Moscou présente ses exigences pour limiter l'influence de l'Otan et des Etats-Unis

Le président Vladimir Poutine avait déjà appelé mardi à des négociations "immédiates" sur les garanties à apporter à la Russie pour sa sécurité. Début décembre, il avait aussi réclamé à son homologue américain Joe Biden de telles garanties juridiques. (Photo, AFP)
Le président Vladimir Poutine avait déjà appelé mardi à des négociations "immédiates" sur les garanties à apporter à la Russie pour sa sécurité. Début décembre, il avait aussi réclamé à son homologue américain Joe Biden de telles garanties juridiques. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 18 décembre 2021

Moscou présente ses exigences pour limiter l'influence de l'Otan et des Etats-Unis

  • La Russie a dévoilé vendredi des propositions de traités pour limiter l'influence occidentale dans son voisinage, les Etats-Unis se sont dits prêts à discuter, en consultation avec les Européens
  • Les USA, l'Otan et l'UE accusent Moscou d'avoir massé des dizaines de milliers de militaires aux frontières de l'Ukraine en vue d'une éventuelle invasion et menacent la Russie de sanctions sans précédent

La Russie a dévoilé vendredi des propositions de traités pour limiter radicalement l'influence américaine et de l'Otan dans son voisinage, dont les Etats-Unis se sont dits prêts à discuter, en consultation avec les Européens.

Ces documents sont publiés sur fond de crispations russo-occidentales croissantes autour de l'Ukraine, pays voisin de la Russie. Américains et Européens accusent Moscou d'y préparer une offensive militaire.

Réagissant à ces propositions, la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a affirmé qu'il n'y aurait "pas de discussions sur la sécurité européenne sans nos alliés et partenaires européens".

Les Etats-Unis sont "prêts à discuter" de ces documents même s'ils comprennent "certaines choses que les Russes savent inacceptables", a déclaré à la presse un haut responsable américain.

Mais "s'il y a une agression de plus en Ukraine, cela aura des conséquences massives, massives, et cela coûtera très cher", a ajouté ce haut responsable ayant requis l'anonymat.

Les deux textes présentés vendredi par Moscou prévoient notamment d'interdire tout élargissement de l'Otan et l'établissement de bases militaires américaines dans les pays de l'ex-espace soviétique.

Il est inhabituel pour des diplomates de présenter publiquement ce type de documents de travail, la discrétion permettant généralement de donner une latitude nécessaire aux négociateurs.

"Il est essentiel que les garanties de sécurité pour la Russie soient couchées sur le papier et aient force de droit", a souligné Sergueï Riabkov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, présentant à la presse ces textes.

Il a également proposé l'ouverture de négociations dès "samedi 18 décembre", souhaitant qu'elles aient lieu à Genève.

Le haut responsable américain a cependant indiqué que les Etats-Unis présenteraient "la semaine prochaine une proposition plus concrète" sur le format des discussions, après avoir consulté leurs alliés européens.

"Nous réfléchissons à la façon de faire ça de façon à ce que les pays concernés soient à la table des négociations", a-t-il expliqué.

Les deux documents comptent respectivement neuf et huit articles et tiennent chacun en quatre pages.

Selon M. Riabkov, ils doivent rétablir une coopération russo-occidentale en l'"absence totale de confiance" mutuelle et compte tenu de la politique "agressive" de l'Otan "dans le voisinage de la Russie".

Le responsable russe a jugé qu'il s'agissait de "relancer la relation à partir d'une page blanche".

Le président Vladimir Poutine avait déjà appelé mardi à des négociations "immédiates" sur les garanties à apporter à la Russie pour sa sécurité. Début décembre, il avait aussi réclamé à son homologue américain Joe Biden de telles garanties juridiques.

Les propositions de traités interdiraient aux Etats-Unis d'établir des bases militaires dans tous les pays d'ex-URSS non-membres de l'Otan, d'y utiliser les infrastructures "pour toute activité militaire" et même de "développer une coopération militaire bilatérale" avec ces Etats.

Tous les membres de l'Alliance atlantique s'engageraient à ne jamais élargir l'Otan et à ne mener aucune "activité militaire sur le territoire de l'Ukraine et dans d'autres pays d'Europe de l'Est, du Caucase du Sud et d'Asie centrale".

Mme Psaki a toutefois écarté vendredi tout "compromis" sur "le fait que tous les pays ont le droit de décider de leur propre avenir et de leur politique étrangère sans être soumis à une influence extérieure".

Un élargissement à d'ex-pays soviétiques est une ligne rouge pour la Russie, or l'Ukraine et la Géorgie sont candidates à une entrée dans l'Otan.

L'expert russe Konstantin Kalatchev, interrogé par l'AFP, a toutefois estimé que les propositions présentées vendredi étaient "irréalistes". "Les Américains vont les percevoir comme un tour de propagande, un coup de com' pour détourner l'attention des actions de Moscou vers celles de l'Otan", a-t-il estimé.

"Pour la Russie, il est important de montrer que la menace ne vient pas d'elle et qu'elle n'a pas l'intention d'attaquer l'Ukraine ou de commencer une guerre avec les Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Moscou a annexé la Crimée ukrainienne et est largement vu comme le parrain de séparatistes prorusses dans l'Est ukrainien, où un conflit civil a fait quelque 13000 morts depuis 2014. La Russie a aussi vaincu la Géorgie dans une courte guerre en 2008.

Les Occidentaux ont refusé de fermer la porte de l'Otan à ces deux pays, mais ils ont également de facto gelé le processus d'adhésion.

Washington, l'Otan et l'Union européenne accusent Moscou d'avoir massé des dizaines de milliers de militaires aux frontières de l'Ukraine ces dernières semaines en vue d'une éventuelle invasion et menacent la Russie de sanctions sans précédent.

Le Kremlin rejette ces accusations et se dit menacé par l'Otan qui arme Kiev et accroît sa présence militaire dans la région de la mer Noire.

Washington ne juge cependant pas une invasion russe de l'Ukraine imminente. L'analyse du gouvernement américain est que M. Poutine "n'a pas encore pris sa décision", a déclaré à la presse le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.