinq millions d'utilisateurs actifs mensuels, la maison d'édition japonaise peut-elle réussir à combler le manque à gagner dû au piratage -- "impossible à quantifier", selon les éditeurs -- en monétisant cette nouvelle audience ?

"Nous espérons que le développement d'offres légales comme Manga Plus permettra de convertir les lecteurs en les faisant aller des sites de manga pirates vers des offres légales et que les ventes de mangas à l'étranger augmenteront encore", répond-elle à l'AFP.

"Pour nous, c'est une vitrine publicitaire", confirme Satoko Inaba de Glénat. "Si une personne, qui n'était intéressée que par +One Piece+, arrive à s'intéresser à un autre titre grâce à cette vitrine, cela veut dire que cela a marché pour nous". 


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.