Sanctions américaines contre l'Iran: la justice de l'UE précise les modalités d'application

Telekom, filiale du géant allemand Deutsche Telekom qui réalise la moitié de ses ventes aux Etats-Unis, avait décidé de résilier, avant leur expiration, la totalité des contrats commerciaux la liant à la banque iranienne (à laquelle elle fournissait des services télécoms). (Photo, AFP)
Telekom, filiale du géant allemand Deutsche Telekom qui réalise la moitié de ses ventes aux Etats-Unis, avait décidé de résilier, avant leur expiration, la totalité des contrats commerciaux la liant à la banque iranienne (à laquelle elle fournissait des services télécoms). (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 21 décembre 2021

Sanctions américaines contre l'Iran: la justice de l'UE précise les modalités d'application

  • L'application de ces sanctions peut être contestée en justice, comme l'a fait la banque iranienne Melli (BMI) en Allemagne en s'appuyant sur un règlement de l'UE qui prévoit une interdiction de principe de les mettre en oeuvre
  • Dans un tel scénario, le juge national doit envisager le risque des pertes encourues par l'entreprise de l'UE qui ne se conformerait pas à ces sanctions

LUXEMBOURG : La justice de l'UE a précisé mardi le cadre dans lequel les tribunaux nationaux doivent apprécier les litiges découlant de l'application, sur le territoire des Vingt-Sept, des sanctions extraterritoriales américaines contre l'Iran.

L'application de ces sanctions peut être contestée en justice, comme l'a fait la banque iranienne Melli (BMI) en Allemagne en s'appuyant sur un règlement de l'UE qui prévoit une interdiction de principe de les mettre en oeuvre.

Mais dans un tel scénario, le juge national doit envisager le risque des pertes encourues par l'entreprise de l'UE qui ne se conformerait pas à ces sanctions: Il ne peut être question de "violer la liberté d'entreprise (...) en entraînant pour celle-ci des pertes économiques disproportionnées", a expliqué dans un communiqué la Cour de justice de l'UE.

Ce litige, pour lequel un tribunal allemand a demandé un éclairage à la CJUE --sous la forme d'une question préjudicielle--, est une conséquence du retrait unilatéral des Etats-Unis, en 2018, de l'accord international sur le nucléaire iranien signé trois ans plus tôt. 

Après ce retrait, Washington a réintroduit des sanctions consistant notamment à interdire d'avoir des relations commerciales, en dehors du territoire des USA, avec un certain nombre d'entités iraniennes, dont BMI.

Telekom, filiale du géant allemand Deutsche Telekom qui réalise la moitié de ses ventes aux Etats-Unis, a alors décidé de résilier, avant leur expiration, la totalité des contrats commerciaux la liant à la banque iranienne (à laquelle elle fournissait des services télécoms).

Résultat: la banque Melli s'est tournée vers les tribunaux allemands pour faire valoir ses droits, en s'appuyant sur le règlement européen relatif aux sanctions américaines. Il prévoit que ces sanctions extraterritoriales ne peuvent être appliquées sur le territoire de l'UE, sauf avis contraire de la Commission européenne. Un avis que BMI reproche à Telekom de ne pas avoir demandé à Bruxelles avant les résiliations.

En définitive, dans son arrêt rendu mardi, la CJUE ne dit pas que BMI a eu raison de se plaindre, ni, à l'inverse, que Telekom avait le droit de résilier les contrats sans autorisation de la Commission.

Mais la juridiction établie à Luxembourg renvoie l'affaire au juge allemand avec un avis susceptible de mieux le guider dans sa décision, a expliqué une source à la CJUE.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.