La Fed en ordre de bataille pour endiguer l'inflation

La hausse généralisée des prix à la consommation, qui s'avère plus tenace que prévu, pénalise durement les ménages aux Etats-Unis. C'est aussi devenu un obstacle majeur pour le président Joe Biden, qui a promis d'inverser la tendance. (Phote, AFP)
La hausse généralisée des prix à la consommation, qui s'avère plus tenace que prévu, pénalise durement les ménages aux Etats-Unis. C'est aussi devenu un obstacle majeur pour le président Joe Biden, qui a promis d'inverser la tendance. (Phote, AFP)
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

La Fed en ordre de bataille pour endiguer l'inflation

  • La Banque centrale américaine s'est montrée optimiste sur la croissance et annonce le retrait accéléré de son soutien à l'économie
  • Les responsables de l'institution sont unanimes sur la nécessité de relever les taux dès 2022, mais veulent toutefois attendre jusqu'au retour du plein emploi

La Banque centrale américaine s'est montrée optimiste mercredi sur la croissance aux Etats-Unis et a annoncé le retrait accéléré de son soutien à l'économie, se préparant désormais à relever ses taux d'intérêt dès l'année prochaine pour tenter de contenir l'inflation vertigineuse.

La hausse généralisée des prix à la consommation, qui s'avère plus tenace que prévu, pénalise durement les ménages aux Etats-Unis. C'est aussi devenu un obstacle majeur pour le président Joe Biden, qui a promis d'inverser la tendance.

Mais ses marges de manoeuvre sont limitées. La hausse des taux d'intérêt, qui ralentit la demande en augmentant les coûts d'emprunt, est l'outil le plus efficace pour tempérer la poussée inflationniste.

Aussi la Réserve fédérale (Fed) a-t-elle décidé de passer à la vitesse supérieure en avançant de quelques mois la fin de la réduction d'achats d'actifs ("tapering"), condition préalable à la hausse des taux, a-t-elle annoncé mercredi à l'issue de la réunion de deux jours de son comité monétaire, le FOMC.

Cette diminution du soutien monétaire s'achèvera en mars et non en juin, comme prévu initialement.

"Avec des pressions inflationnistes élevées et un marché du travail qui se renforce rapidement, l'économie n'a plus besoin d'augmenter son soutien", a justifié mercredi le président de la Fed Jerome Powell, lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion.

Lorsque les achats seront ramenés à zéro, "il ne devrait pas y avoir besoin (...) de long délai" avant la première hausse des taux, a souligné Jerome Powell, sans donner plus de précision.

Les responsables de l'institution sont désormais unanimes sur la nécessité de relever les taux dès 2022. Une majorité d'entre eux anticipe même jusqu'à trois hausses en 2022.

Ils veulent toutefois maintenir des taux bas jusqu'au retour du plein emploi, ce qui devrait en effet intervenir l'année prochaine, selon leurs nouvelles prévisions. Le taux de chômage devrait tomber à 4,3% cette année et à 3,5% en 2022, comme en février 2020, avant la propagation de la pandémie aux Etats-Unis.

L'institution, qui avait porté secours à l'économie en un temps record au printemps 2020, prend désormais acte qu'il y a urgence à agir alors que l'inflation a atteint 6,8% en novembre en glissement annuel. Du jamais vu depuis juin 1982. C'est aussi très supérieur à sa cible de l'ordre de 2% considérée comme saine pour l'économie.

Mais la Fed avance prudemment, car une remontée brutale des taux d'intérêt pourrait compromettre la croissance déjà ralentie par les variants du Covid-19.

De plus, si la hausse du taux directeur est un outil efficace pour faire reculer l'inflation, son effet n'est pas immédiat. Généralement, l'impact est tangible 6 à 12 mois plus tard.

Et la question est de savoir dans quelle proportion les taux d'intérêt, actuellement compris dans la fourchette de 0% à 0,25%, seront relevés.

Selon les nouvelles projections de la Fed, la croissance américaine s'élèvera en 2021 à 5,5% contre 5,9% projeté en septembre.

Jerome Powell, qui dirigeait sa première réunion monétaire depuis sa reconduction dans ses fonctions par la Maison Blanche, a toutefois dressé le tableau d'une économie américaine à même de supporter ce resserrement monétaire.

"L'activité économique est en passe de se développer à un rythme soutenu cette année, reflétant les progrès en matière de vaccinations (contre le Covid) et la réouverture de l'économie", a-t-il déclaré, ajoutant que "la demande globale reste très forte".

Le variant Omicron, cependant, qui se propage rapidement et a poussé certains pays à réimposer des restrictions, est un risque pour la reprise, a-t-il reconnu.

Le patron de la Fed a ainsi insisté sur la nécessité de faire preuve d'adaptabilité, compte tenu des nombreuses incertitudes.

Y compris l'incertitude politique ambiante. Joe Biden, qui n'a plus la cote dans l'opinion, est accusé par l'opposition républicaine et jusque dans son camp démocrate, d'alimenter l'inflation en injectant trop de liquidités dans l'économie.

En mars dernier, il avait promulgué un plan d'urgence de 1.900 milliards de dollars après plus de 3.600 milliards injectés en 2020.

Mi-novembre, il a signé un plan d'infrastructures de 1.200 milliards. Il pousse désormais pour un plan de réformes sociales et environnementales de quelque 1.800 milliards.

C'est trop, disent les républicains. Ces derniers plans s'étalent sur une décennie, se défend l'administration Biden, qui les qualifie même d'anti-inflationnistes.

Interrogé sur ces différents plans, Jerome Powell a refusé de donner sa position: "nous prenons la politique budgétaire telle qu'elle est et nous ne la commentons pas. (...) Ce n'est pas notre rôle".


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.