Chasse à l'homme en Cisjordanie après une attaque ayant tué un colon israélien

Confrontation entre soldats isréeliens et les habitants de Burqah en Cisjordanie. (AFP).
Confrontation entre soldats isréeliens et les habitants de Burqah en Cisjordanie. (AFP).
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Publié le Vendredi 17 décembre 2021

Chasse à l'homme en Cisjordanie après une attaque ayant tué un colon israélien

  • Yehuda Dimentman, 25 ans, a succombé à ses blessures jeudi soir après des tirs contre la voiture dans laquelle il se trouvait
  • Une manifestation anticolonisation y a été émaillée de heurts vendredi, durant lesquels un photographe a été blessé par les forces israéliennes

JERUSALEM: Les forces israéliennes mènent une vaste chasse à l'homme vendredi en Cisjordanie occupée, au lendemain d'une attaque palestinienne ayant tué un colon israélien dans le nord de ce territoire palestinien.


Yehuda Dimentman, 25 ans, a succombé à ses blessures jeudi soir après des tirs contre la voiture dans laquelle il se trouvait. Le conducteur du véhicule et un autre passager ont été légèrement blessés.


L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a indiqué avoir déployé des bataillons supplémentaires et des forces spéciales pour retrouver les assaillants, qu'elle a présentés comme étant palestiniens.


"Nous continuerons d'agir et d'étendre les activités opérationnelles autant que nécessaire. Nous n'arrêterons pas tant que nous n'aurons pas capturé les terroristes", a affirmé le chef de l'armée, le général Aviv Kohavi, qui s'est rendu sur le lieu de l'attaque, d'après un communiqué.


Un porte-parole militaire, Ran Kochav, avait auparavant rapporté l'arrestation la nuit dernière d'"un certain nombre de suspects" et fait état d'une "traque" mobilisant des efforts "physiques, technologiques et de renseignement".


L'attaque a eu lieu près de Homesh, colonie sauvage dans le nord de la Cisjordanie dans laquelle les victimes étudiaient dans une école talmudique. Les assaillants ont tiré depuis le bord de la route sur leur voiture.


Quelque 2 000 personnes ont assisté vendredi à Jérusalem aux funérailles de Yehuda Dimentman, qui habitait dans la colonie de Shavei Shomron, a constaté un journaliste de l'AFP.


"Un juif a été tué pour le simple fait d'être un juif vivant sur sa terre", a écrit sur son compte Twitter le Premier ministre israélien Naftali Bennett qui dirigeait naguère une organisation de colons. Jeudi soir, il avait affirmé que les forces de sécurité retrouveraient "très prochainement" les assaillants.


De son côté, le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a parlé d'une "lutte légitime jusqu'à ce que l'occupant (israélien, NDLR) soit expulsé de toutes les terres palestiniennes et que les colons en soient évincés".

«Urgence»
L'attaque de jeudi soir fait suite à plusieurs autres perpétrées en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est, autre territoire palestinien occupé par Israël. La semaine dernière, une adolescente palestinienne a été arrêtée à Jérusalem-Est à la suite d'une attaque présumée au couteau visant une Israélienne qui vit dans une colonie de son quartier où sa famille est menacée d'éviction.


Une manifestation anticolonisation y a été émaillée de heurts vendredi, durant lesquels un photographe a été blessé par les forces israéliennes, a constaté un journaliste de l'AFP.


L'incident survient également alors que le gouvernement de coalition israélien est divisé sur la question des violences commises par les colons juifs envers les Palestiniens.


Vendredi matin, des colons sont entrés dans le village de Burqa près de Homesh, jetant des pierres contre des maisons, selon un journaliste de l'AFP sur place. Et la police israélienne a indiqué enquêter sur un incident similaire survenu à l'aube dans un autre village du nord de la Cisjordanie, Qaryut, où un Palestinien a dû être hospitalisé après des jets de pierre.


L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, s'est alarmé de "l'escalade de la violence" et estimé dans un communiqué que ces "incidents tragiques" soulignaient "la volatilité de la situation et l'urgence pour les dirigeants politiques, religieux et des communautés de se parler et de rejeter la violence".


La colonisation israélienne, illégale au regard du droit international, s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967. Les colonies sauvages sont les implantations qui n'ont pas reçu d'autorisation du gouvernement israélien.


Plus de 470 000 personnes sont établies dans des colonies israéliennes en Cisjordanie, où vivent 2,8 millions de Palestiniens.


Esplanade des Mosquées: Biden appelle au maintien du statu quo aux côtés du roi de Jordanie

Le président américain Joe Biden rencontre le roi Abdallah II de Jordanie à Washington (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden rencontre le roi Abdallah II de Jordanie à Washington (Photo, AFP).
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  • Joe Biden a ainsi reconnu «le rôle crucial de gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem» joué par la Jordanie
  • Le lieu est administré par la Jordanie mais son accès est contrôlé par les forces de sécurité israéliennes

WASHINGTON: Joe Biden a rappelé jeudi au roi Abdallah II de Jordanie, en visite à Washington, son attachement au statu quo concernant l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, a fait savoir la Maison Blanche.

Lors d'un déjeuner à l'abri des caméras, le président américain a "réaffirmé" auprès du roi et du prince héritier Hussein ben Abdallah "l’amitié proche et durable entre les Etats-Unis et la Jordanie"', selon un communiqué de l’exécutif américain.

Il a, lors de cet entretien, souligné "la nécessité de préserver le statu quo historique" autour de l'esplanade des Mosquées, lieu ultra-sensible appelé Mont du Temple par les juifs et situé dans la Vieille ville de Jérusalem.

En vertu de ces règles, les non-musulmans peuvent se rendre sur le site à des heures précises mais sans y prier - une règle de moins en moins suivie par certains juifs nationalistes qui y prient subrepticement.

Le lieu est administré par la Jordanie mais son accès est contrôlé par les forces de sécurité israéliennes.

Joe Biden a ainsi reconnu "le rôle crucial de gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem" joué par la Jordanie, a ajouté la Maison Blanche dans un communiqué.

A un moment de fortes tensions dans la région, le président démocrate a réitéré la position américaine "de soutien fort pour une solution à deux Etats", saluant le rôle du roi Abdallah II et de son pays "comme point de stabilité au Moyen-Orient."


Maroc: Un an après la mort du petit Rayan, ses parents accueillent un nouveau-né

Des milliers de sympathisants avaient accouru en signe de solidarité et campé sur le lieu du drame, dans cette zone montagneuse et difficile d'accès du Rif (Photo, AFP).
Des milliers de sympathisants avaient accouru en signe de solidarité et campé sur le lieu du drame, dans cette zone montagneuse et difficile d'accès du Rif (Photo, AFP).
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  • Un an après le drame qui avait ému le monde entier, les parents du petit Rayan ont accueilli un nouveau-né
  • Le 1er février 2022, Rayan, un petit garçon de 5 ans, était tombé accidentellement au fond d'un puits exigu

RABAT: Les parents du petit Rayan, un garçonnet marocain mort coincé au fond d'un puits profond dans le nord du Maroc, ont accueilli un nouveau-né un an après ce drame qui avait ému le monde entier, selon les médias locaux.

"Hier c'était l'anniversaire du drame de Rayan et aujourd'hui nous avons eu un enfant. Dieu reprend et Dieu donne", a déclaré jeudi à la chaîne web populaire Chouf TV Soumia Khachich, dans une maternité de Tétouan (nord du Maroc).

Le 1er février 2022, Rayan, un petit garçon de 5 ans, était tombé accidentellement au fond d'un puits exigu, profond de 32 mètres, creusé près de la résidence familiale dans le village d'Ighrane, dans la province septentrionale de Chefchaouen.

Des milliers de sympathisants avaient accouru en signe de solidarité et campé sur place, dans cette zone montagneuse et difficile d'accès du Rif, située à près de 700 mètres d'altitude.

Il avait été extrait cinq jours plus tard sans vie, malgré les efforts acharnés des sauveteurs dont la course contre la montre avait été suivie en direct par des millions d'internautes.

Son sort, au début incertain, avait provoqué une émotion médiatique considérable, amplifiée par les réseaux sociaux, au Maroc comme dans le monde entier, du Maghreb jusqu'en Irak, au Yémen, en France ou aux États-Unis, dans toutes les langues.

"Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis heureux", a simplement réagi le père du garçon devant des médias.

En revanche, les parents n'ont pas voulu prénommer le bébé "Rayan".

"Rayan est mort, que Dieu ait son âme, je ne peux pas donner ce prénom au nouveau-né", a expliqué le père.

La maman se porte bien, a précisé le site d'information Hespress.


Accord entre le Soudan et Israël pour une «normalisation» de leurs liens

Le drapeau national israélien à Jérusalem et le drapeau national soudanais à Khartoum (Photo, AFP).
Le drapeau national israélien à Jérusalem et le drapeau national soudanais à Khartoum (Photo, AFP).
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  • Un traité de paix entre le Soudan et Israël sera signé après le transfert du pouvoir au Soudan à un gouvernement civil
  • Le pays avait ainsi rompu avec la position inflexible de Béchir, grand ennemi de l'Etat hébreu

KHARTOUM: Le Soudan et Israël se sont mis d'accord jeudi pour la "normalisation" de leurs relations et un "traité de paix", lors de la première visite officielle du ministre israélien des Affaires étrangères à Khartoum.

Au cours de ce "voyage politique historique", selon les termes de la diplomatie israélienne, les deux pays se sont "mis d'accord pour avancer vers une normalisation des relations", a affirmé le ministère soudanais des Affaires étrangères.

"Un traité de paix entre le Soudan et Israël" sera signé "après le transfert du pouvoir au Soudan à un gouvernement civil qui sera établi dans le cadre du processus de transition en cours dans le pays", a indiqué le ministre israélien des Affaires étrangères Eli Cohen, une fois de retour en Israël.

Après la chute en 2019 du dictateur Omar el-Béchir, civils et militaires se sont partagé le pouvoir au Soudan jusqu'au 25 octobre 2021, date à laquelle le général Abdel Fattah al-Burhane a pris le pouvoir après un coup d'Etat.

La transition démocratique est depuis interrompue et le dialogue politique dans l'impasse, et la répression exercée par les forces de l'ordre a tué plus de 120 militants opposés au putsch.

M. Cohen a rencontré dans la capitale soudanaise le général Burhane, chef de facto du pays depuis le putsch, et le ministre nommé par ce dernier à la tête de la diplomatie, Ali al-Sidiq.

En janvier 2021, le Soudan avait exprimé son adhésion aux accords d'Abraham, par lesquels trois autres Etat arabes ont reconnu Israël, alors que civils et militaires se partageaient encore le pouvoir au Soudan.

Le pays avait ainsi rompu avec la position inflexible de Béchir, grand ennemi de l'Etat hébreu et longtemps proche du mouvement palestinien Hamas.

Avec ces accords, Khartoum, au ban de la communauté internationale durant un long embargo sous Béchir, avait obtenu une aide financière des Etats-Unis, quelques semaines après son retrait de la liste américaine des Etats accusés de financer le terrorisme.

«Relations fructueuses»
Contrairement aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Maroc, le Soudan n'a toutefois pas fait suivre l'accord jusqu'ici de mesures concrètes pour approfondir les liens.

Et la ratification formelle par des institutions élues n'a toujours pas eu lieu, le pays nageant en plein marasme politique.

Le putsch a aussi provoqué le naufrage économique du Soudan, la communauté internationale ayant alors interrompu son aide de deux milliards de dollars annuels, une manne précieuse pour ce pays, l'un des plus pauvres au monde.

Selon le Conseil souverain soudanais, présidé par le général Burhane, ce dernier et M. Cohen ont discuté des "moyens d'établir des relations fructueuses" et des "projets possibles de coopération" dans des domaines aussi variés que la sécurité, l'agriculture, l'énergie, la santé, l'eau et l'éducation.

"Israël oeuvrera après la signature (du traité de paix, NDLR) pour aider les efforts de développement du Soudan dans les domaines de l'agriculture, de l'eau, de la médecine", a confirmé M. Cohen. "La signature d'un accord de paix servira les deux pays, elle renforcera la sécurité nationale d'Israël, la stabilité régionale et contribuera à l'économie."

"Nous mettons un terme à 75 ans d'hostilité avec Israël, s'est réjoui M. Cohen.

En octobre 2021, dès son tout premier discours, quelques heures après son coup d'Etat, le général Burhane avait assuré que son pays resterait lié par les accords internationaux qu'il avait signés.

En novembre, il avait ainsi envoyé un message de félicitations au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui venait de remporter les législatives avec ses alliés d'extrême droite et ultra-orthodoxes.

Autre pays africain, le Tchad a inauguré jeudi une ambassade en Israël, quatre ans après la reprise des relations diplomatiques entre les deux Etats.

Benjamin Netanyahou, qui a participé à l'inauguration de l'ambassade à Ramat Gan près de Tel-Aviv, avec le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, a salué "un moment historique", d'après son bureau.