Avant la présidentielle en France, «guérilla numérique» autour des annonceurs publicitaires

Les Corsaires de France, militants numériques décidés à s'opposer au collectif Sleeping Giants, qui fait pression sur les marques en dénonçant les publicités placées dans des médias conservateurs et d'extrême droite. (AFP)
Les Corsaires de France, militants numériques décidés à s'opposer au collectif Sleeping Giants, qui fait pression sur les marques en dénonçant les publicités placées dans des médias conservateurs et d'extrême droite. (AFP)
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

Avant la présidentielle en France, «guérilla numérique» autour des annonceurs publicitaires

  • A l'approche de l'élection présidentielle, marquée par l'entrée en lice du candidat d'extrême droite Eric Zemmour, la riposte numérique s'est formée
  • Parmi les «missions» que s'assignent les Corsaires de France: «défendre les marques invectivées» afin de «les soutenir ou les ramener à la raison» et «protéger» tout média

PARIS: Un nouveau front militant s'ouvre avant l'élection présidentielle française avec l'apparition des Corsaires de France, des militants numériques décidés à s'opposer au collectif Sleeping Giants, qui fait pression sur les marques en dénonçant les publicités placées dans des médias conservateurs et d'extrême droite. 


Des affiches au logo stylisé "Les Corsaires" avec pour slogan "Face aux Sleeping Giants à l'abordage" signalent depuis début décembre leur présence dans Paris, indiquant compte Twitter, QR code et site internet.


Les Corsaires se présentent comme une "armada numérique" hostile aux Sleeping Giants, un collectif né aux Etats-Unis qui interpelle sur les réseaux sociaux les annonceurs des médias très à droite ou véhiculant des discours racistes, xénophobes, etc., dans le but d'assécher leurs financements publicitaires.


Actif depuis 2017 en France, le collectif Sleeping Giants, formé après l'élection de Donald Trump, a notamment ciblé depuis le magazine Valeurs actuelles, la chaîne d'informations CNews et les sites d'extrême droite Boulevard Voltaire et Breizh.info, leur occasionnant d'importantes pertes publicitaires.


Suffisamment pour que la société Valmonde et Cie, propriétaire de Valeurs actuelles, porte plainte en juin contre les Sleeping Giants pour "discrimination" devant la justice française.


Cette plainte "a pour objet de dénoncer des faits de discrimination, à raison des opinions politiques, et de nature à entraver l'exercice normal d'une activité économique", expliquait alors l'hebdomadaire sur son site.


A l'approche de l'élection présidentielle, marquée par l'entrée en lice du candidat d'extrême droite Eric Zemmour, ancien polémiste de la chaîne CNews détenue par l'homme d'affaires conservateur Vincent Bolloré, la riposte numérique s'est formée.


Parmi les "missions" que s'assignent les Corsaires de France: "défendre les marques invectivées" afin de "les soutenir ou les ramener à la raison" et "protéger" tout média, "quelle que soit sa ligne de pensée, des attaques et intimidations de groupuscules opposés à leur existence".

Publicitaires et communicants à la manœuvre 
Le site des Corsaires, actifs sur la toile depuis cet automne, témoigne d'une stratégie numérique soigneusement pensée et de codes de communication maîtrisés entre visuels aux formules chocs et à l'esthétique léchée, clip de mobilisation et éléments de langage clés en main.


Ce prêt-à-batailler numérique a été élaboré par "une petite dizaine de têtes pensantes" venues essentiellement de la publicité et des agences de communication, s'appuyant sur au moins 1.400 activistes, selon le porte-parole des Corsaires de France.


Dans ce "scénario de guérilla numérique", ces cyber-militants sont essentiels. Quand les Sleeping Giants interpellent une marque, "dans le quart d'heure qui suit, on alerte une communauté de bénévoles en leur proposant de publier des tweets, dont on automatise la production", détaille ce Corsaire anonyme. 


"Pour un tweet des Sleeping Giants, on a entre 150 et 200 réactions spontanées", ajoute-t-il.


"Ce n'est pas la première tentative d'opérer un contre-feu aux Sleeping Giants. La première avait un peu fait flop et provenait d'individus du même acabit, de droite et droite extrême", affirme à l'AFP Tristan Mendès-France, spécialiste du conspirationnisme, soutien des Sleeping Giants et fondateur de l'initiative Stop Hate Money.


"En général les marques sont reconnaissantes d'apprendre où elles sont affichées", assure Rachel, porte-parole de la branche française du collectif, affirmant que "chaque cible de Sleeping Giants a été condamnée pour racisme".


Sur leur compte Twitter, qui compte 37 000 abonnés, les Sleeping Giants répondent par une rhétorique censément ludique de "chasse au trésor" calquée sur le jeu "Pokemon GO" pour repérer les affiches des Corsaires dans Paris.


Dans cette confrontation cyber-militante, les marques sont "prises entre le marteau et l'enclume", déplore Jean-Luc Chetrit, directeur général de l'Union des marques.


"Ce n'est pas le rôle des marques que de décider de ce qui peut ou pas être diffusé dans des médias", argue le professionnel du marketing. 


Pour Romain Badouard, chercheur à l'Institut français de presse, si ces groupes militants "passent par ce mode d'action, c'est que n'importe quel annonceur peut demander à une régie publicitaire d'exclure un site en particulier de leur affichage de publicité".


Mais "ce que font ces militants, d'un camp comme de l'autre, n'a rien d'illégal: ils prennent des captures d'écran, publient des tweets, prennent à partie des marques", rappelle-t-il.


Difficile de "limiter ces pratiques sans limiter la liberté d'action des militants" ou la "liberté associative", estime ce spécialiste du numérique.


Canicule: Pécresse recommande aux voyageurs de «ne pas se déplacer» et de privilégier le télétravail

Lundi, 49 départements sont placés "en vigilance rouge canicule", un record selon le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre. (AFP)
Lundi, 49 départements sont placés "en vigilance rouge canicule", un record selon le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre. (AFP)
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  • "Nos transports vont énormément souffrir. Ils vont souffrir parce que les rails ne supportent pas une chaleur au-dessus de 50 degrés. Donc on va avoir beaucoup de perturbations dans les transports
  • A 8H00, le site d'IDFM signalait des perturbations sur deux lignes de tramway (T4 et T12), les RER D et E ainsi que la ligne L du Transilien pour des raisons techniques (panne des trains, incidents d'exploitation ou défaillance du matériel)

PARIS: La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a recommandé lundi aux voyageurs "de ne pas se déplacer" et de privilégier le télétravail, en raison des perturbations qui vont affecter les transports franciliens à cause de la canicule.

"Nos transports vont énormément souffrir. Ils vont souffrir parce que les rails ne supportent pas une chaleur au-dessus de 50 degrés. Donc on va avoir beaucoup de perturbations dans les transports", a prévenu sur RTL Mme Pécresse, également présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité régulatrice des transports en région parisienne.

"Il va y avoir des réductions d'offre qui seront malheureusement en fonction des conditions climatiques, de l'état du matériel, de l'état des rails", a-t-elle ajouté, sans donner de détails sur les lignes perturbées.

A 8H00, le site d'IDFM signalait des perturbations sur deux lignes de tramway (T4 et T12), les RER D et E ainsi que la ligne L du Transilien pour des raisons techniques (panne des trains, incidents d'exploitation ou défaillance du matériel).

Pour le RER D, les perturbations sont dues aux "conditions météorologiques", selon IDFM.

Dimanche, IDFM avait annoncé que des suppressions de trains étaient à prévoir, notamment sur les RER B, C, D et E - mais pas pour le RER A -, ainsi que les lignes de Transilien H, J, K, L, N, P, R et U.

"Nous recommandons bien sûr à tous les voyageurs qui peuvent éviter de se déplacer de ne pas le faire. Nous recommandons à tous ceux qui peuvent télétravailler de télétravailler. Et surtout, nous demandons à tous les voyageurs, avant de prendre les transports, de vérifier si leur transport est bien là", a dit Mme Pécresse, qui a aussi évoqué les 130 fontaines à eau déployées sur les réseaux de transport en commun.

"Le problème, c'est que la climatisation dans les transports, c'est une climatisation douce et c'est une climatisation qui n'est pas capable d'absorber les heures de pointe à 40 degrés", a expliqué la présidente d'IDFM.

Interrogé lundi matin sur Franceinfo, le ministre des Transports Philippe Tabarot a nié un manque d'anticipation. "Ce week-end, la grande majorité des trains a circulé, le réseau a tenu", a-t-il souligné.

Pour prévenir les "pannes potentielles de climatisation liées aux très hautes températures", la SNCF supprime depuis jeudi plusieurs trains Intercités (notamment sur la ligne Bordeaux-Marseille ou Paris-Clermont-Ferrand).

Selon M. Tabarot, les problèmes de climatisation sur ces lignes vieillissantes seront résolus à partir de l'été 2027, grâce à l'arrivée de matériel neuf. "Les Intercités sont les lignes où aujourd'hui il y a le plus d'investissements", a-t-il noté.

Lundi, 49 départements sont placés "en vigilance rouge canicule", un record selon le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre.


Canicule: 784 écoles et collèges en France concernés par des aménagements horaires

Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. (AFP)
Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. (AFP)
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  • Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires
  • Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours"

LUCE: Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

Ce chiffre comprend les quelque 150 établissements qui ferment complètement, a précisé le ministère à l'AFP.

Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours".

"On a 57 centres d'examen", sur les 2.300 présents en France, "pour lesquels les autorités académiques ont décidé de décaler les épreuves de lundi après-midi et de mardi après-midi pour certaines d'entre elles à la semaine suivante", a précisé M. Geffray.

Cinq académies sont concernées par des reports d'examens, selon le ministère: Bordeaux, Lyon, Montpellier, Normandie, Poitiers.

Edouard Geffray a fait ces annonces lors de la visite d'un collège à Lucé (Eure-et-Loir), près de Chartres, alors que 53 départements sont en vigilance orange canicule.

L'épisode de chaleur s'annonce "durable et intense", avertit Météo-France. L'organisme prévoit dans son bulletin de 06H00 que la vigilance sera "très probablement encore étendue dans les prochains jours".

Les aménagements horaires des établissements scolaires, ou leur fermeture complète, sont décidés "au niveau local" par les "maires et les préfets", a rappelé le ministre.

Lors de la vague de chaleur de l'année dernière, "2.200 entités scolaires avaient été fermées. On n'est pas sur une situation nouvelle et celle-ci se reproduira pour des années à venir".

"Il faut adapter nos pratiques: c'est pour ça qu'il n'y aura à l'avenir au baccalauréat ou au brevet plus d'épreuves les après-midi", a-t-il souligné.


La canicule s'installe dans la durée, Macron appelle à une «grande vigilance»

Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées. (AFP)
Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées. (AFP)
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  • À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure. L'accueil des élèves reste néanmoins maintenu
  • Alors que l'été ne commence que dimanche, Météo-France, étend à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est"

DIJON: Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées.

Invité sur France 2, le président de la République a incité les Français "à la précaution, à prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables comme des enfants et à bien suivre toutes les préconisations du gouvernement".

Les 40°C ont été atteint à Montmorillon (Vienne), un record pour cette station de MétéoFrance ouverte en 1990. Il a fait plus de 39°C à Tortezais (Allier), Issoudun (Indre) ou Châteaumeillant (Cher).

Alors que l'été ne commence que dimanche, Météo-France, étend à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est".

L'épisode de chaleur s'annonce "étendu, durable et intense", avertit l'organisme. Le "pic caniculaire remarquable" est attendu entre dimanche et mardi, avec des "pointes à 40°C en particulier sur l'Ouest et le Centre".

Jeudi matin, un homme de 30 ans est décédé sur une piste d'athlétisme dans le Val-d'Oise, retrouvé en arrêt cardio-respiratoire.

La préfecture de police a recommandé l'interdiction des événements sportifs en plein air à Paris et petite couronne, citant la chaleur mais aussi l'épisode de pollution à l'ozone qui touche l'Ile-de-France. Pour lutter contre les émissions de polluants, la circulation différenciée est mise en place à partir de vendredi dans une partie de l'agglomération parisienne.

De nombreux pans de la vie courante sont affectés.

La SNCF a supprimé 71 trains Intercités qui devaient circuler de jeudi à lundi, pour "prévenir les pannes potentielles de climatisation", sur les lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Marseille.

Suspension des cours 

La fournaise met à rude épreuve les élèves planchant dans des salles surchauffées pour les épreuves écrites de spécialités du bac, qui se terminent jeudi.

Plusieurs établissements scolaires ont annoncé que les cours seraient aménagés dès jeudi après-midi, a-t-on appris auprès des autorités académiques, de syndicats et de courriers consultés par l'AFP.

Dans l'académie de Poitiers les épreuves de grand oral des élèves de terminales prévues l'après-midi lundi et mardi sont reportées d'une semaine. Deux demi-journées où les écoles resteront fermées à Tours, une décision que la plupart des parents ont découverte en venant chercher leurs enfants.

"C'est une bonne chose. Ma fille était indisposée par la chaleur. Il faisait 36°C dans la classe à 16H00", a déclaré à l'AFP Caroline, dont la fille est en CP. Une autre mère de famille, Ruth, est plus partagée. "Nous sommes au onzième étage d'un ancien bâtiment. Il fait encore plus chaud qu'à l'école".

À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure. L'accueil des élèves reste néanmoins maintenu.

La chaleur met également en péril la populaire Fête de la musique, prévue dimanche. Animations annulées à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Nanterre ou encore Claye-Souilly (Seine-et-Marne), "dans un souci de sécurité pour les artistes, les bénévoles, les agents mobilisés et l'ensemble du public".

Dans un rapport publié jeudi, la Fondation pour le logement des défavorisés rappelle que les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d'été et au phénomène des "logements bouilloires".

"On étouffe", explique Léria, 32 ans, femme au foyer dans les tours Nuage de Nanterre (Hauts-de-Seine). "Avant, c'était l'hiver qui était pourri, on crevait de froid, mais maintenant, j'ai peur quand l'été approche".

C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites.

Le pays subit "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

En Haute-Corse, un incendie sur la commune de Castello-di Rostino, vraisemblablement lié à des travaux de débroussaillage, a parcouru jeudi 64 hectares de végétation.

Si le sud-est de la France est largement épargné par la canicule, le danger de feux oscillera vendredi entre modéré et élevé, selon Météo France.

Dans les Hautes-Alpes, un épisode orageux a provoqué des coulées de boue qui ont causé quelques dégâts, en particulier sur la RN1091 où la circulation a dû être coupée vers le col du Lautaret, avec une réouverture prévue dans la nuit, selon le conseil départemental.