David Frost, négociateur du Brexit qui lâche Boris Johnson en pleine tempête

Choisi par Boris Johnson comme «sherpa» peu après son arrivée au pouvoir en juillet 2019, David Frost est devenu le négociateur en chef des discussions commerciales avec l'UE conclues en un temps record le 24 décembre 2020 après avoir aidé à finaliser l'accord de divorce. (AFP)
Choisi par Boris Johnson comme «sherpa» peu après son arrivée au pouvoir en juillet 2019, David Frost est devenu le négociateur en chef des discussions commerciales avec l'UE conclues en un temps record le 24 décembre 2020 après avoir aidé à finaliser l'accord de divorce. (AFP)
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Publié le Dimanche 19 décembre 2021

David Frost, négociateur du Brexit qui lâche Boris Johnson en pleine tempête

  • Personnage aussi redoutable que discret, David Frost, 56 ans, était un allié précieux du Premier ministre britannique, ce qui rend pour Boris Johnson son départ particulièrement dommageable
  • «J'espère que nous pourrons aller aussi vite que possible là où nous devons aller: une économie d'entrepreneurs, peu réglementée et peu taxée»

LONDRES: Ancien diplomate, David Frost, qui a annoncé samedi soir sa démission du gouvernement britannique de Boris Johnson, est l'un des artisans de l'accord de Brexit et s'est illustré comme un âpre négociateur face à l'Union européenne.


Personnage aussi redoutable que discret, David Frost, 56 ans, était un allié précieux du Premier ministre britannique, ce qui rend pour Boris Johnson son départ particulièrement dommageable.


Libéral convaincu, David Frost a reproché à Boris Johnson de s'être écarté de ces valeurs en augmentant les impôts et en réintroduisant certaines restrictions face à l'explosion du nombre de cas de Covid-19 due au variant Omicron.


"J'espère que nous pourrons aller aussi vite que possible là où nous devons aller: une économie d'entrepreneurs, peu réglementée et peu taxée", a-t-il écrit dans sa lettre de démission, espérant que le Royaume-Uni ne soit "pas tenté par les mesures coercitives que nous avons vues ailleurs" face à la pandémie.


Son départ revêt également une dimension personnelle pour Boris Johnson, qui avait déclaré qu'il n'y a pas l'épaisseur d'une "feuille de papier à cigarette" entre eux.


Choisi par Boris Johnson comme "sherpa" peu après son arrivée au pouvoir en juillet 2019, David Frost est devenu le négociateur en chef des discussions commerciales avec l'UE conclues en un temps record le 24 décembre 2020 après avoir aidé à finaliser l'accord de divorce.


Membre du gouvernement depuis mars en tant que secrétaire d'Etat chargé du Brexit alors qu'il n'est pas député mais membre non-élu de la chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique, il a notamment bataillé avec l'Union européenne au sujet de l'application des controversées dispositions douanières spécifiques à l'Irlande du Nord.


Si les négociations en cours avec l'UE n'ont pas été invoquées par David Frost dans sa lettre de démission, celle-ci intervient alors que le gouvernement a semblé dernièrement se montrer plus conciliant avec les Européens, après des mois passés à menacer de suspendre certaines parties du protocole en activant son mécanisme de sauvegarde.

«Joyeuse Angleterre»
Diplomate de carrière, il a travaillé à Bruxelles dans les années 1990 et a été ambassadeur au Danemark de 2006 à 2008. Il a aussi dirigé la Scotch Whisky Association (SWA) et a été brièvement directeur général de la Chambre d'industrie et de commerce de Londres.


Né à Derby, dans le centre de l'Angleterre, le 21 février 1965, il a fait des études d'histoire européenne et de français à l'université d'Oxford.


Il est devenu un critique acerbe de l'Union européenne après avoir été jeune diplomate en poste à Bruxelles, à l'époque où Boris Johnson y était correspondant pour le Daily Telegraph.


Mais leur proximité idéologique a semblé se craqueler ces dernières semaines, au point d'éclater au grand jour dans un discours donné par David Frost en novembre.


"La formule du succès pour un pays est bien connue: des impôts faibles, une réglementation par petites touches et proportionnée", a-t-il déclaré devant le cercle de réflexion Centre for Policy, peu après l'annonce de hausses d'impôt par le gouvernement.


Il insistait aussi sur "les libertés individuelles et la responsabilité", se disant "très heureux que le Royaume-Uni libre, ou au moins la joyeuse Angleterre, soit probablement le pays au monde le plus libre par rapport aux restrictions anti-Covid. Pas de règle sur le masque, pas de passeport vaccinal, que cette situation demeure".


Le gouvernement a réintroduit la semaine dernière des mesures parmi lesquelles le port du masque et le passeport vaccinal pour les grands événements.


David Frost est marié avec Harriet Matthews, ancienne ambassadrice britannique en Somalie, après avoir divorcé de sa première épouse, une soliste d'opéra, en 2018.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com