Pourquoi les anticorps ne sont pas la seule défense contre Omicron

À cause du grand nombre de mutations sur la protéine spike chez Omicron, ce variant peut plus facilement échapper aux anticorps neutralisants, développés par un vaccin ou une infection passée. (Photo, AFP)
À cause du grand nombre de mutations sur la protéine spike chez Omicron, ce variant peut plus facilement échapper aux anticorps neutralisants, développés par un vaccin ou une infection passée. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 18 décembre 2021

Pourquoi les anticorps ne sont pas la seule défense contre Omicron

  • Pour lutter contre le virus, les anticorps s'attachent à la pointe de sa protéine spike, l'empêchant de l'utiliser pour pénétrer dans les cellules
  • Mais ils ne sont pas les seuls à combattre

WASHINGTON : Depuis le début de la lutte contre la Covid-19, un composant clé du système immunitaire a été placé sur le devant de la scène: les anticorps.

Ces protéines en forme de Y ont récemment refait les gros titres, car les anticorps générés par les vaccins ne sont pas aussi efficaces contre le variant Omicron que contre les précédentes versions du virus -- du moins pas sans une dose de rappel.

Pour lutter contre le virus, les anticorps s'attachent à la pointe de sa protéine spike, l'empêchant de l'utiliser pour pénétrer dans les cellules et ainsi rendre une personne malade.

Mais ils ne sont pas les seuls à combattre. En réalité, il s'agit d'"une réponse complexe et coordonnée, vraiment belle du point de vue de l'évolution", selon l'immunologue d'Harvard Roger Shapiro.

«Tapis de bombes»

Dans les minutes et les heures suivant l'intrusion du virus, des protéines sonnent l'alarme afin de recruter les gros bras du système immunitaire dit "inné".

Les premiers à entrer en action sont les neutrophiles, qui constituent 50 à 70% des globules blancs, et sont prompts à partir au combat mais aussi à mourir.

D'autres globules blancs, les macrophages, avalent les pathogènes et en rejettent de petites parties pour entraîner d'autres collègues plus affutés: ceux qu'on appelle de façon menaçante les cellules tueuses naturelles, et les cellules dendritiques, chargées de rassembler des informations.

"C'est comme tapisser la zone de bombes, en espérant faire autant de dégâts que possible chez l'envahisseur", compare John Wherry, immunologue à l'université de Pennsylvanie. "Et en même temps appeler le quartier général pour que les unités spécialisées se préparent."

Lymphocytes B et T: espions et assassins

Si l'assaillant n'est pas repoussé, le système immunitaire adaptatif entre en jeu.

Quelques jours après l'infection, les lymphocytes B ont identifié la menace et commencent à produire des anticorps.

La vaccination permet également d'entraîner en amont les lymphocytes B -- surtout à l'intérieur des ganglions de l'aisselle, près de l'endroit de la piqûre -- afin qu'ils se tiennent prêts.

Roger Shapiro les compare à des agents du renseignement, détenant des informations cruciales sur l'ennemi.

Le type d'anticorps le plus puissant, appelé "neutralisants", sont comme du chewing-gum placé au bout d'une clé: ils empêchent le virus de déverrouiller la porte de nos cellules.

D'autres types d'anticorps ne collent pas aussi bien, mais aident malgré tout en redirigeant le virus vers des cellules du système immunitaire, ou appelant à l'aide pour intensifier la réponse.

Partenaires clés des lymphocytes B, les lymphocytes T peuvent quant à eux être divisés en deux grandes catégories: les "auxiliaires" et les "tueurs", dits cytotoxiques.

Ces derniers "sont comme des assassins, ils attaquent les cellules qui sont infectées", explique Roger Shapiro. Mais ces assassins infligent aussi des dommages collatéraux.

Les auxiliaires jouent eux le rôle de "généraux", poursuit l'expert, rassemblant les troupes et les dirigeant vers l'ennemi, tout en encourageant les lymphocytes B à augmenter leur production d'anticorps.

Empêcher les cas graves

À cause du grand nombre de mutations sur la protéine spike chez Omicron, ce variant peut plus facilement échapper aux anticorps neutralisants, développés par un vaccin ou une infection passée.

La mauvaise nouvelle est que cela rend davantage susceptible de tomber malade. La bonne, c'est qu'il est plus difficile de tromper les lymphocytes T.

Ces derniers peuvent identifier, à l'intérieur des cellules infectées, les différentes composantes du virus durant son cycle de réplication, détaille John Wherry.

Ils sont donc bien meilleurs pour reconnaître l'adversaire, même si le déguisement enfilé par le virus lui permet de passer inaperçu auprès des anticorps.

Les lymphocytes T "tueurs" conduisent des missions commando, en creusant un trou dans les cellules et les faisant éclater, déclenchant des réactions qui permettent d'inclure dans la lutte des protéines inflammatoires, appelées cytokines.

En fonction de la rapidité de la réponse immunitaire, une personne vaccinée mais tombant malgré tout malade peut développer des symptômes légers similaires à un rhume, ou modérés comme une grippe. Mais le risque de développer un cas grave de la maladie est drastiquement réduit.

Ce qui n'empêche pas qu'une dose de rappel soit utile: elle fait monter en flèche la production de tous les types d'anticorps, et entraîne encore davantage les lymphocytes B et T.

"Omicron est inquiétant mais le verre est encore à moitié plein", positive John Wherry. "Il ne va pas totalement échapper à notre réponse immunitaire."


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.