La première biennale de Diriyah est un tournant pour la scène culturelle en Arabie saoudite

Cérémonie d’ouverture de la biennale d’art contemporain de Diriyah le 10 décembre.
Cérémonie d’ouverture de la biennale d’art contemporain de Diriyah le 10 décembre.
Cérémonie d’ouverture de la biennale d’art contemporain de Diriyah le 10 décembre.
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Cérémonie d’ouverture de la biennale d’art contemporain de Diriyah le 10 décembre.
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Publié le Mercredi 15 décembre 2021

La première biennale de Diriyah est un tournant pour la scène culturelle en Arabie saoudite

  • La biennale, qui a officiellement ouvert ses portes au public le 11 décembre, se tiendra jusqu’au 11 mars de l'année prochaine dans les entrepôts nouvellement réhabilités du quartier Jax
  • La première édition de la biennale d’art contemporain d’Arabie saoudite se termine ainsi par une exploration de la façon dont l’art nous élève, nous transcende et nous transporte vers quelque chose de plus grand que nous-mêmes

Dans la soirée du 10 décembre, près de trois cents invités d’Arabie saoudite et de l’étranger se sont rassemblés à l’extérieur de la Fondation de la biennale de Diriyah à Jax, un nouveau quartier créatif dans une zone industrielle de Diriyah à Riyad, pour l’ouverture de la biennale d’art contemporain de Diriyah. C’est un moment historique pour l’Arabie saoudite car c’est la première fois que le Royaume accueille une biennale dédiée à l’art contemporain.

La foule a écouté en silence l’émouvant discours d’ouverture de Philip Tinari, conservateur de la biennale et président du centre d’art contemporain UCCA en Chine. Le thème de la biennale, «Traverser la rivière en tâtant les pierres», s’inspire d’un dicton chinois qui traduit l'attitude de la Chine face à la réforme et à l'ouverture sur le monde entamées en 1978 – une métaphore populaire utilisée par les dirigeants chinois pour décrire la voie qu’ils ont suivie à la suite de la réforme économique. M. Tinari l’utilise également pour désigner le changement culturel et social que connaît actuellement l’Arabie saoudite.

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Philip Tinari, conservateur de la biennale d’art contemporain de Diriyah et président du centre d’art contemporain UCCA.

«Au moment de préparer cette biennale, ce slogan m’a interpellé à deux niveaux. D’abord pour sa pertinence en Arabie saoudite aujourd’hui. En effet, nous avons le privilège d’être témoins d’un moment similaire de dynamisme, d’optimisme et d’ouverture et, avec lui, d’un changement transformateur», déclare M. Tinari.

La biennale, qui a officiellement ouvert ses portes au public le 11 décembre, se tiendra jusqu’au 11 mars de l'année prochaine dans les entrepôts nouvellement réhabilités du quartier Jax. Elle est répartie en six zones et elle présente les œuvres de quelque soixante-quatre artistes du monde entier, tout en mettant en lumière vingt-sept artistes saoudiens.

La Fondation de la biennale de Diriyah a commandé vingt-neuf nouvelles œuvres pour l’exposition.

Les six zones explorent les sous-thèmes du spirituel dans l’art, du patrimoine naturel et de la préservation de l’environnement, des questions de genre, des effets de la pandémie de Covid-19 et du développement communautaire. Le dialogue à travers la culture est l’un des objectifs de la biennale d’art contemporain de Diriyah, qui a été créée en 2020, grâce au soutien du ministère saoudien de la Culture.

«Avoir des espaces non commerciaux en Arabie saoudite est très important car cela génère des types d’art très différents», souligne l’artiste Dana Awartani à Arab News. «Pendant longtemps, les artistes du Royaume étaient habitués à exposer dans des galeries ou à participer à des foires d’art. Pour moi, le travail créé dans le cadre d’une biennale est le plus haut niveau d’art, parce qu’on se sent capable de repousser toujours plus loin les limites de ce qu’on veut faire sans penser à l’aspect commercial», poursuit-elle.

 

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Vue d’installation, biennale d’art contemporain de Diriyah, 2021.

L’impressionnante œuvre en argile de 23,7 x 13,5 mètres de l’artiste, intitulée Debout sur les ruines d’Alep (2021), prend la forme d’un long sol carrelé et aborde le thème de la destruction culturelle à travers le sujet de la grande mosquée d’Alep, incitant les invités à réfléchir aux effets de la destruction culturelle sur la société.

«Une biennale porte sur le dialogue interculturel. Vous apprenez de vos pairs et, selon moi, c’est vraiment ce qu’il y a de plus passionnant. Un événement tel que celui-ci est très important en Arabie saoudite», ajoute-t-elle.

 

Artistes et conservateurs vous diront qu’une exposition de la sorte est attendue depuis longtemps au Royaume.

«J’espère vraiment que ce sera un véritable tournant pour ces personnes et pour la scène en général, car nous sommes désormais en mesure d’inviter ces artistes saoudiens exceptionnels à prendre part à un dialogue mondial sur leur propre territoire et sur un pied d’égalité avec le reste du monde», confie le commissaire adjoint, Wejdan Reda à Arab News.

L'exposition s’ouvre sur deux œuvres puissantes placées côte à côte: Red Earth Circle de l'artiste américain Richard Long, créée dans les années 1980 pour un salon à Paris, considéré comme la première exposition d’art contemporain à l’échelle mondiale, et World Map de l’artiste saoudienne Maha Malluh, extraite de sa série Food for Thought (2021), qui comprend trois mille huit cent quarante cassettes pour représenter une carte du monde. «L’art de qualité vous oblige à faire une pause, à contempler et à réfléchir davantage à votre environnement», précise-t-elle. C’est exactement l’effet produit par les œuvres de cette série qui forment des images et des lettres arabes. On trouve plusieurs téléviseurs à tubes cathodiques d’époque qui diffusent des photographies d’archives animées de Saudi Arabia in Prognosis (2021) de l'artiste saoudien Ahmed Mater.

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Maha Malluh, Food for Thought, World Map, 2021.

Dans la première zone, nous pouvons admirer les œuvres d’une ancienne génération d’artistes saoudiens portant sur les origines de la scène artistique saoudienne actuelle qui s’est épanouie grâce à de nombreuses initiatives gouvernementales. Une collection d’œuvres des années 2000 de la Fondation Al-Mansouria est exposée. Elle comprend des œuvres sur toile réalisées par des artistes comme Fahad al-Hejailan, Jowhara al-Saoud, Mounira Mosli et Ayman Yossri Daydban.

Les œuvres d’art de cette biennale invitent le visiteur à s’interroger sur les caractéristiques sociales et artistiques communes aux époques de changements historiques. Peut-il y avoir une esthétique de la réforme? Le sentiment d’urgence, commun aux œuvres exposées –malgré les différentes esthétiques et techniques choisies –, semble suggérer qu’il pourrait y en avoir une, d’autant plus lorsqu’une culture est sur le point de connaître un grand changement.

Au fil des salles sinueuses et des innombrables espaces de l’exposition se déploient des œuvres multidisciplinaires d’artistes saoudiens, du Moyen-Orient et d’ailleurs. Ces œuvres semblent engager un dialogue, cherchant désespérément à être vues et entendues. Ailleurs dans la première zone, les œuvres explorent les idées de transformation urbaine, d’Histoire économique, de structures sociales et de progression. L’une de ces œuvres est une puissante installation vidéo, Sakura, de la célèbre artiste américaine Sarah Morris. Elle capture des moments et des lieux historiques – des jeux Olympiques de Pékin en 2008 à la frénésie du centre-ville de Manhattan, en passant par le paysage culturel et industriel de Rio de Janeiro.

Sont également exposées les peintures dynamiques aux formes abstraites de l’artiste marocain Mohammed Melehi; l’installation vidéo à huit canaux de l’artiste sud-africain William Kentridge, More Sweetly Play the Dance (2015), qui représente une joyeuse procession sans fin de danseurs et de musiciens du début à la fin de l’installation; l’œuvre Ce qui reste (2021) de l’artiste saoudienne Dania al-Saleh, qui étudie la disparition et la préservation de la mémoire culturelle face à la mondialisation, à travers des représentations d’anciennes séquences et images d’Arabie saoudite; les peintures de la «Série des communautés fermées» de l’artiste égyptien Ibrahim el-Dessouki, ainsi que Five Women de l’artiste saoudienne Filwa Nazer, un ensemble de sculptures réalisées en textile et en mercerie sur les thèmes de la transition et de la mémoire en déconstruisant les modèles des robes traditionnelles arabes.

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Five Women de l’artiste saoudienne Filwa Nazer.

Difficile de ne pas remarquer les œuvres puissantes de douze artistes chinois présentes tout au long de l’exposition. Elles établissent des parallèles entre l’époque de la réforme de la Chine dans les années 1980 et les changements socioéconomiques rapides mis en place en Arabie saoudite, en grande partie dans le cadre de l’initiative Vision 2030.

«Je vis et je travaille à Pékin et je dirige le centre d’art contemporain UCCA. Au cours des dix dernières années, j’ai mené de nombreux projets de recherches en conservation sur l’avant-garde chinoise. J’ai vu des points communs entre la situation actuelle de l’Arabie saoudite et celle de la Chine en termes d’ouverture au monde sur le plan culturel», déclare M. Tinari à Arab News.

Real Mass Entrepreneurship (2017-2021) de Simon Denny, à titre d’exemple, est une installation qui occupe une pièce entière. Elle explore les changements qui se produisent dans la ville de Shenzhen, au sud de la Chine, depuis la création de la zone économique spéciale de Shenzhen en 1980 et elle montre comment la ville a servi de pivot aux réformes économiques de la Chine – un processus de transformation qui a coïncidé avec l’essor de l’art contemporain dans le pays.

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Five Women de l’artiste saoudienne Filwa Nazer.

Une œuvre vidéo à deux canaux, intitulée 1993-1994 (2021), de Lei et Chai Mi, commandée par la Fondation de la biennale de Diriyah, a été inspirée par la découverte accidentelle d’archives familiales. Une grande partie des images ont été tournées par le père de Chai, qui a travaillé aux Émirats arabes unis (EAU) pendant sept ans dans les années 1990. Des décennies auparavant, le père de Chai a documenté sa vie quotidienne dans le Golfe avec une cassette vidéo sur fond de musique pop cantonaise.

Parmi les artistes saoudiens, on trouve les œuvres remarquables de Sultan ben Fahad, intitulées Dream Traveled (2021). On y voit une pièce sous une très belle tente faite de perles avec des peintures murales du Hajj et des images du Saint Coran. Nous pouvons également citer Soft Machines (2021) de Sarah Ibrahim, une installation vidéo qui explore le corps humain en tant que navire de mémoire, site de transformation, véhicule de communication et, finalement, lieu que chacun et tous peuvent transcender. L’installation joyeuse d’Abdallah al-Othman, Manifesto: The Language & City (2021) est une œuvre à grande échelle réalisée en néon, LED et bois pour recréer les panneaux de signalisation de Riyad. L’artiste condense la ville dans un langage culturel, architectural et visuel.

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Abdallah al-Othman, Manifesto: The Language & City.

L’étrange mais captivante œuvre On Losing Meaning (2021) de l’artiste conceptuel Mohannad Shono montre un robot programmable recouvert de gelée de pétrole et de pointes de pigments, créant une forme abstraite lorsqu’il se déplace sur le sol. «Enfant, mon imagination était tout pour moi – un moyen de m’évader mais aussi de remodeler l’environnement autour de moi», explique-t-il dans un communiqué. «En créant des récits et en dessinant des personnages, je pouvais créer le monde tel que je voulais le voir», poursuit-il.

La dernière zone, qui porte sur le spirituel, semble suggérer que la réforme sociale et culturelle pourrait éventuellement être mise en place avec un état d’esprit qui transcende l’univers terrestre. Les œuvres de cette zone sont des structures éthérées, baignées de lumière, notamment la grande sculpture en verre bleu, Iceberg (2020), de Larry Bell, qui transporte le spectateur hors de sa propre réalité vers quelque chose de plus grand, vers l’idée de l’infini. La première édition de la biennale d’art contemporain d’Arabie saoudite se termine ainsi par une exploration de la façon dont l’art nous élève, nous transcende et nous transporte vers quelque chose de plus grand que nous-mêmes, quels que soient les problèmes auxquels le monde fait face.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le festival de Cannes s'ouvre en célébrant le cinéma comme "acte de résistance"

L’actrice franco-malienne et maîtresse de cérémonie Eye Haïdara s’exprime sur scène lors de la cérémonie d’ouverture et de la projection du film « La Vénus électrique » à la 79e édition du Festival de Cannes, à Cannes, le 12 mai 2026. (AFP)
L’actrice franco-malienne et maîtresse de cérémonie Eye Haïdara s’exprime sur scène lors de la cérémonie d’ouverture et de la projection du film « La Vénus électrique » à la 79e édition du Festival de Cannes, à Cannes, le 12 mai 2026. (AFP)
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  • Le 79e Festival de Cannes s’est ouvert sous le signe du cinéma comme « acte de résistance », avec 22 films en compétition pour la Palme d’or et de nombreuses stars internationales attendues sur la Croisette
  • Les débats autour de la politique, des conflits mondiaux et de l’intelligence artificielle ont marqué l’ouverture du festival, tandis que Peter Jackson a reçu une Palme d’honneur

CANNES: Le 79e festival de Cannes s'est ouvert mardi soir avec ses stars et 22 films en lice pour la Palme d'or, lors d'une cérémonie célébrant le cinéma comme un "acte de résistance" qui "transcende les cultures".

Sur la scène du Palais des festivals, devant un parterre de stars, les actrices Gong Li et Jane Fonda ont donné le coup d'envoi du grand raout cannois, qui baissera le rideau le 23 mai avec la remise de la Palme d'or, attribuée l'an dernier à  "Un Simple accident" du cinéaste iranien dissident Jafar Panahi.

"Le cinéma a toujours été un acte de résistance parce que nous racontons des histoires et les histoires représentent ce qui construit une civilisation", a estimé l'Américaine Jane Fonda, tandis que la Chinoise Gong Li célébrait un art qui "transcende les langues, les cultures et les générations" et s'adresse "à ce que nous partageons tous, les émotions humaines".

De l'Espagnol Pedro Almodovar à l'Américain James Gray en passant par le Roumain Cristian Mungiu, la compétition va de nouveau offrir cette année un panorama du cinéma dans un monde en crise, tout en accueillant une armada de stars (Penélope Cruz, Adam Driver, Barbra Streisand, Marion Cotillard...) sur son tapis rouge.

- "Miraculeux" -

Pour lancer la quinzaine au cours de laquelle une centaine de films seront projetés, le festival a remis mardi soir une Palme d'honneur à Peter Jackson, le réalisateur néo-zélandais de la mythique trilogie du "Seigneur des anneaux" qui n'avait jamais été distingué auparavant sur la Croisette.

"C'est presque miraculeux parce que jamais je n'aurais imaginé que je gagnerais une Palme un jour", a-t-il déclaré en recevant la distinction des mains d'Elijah Wood, qui a incarné pour lui le personnage du hobbit Frodon Sacquet.

"Je ne fais pas des films qui se prêtent à une Palme d'or, donc c'est vraiment une surprise à tous les égards", a ajouté le réalisateur de "King Kong" ou "Bad Taste", aux côtés de la maîtresse de cérémonie, l'actrice française Eye Haïdara, qui a donné une coloration politique à son discours d'ouverture.

Entrée sur scène façon music hall sur la chanson de Claude Nougaro "Sur l'écran noir de tes nuits blanches", l'actrice a tenu à saluer les téléspectateurs partout dans le monde, "enfin, partout où l'internet n'a pas été coupé, partout où l'intelligence artificielle ne s'est pas substituée à la réalité".

Nichée au milieu d'une déclaration d'amour pour le 7e art, cette phrase fait écho aux débats qui traversent le festival cannois autour de ce que le cinéma doit et peut dire face aux tensions et conflits dans le monde.

"Je ne crois pas qu'on devrait séparer l'art de la politique, c'est un concept étrange de vouloir opposer les deux", a déclaré dans l'après-midi le président du jury, le réalisateur sud-coréen, Park Chan-wook, lors d'une conférence de presse.

- "L'IA est là" -

Autre membre du jury, le Britannique Paul Laverty, scénariste fétiche de Ken Loach, a été plus radical en profitant de la tribune cannoise pour dénoncer une époque où "les fous guident les aveugles".

"On voit tellement de violences systématiques, le génocide à Gaza et tous ces conflits horribles", a-t-il déclaré, se lançant ensuite dans une diatribe contre Hollywood, qui a déserté la Croisette cette année.

Sur ce sujet abrasif, le délégué général du festival Thierry Frémaux avait tenté lundi d'esquisser une voie médiane, en assurant qu'on demande "souvent au festival de Cannes d'assumer un rôle, de réfléchir à des questions qui ne le concernent pas directement".

Autre thématique brûlante, le recours à l'intelligence artificielle (IA) traverse lui aussi le festival, qui se pose en rempart contre une technologie qui fait trembler l'industrie du cinéma.

"L’IA est là", a déclaré l'actrice américaine Demi Moore, également membre du jury. "Et la combattre, c’est livrer une bataille que nous perdrons. Chercher des moyens de travailler avec elle me semble donc une voie plus précieuse à suivre".

Mercredi, la course à la Palme d'or débutera avec les premières projections dont "Quelques jours à Nagi" du japonais Koji Fukada, et de "La vie d'une femme" de Charline Bourgeois-Tacquet.


Swatch et Audemars Piguet misent sur un lancement mondial très attendu le 16 mai

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  • Swatch et Audemars Piguet lanceront leur collaboration “Royal Pop” le 16 mai dans plusieurs boutiques du Golfe, avec une forte attente des collectionneurs
  • Inspirée de la légendaire Royal Oak, la collection devrait proposer une version plus accessible et colorée du design iconique d’Audemars Piguet

DUBAÏ : Les passionnés d’horlogerie en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis se préparent à ce qui pourrait devenir l’un des lancements horlogers les plus marquants de l’année, alors que Swatch et Audemars Piguet s’apprêtent à dévoiler leur très attendue collaboration le 16 mai.

Après le succès phénoménal des précédentes collaborations de Swatch, l’attente monte déjà à Dubaï, Abou Dhabi et Riyad, où les collectionneurs devraient faire la queue toute la nuit devant certains magasins dans l’espoir d’obtenir l’une des nouvelles montres « Royal Pop ».

Selon les supports promotionnels publiés sur le site régional de Swatch, les boutiques participantes dans le Golfe incluent notamment Dubai Mall et Mall of the Emirates aux Émirats arabes unis, ainsi que Panorama Mall et Solitaire Mall à Riyad, en Arabie saoudite.

Les visuels de la campagne présentent un graphisme « Royal Pop » aux tons bleus mêlant esthétique inspirée des bandes dessinées et détails évoquant les mécanismes apparents des montres, laissant entrevoir une réinterprétation ludique du légendaire design Royal Oak d’Audemars Piguet.

Ce lancement marque un partenariat rare entre l’un des horlogers les plus prestigieux de Suisse et la marque suisse grand public mondialement connue pour transformer des concepts inspirés du luxe en véritables phénomènes culturels.

Bien que les détails officiels restent limités, les campagnes de teasing diffusées par les deux marques ont déjà alimenté de nombreuses spéculations en ligne, notamment parmi les collectionneurs impatients de découvrir comment l’esthétique iconique de la Royal Oak sera revisitée à travers le concept coloré « Pop » et le matériau Bioceramic propre à Swatch.

La Royal Oak, largement reconnue pour sa lunette octogonale, ses vis apparentes et son bracelet intégré, demeure l’une des montres sport de luxe les plus influentes jamais produites, rendant cette collaboration particulièrement importante pour les jeunes collectionneurs qui n’ont pas accès aux modèles originaux.

Les premiers visuels non officiels laissent penser que la collection pourrait miser sur un style artistique audacieux, avec des couleurs vives et des détails graphiques marqués, même si Swatch et Audemars Piguet n’ont pas encore confirmé les designs définitifs ni le nombre de modèles prévus. Les marques ont toutefois indiqué que cette collaboration ne serait pas lancée sous forme d’édition limitée.

En Arabie saoudite, les collectionneurs devraient également se rassembler dans les boutiques Swatch de Panorama Mall et Solitaire Mall à Riyad, toutes deux apparues cette semaine sur la carte officielle du lancement.

Aux Émirats arabes unis, l’attention devrait se concentrer autour des magasins phares de Swatch à Dubai Mall, Mall of the Emirates et Yas Mall à Abou Dhabi, où les précédents lancements avaient déjà attiré des foules importantes et de longues files d’attente.

Les communautés horlogères sur les réseaux sociaux discutent déjà des potentielles valeurs de revente, des volumes alloués et des stratégies à adopter le jour du lancement.

« Cela pourrait être encore plus important que le lancement de la MoonSwatch », affirme un collectionneur basé à Dubaï. « Tout ce qui touche à AP attire immédiatement l’attention. »

Un autre passionné ajoute : « Ici, les gens adorent les éditions exclusives. Si les stocks sont faibles, les files d’attente commenceront probablement dès la veille au soir. »

Bien que les prix n’aient pas encore été officiellement annoncés, les observateurs du marché s’attendent à ce que la collection se positionne dans le segment du luxe accessible, avec des tarifs bien inférieurs à ceux des montres Audemars Piguet traditionnelles tout en conservant un fort attrait auprès des collectionneurs.

Cette collaboration reflète également une évolution plus large de l’industrie du luxe, où les maisons patrimoniales s’associent de plus en plus à des marques grand public afin de séduire les jeunes générations et de créer un impact culturel mondial.

Pour Audemars Piguet, dont les modèles Royal Oak affichent souvent plusieurs années de liste d’attente et des primes importantes sur le marché secondaire, ce partenariat offre une visibilité accrue auprès d’une nouvelle génération de consommateurs.

Pour Swatch, il s’agit d’une nouvelle opportunité de capitaliser sur l’élan créé par ses précédentes collaborations, qui ont brouillé les frontières entre haute horlogerie et culture streetwear.

À mesure que le lancement approche et que de nouveaux détails devraient être dévoilés, l’enthousiasme continue de grandir dans le monde entier, les collectionneurs se préparant à une sortie majeure susceptible de dominer la scène horlogère régionale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.jp 


Première demi-finale de l'Eurovision, avec Israël

Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. (AFP)
Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. (AFP)
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  • La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce
  • Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque"

VIENNE: Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays.

La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce.

Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque" par le groupe slovène RTV.

Les trois pays ont décidé de ne pas envoyer de candidat en raison de la présence d'Israël à qui ils reprochent la conduite de la guerre à Gaza en représailles à l'attaque le 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol.

Tout comme l'Islande et les Pays-Bas, qui en revanche diffuseront l'événement auquel 35 pays au total prennent part.

Lors de la seconde demi-finale le 14 mai, l'Albanie, le Danemark, l'Arménie, la Roumanie, Chypre, la Suisse, la Norvège, l'Azerbaïdjan, le Luxembourg, Malte, la Bulgarie, l'Australie, l'Ukraine, la République tchèque et la Lettonie tenteront leur chance.

Les points des jurys seront combinés aux résultats d'un vote du public, pour déterminer les dix chansons qualifiées lors de chaque demi-finale.

Ces 20 chansons rejoindront les titres présélectionnés de l'Autriche, gagnante de l'année dernière à Bâle, en Suisse, et qualifiée d'office pour la finale samedi.

La France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni viennent automatiquement compléter le tableau, en raison de leur statut de principaux contributeurs financiers.

Cercueils 

Le député français Thomas Portes (gauche radicale) a aussi évoqué l'Eurovision mardi en conférence de presse à l'Assemblée nationale à Paris.

"Laisser Israël sur la scène de l'Eurovision n'est pas neutre", a-t-il déclaré. "C'est laisser faire, c'est banaliser les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité".

Quelques dizaines de militants propalestiniens ont déposé des cercueils dans le centre de la capitale autrichienne pour protester contre la participation d'Israël.

"Bien sûr, la musique devrait être quelque chose d'universel. La musique devrait rassembler les gens, mais pas de cette manière", a déclaré à l'AFP Karin Spindlberger, une manifestante de 67 ans.

Pour Martin Green, le directeur de l'Eurovision, "c'est très sain que deux points de vue puissent s'exprimer simultanément dans la même ville".

"Chacun respecte l’espace de l’autre, l'Autriche étant un pays qui permet à chacun d'exprimer son point de vue, et je pense qu'elle peut en être très fière", a-t-il déclaré mardi en conférence de presse.

Amichai Chikli, le ministre israélien des Affaires étrangères, s'est inquiété lundi dans un communiqué d'une "forte poussée, coordonnée, de discours antisémites et anti-israéliens autour de l'Eurovision 2026".

"J'ai donné instruction d'élargir la surveillance et les alertes en temps réel", a-t-il ajouté.

Boy George 

Parmi les favoris du concours, le candidat israélien Noam Bettan, chante en hébreu, français et anglais. Sa vidéo a été vue 3,4 millions de fois sur la chaîne YouTube officielle de l'Eurovision, une performance bien au-dessus de la moyenne.

La Finlande et la Grèce devraient aussi passer l'étape de ces demi-finales comme une formalité.

Akylas Mytilineos, le candidat envoyé par Athènes, 27 ans, raconte avoir dû faire de la musique dans la rue pour payer les factures.

Il se définit comme queer et sa chanson, "Ferto", soit "Ramène ça!", est un morceau électro-pop sur la cupidité et la quête de richesse matérielle.

Interrogés par l'AFP dimanche, Linda Lampenius et Pete Parkkonen, les candidats de la Finlande, n'ont pas semblé stressés par leur statut de chouchous des parieurs.

"Le ressenti doit venir du cœur", explique ce duo composé d'une violoniste de 56 ans et d'un chanteur de 36 ans qui fait mouche avec un titre, "Liekinheitin", "Lance-flamme", interprété en finnois.

Boy George, star des années 1980, va faire une apparition lors du passage de la chanteuse Senhit, qui représente Saint-Marin.