Un diplomate de l’UE visite un foyer menacé d’expulsion à Sheikh Jarrah

Fatima Salem (C) se tient aux côtés de Sven Kuhn von Burgsdorff, représentant de l’UE en Cisjordanie et dans la bande de Gaza (D), qui s’adresse aux médias lors de sa visite à Sheikh Jarrah, le 20 décembre 2021. (AFP)
Fatima Salem (C) se tient aux côtés de Sven Kuhn von Burgsdorff, représentant de l’UE en Cisjordanie et dans la bande de Gaza (D), qui s’adresse aux médias lors de sa visite à Sheikh Jarrah, le 20 décembre 2021. (AFP)
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Publié le Mardi 21 décembre 2021

Un diplomate de l’UE visite un foyer menacé d’expulsion à Sheikh Jarrah

  • Fatmeh Salem, 69 ans, affirme qu’elle paye son loyer au gouvernement jordanien depuis les années 1950
  • D’après un site web de l'opposition israélienne, le maire adjoint de Jérusalem serait impliqué dans les expulsions des Palestiniens

AMMAN: Le représentant de l'UE en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, Sven Kuhn von Burgsorff, s'est rendu au domicile de la famille Salem, actuellement menacée d'expulsion.

Le fonctionnaire européen a lancé un appel public fort, demandant à Israël d'annuler l'expulsion. «Comment est-il possible qu'une famille soit expulsée à Noël, en plein hiver ?» a-t-il demandé.

La délégation de l'UE a publié une photo sur Twitter, avec la légende suivante: «Les membres de la famille Nassar continuent de se rassembler sur leur terre dans le quartier de #SheikhJarrah dans la partie occupée de #Jérusalem, après que les colons israéliens ont placé des fils barbelés autour du terrain pour tenter de s'en emparer. #Sauvons Sheikh Jarrah.»

Israël mène une campagne concertée pour s'emparer d'un maximum de maisons dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est occupée, afin d'en faire une zone juive.

Fatmeh Salem, 69 ans, qui est née dans cette maison et y a vécu toute sa vie, affirme qu’elle paye le loyer au gouvernement jordanien depuis les années 1950.

Le 19 décembre, le site d'opposition israélienne Plus972 a raconté en détail ce qui s'était passé lorsque son reporter avait rendu visite à la famille Salem à Sheikh Jarrah au début du mois.

«Fatmeh était chez elle quand elle a entendu quelqu’un frapper à sa porte la semaine dernière», rapporte le journaliste. «Elle a ouvert et a vu le maire adjoint de Jérusalem, Aryeh King. Il avait un téléphone en main et la filmait.»

«À côté de lui se tenait Yosef – membres de la municipalité et second fonctionnaire de King – qui prétendait avoir acheté les droits au terrain à une famille juive qui vivait dans la maison avant 1948.»

«'C'est ma maison', a déclaré le fonctionnaire en lui remettant un avis d'expulsion. 'Vous êtes sérieux ?' a-t-elle demandé.» 

«'Oui, c’est notre maison et nous allons la récupérer', a répondu Yosef.»

Le journaliste de Plus972 a poursuivi: «Notre conversation a été interrompue par du bruit venant de l'extérieur. De jeunes Juifs anglophones sont arrivés avec des poteaux de clôture en métal. Fatma (Fatmeh) est aussitôt sortie de chez elle pour leur faire face: 'Qu'est-ce que vous faites ?' a-t-elle demandé, alors qu'ils commençaient à clôturer une parcelle de terrain adjacente à la maison de Fatma, qui sert actuellement de parking à deux résidents du quartier, ainsi qu'à un colon qui s'est installé à Sheikh Jarrah il y a deux ans.»

«Des Palestiniens sont arrivés et une altercation verbale a éclaté. 'Comment je vais faire pour entrer dans ma maison ? Pourquoi vous faites ça ?' leur a crié Fatma.»

 «L’homme qui s’est chargé de clôturer la parcelle était Haim Silberstein, l’un des associés d’Aryeh King. Il portait un costume et a demandé de ne pas être filmé.»

 «La police est ensuite arrivée et, lorsqu’elle a vu les documents juridiques qui prouvent que les colons n’ont pas le droit de construire la clôture, elle a ordonné que l’on arrête la construction.»

Fatmeh a dit au reporter de Plus972: «C’est le début de l’expulsion.»

Une heure plus tard, King est retourné chez elle, raconte le journaliste.

«Il s’est adressé à la famille et a dit: 'Il y aura bientôt un quartier de Juifs ici, Dieu soit loué'. Il a ensuite cité les noms des anciens quartiers palestiniens à Jérusalem qu’il avait contribué à judaïser», a enchaîné le reporter.

La dernière expulsion à Sheikh Jarrah a eu lieu en 2017 et a touché les membres de la famille Shamanseh.

À l’époque, Aryeh King était, semble-t-il, directement impliqué dans l’expulsion, à travers son organisation, le Fonds pour les Terres d’Israël, qui a participé à l’appropriation de la maison des Shamanseh.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.