La BCE fait un premier pas vers la sortie de son mode de crise

"Il est difficile de comparer les Etats-Unis et la zone euro ou le Royaume-Uni et la zone euro", a justifié la présidente de la BCE Christine Lagarde, car "ces trois économies sont à des stades complètement différents de leur cycle. Elles ont démarré sur des bases différentes, elles ont eu des soutiens fiscaux différents". (Photo, AFP)
"Il est difficile de comparer les Etats-Unis et la zone euro ou le Royaume-Uni et la zone euro", a justifié la présidente de la BCE Christine Lagarde, car "ces trois économies sont à des stades complètement différents de leur cycle. Elles ont démarré sur des bases différentes, elles ont eu des soutiens fiscaux différents". (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 17 décembre 2021

La BCE fait un premier pas vers la sortie de son mode de crise

  • La gardienne de l'euro continue son cavalier seul à l'heure où d'autres grandes banques centrales, comme la Fed et la Bank of England, resserrent la vis monétaire
  • L'institut de Francfort décide de maintenir les taux bas, mais de réduire son programme d'achats d'actifs urgence pandémie doté d'une enveloppe de 1850 milliards d'euros

Prudence et souplesse : la Banque centrale européenne a annoncé jeudi l'allègement de son dispositif de soutien à l'économie, mais maintient des filets de sécurité et veut rester flexible dans un contexte économique incertain marqué par le variant Omicron et la poussée d'inflation

L'institut présidé par Christine Lagarde continue son cavalier seul à l'heure où d'autres grandes banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d'Angleterre, resserrent la vis monétaire.

A l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs, la BCE a certes confirmé qu'elle allait mettre progressivement fin à son programme d'achats urgence pandémie (PEPP), doté d'une enveloppe de 1850 milliards d'euros.

Mais elle augmentera un autre programme d'achats "classique" après le mois de mars 2022 pour ne pas sevrer trop brutalement l'économie et risquer de durcir les conditions de crédit.

Et les gardiens de l'euro jugent toujours "très improbable" un relèvement des taux d'intérêt l'an prochain, a réaffirmé Mme Lagarde, au moment où la Fed dit envisager trois hausses de taux en 2022.

"Il est difficile de comparer les Etats-Unis et la zone euro ou le Royaume-Uni et la zone euro", a justifié Christine Lagarde, car "ces trois économies sont à des stades complètement différents de leur cycle. Elles ont démarré sur des bases différentes, elles ont eu des soutiens fiscaux différents".

Alors que l'inflation prend une ampleur vertigineuse de l'autre côté de l'Atlantique, la zone euro va connaître un pic du niveau des prix en 2022 puis les voir refluer, prévoit la BCE.

La banque centrale a nettement relevé jeudi ses prévisions d'inflation à 2,6% en 2021 et 3,2% en 2022, à cause de la flambée des prix d'énergie qui a davantage pesé dans le panier, contre respectivement 2,2% et 1,7% lors de la précédente prévision.

Mais l'inflation devrait ensuite se stabiliser à 1,8% en 2023 et 2024, en raison d'une détente attendue sur le marché de l'énergie et de l'offre de composants industriels.

La Banque centrale européenne reste par ailleurs raisonnablement optimiste pour l'activité économique, en dépit des inquiétudes liées à la progression du variant Omicron.

"L'économie de la zone euro continue de se redresser malgré un ralentissement à court terme", lié notamment au retour des restrictions dans de nombreux pays, selon Mme Lagarde.

Ces restrictions "freinent l'activité économique et pèsent sur les perspectives à court terme", pour cet hiver et le début de l'année 2022.

Mais les campagnes de vaccination "se sont accélérées et dans l'ensemble, la société est devenue plus apte à faire face aux vagues de pandémie et aux contraintes qui en découlent", estime la BCE.

En conséquence, elle a abaissé sa prévision de croissance du PIB de la zone euro en 2022 à 4,2% tout en la relevant à 2,9% pour 2023 et 1,6% en 2024.

Robinet de liquidités ouvert au coeur de la crise du Covid pour maintenir un coût de financement raisonnable des Etats de la zone euro, le PEPP va voir ses achats nets de dette diminuer progressivement jusqu'à fin mars. Puis ils s'arrêteront définitivement.

Mais pour ne pas sevrer d'un coup les marchés, la banque centrale a prévu une enveloppe d'achats supplémentaires après mars.

Cette manne monétaire sera ajoutée à l'ancien programme de rachat d'obligations publiques et privées ("APP"), qui sera porté à 40 milliards d'euros par mois au deuxième trimestre 2002, puis à 30 milliards au troisième trimestre, pour revenir à 20 milliards d'euros par mois ensuite, son rythme actuel.

Par ailleurs, la BCE a précisé qu'elle se laisserait une grande souplesse dans les réinvestissements du PEPP, notamment dans les situations à risque. Elle pourra ainsi continuer à acheter de la dette d'Etat grecque, qui n'est pas éligible à l'APP. Elle se réserve aussi le droit de relancer le programme d'urgence si nécessaire.

"Par rapport au virage spectaculaire de la Fed hier et à la hausse des taux de la Banque d'Angleterre aujourd'hui, la Banque centrale européenne reste sur la voie lente", a commenté Holger Schmieding, analyste chez Berenberg.

Car "l’incertitude sur l’avenir des politiques budgétaires en Europe" la force à "rester en toile de fond", selon Ludovic Subran, chef économiste d'Allianz.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.