Crash du vol MH17: perpétuité requise contre les suspects

Short Url
Publié le Jeudi 23 décembre 2021

Crash du vol MH17: perpétuité requise contre les suspects

  • Une équipe internationale d'enquêteurs affirme que l'avion a été abattu au-dessus de la zone de conflit armé par un missile acheminé depuis une base militaire russe
  • Le tribunal de Schiphol, près d'Amsterdam, est situé à quelques encablures de l'aéroport d'où le Boeing au destin tragique avait décollé le 17 juillet 2014

Les procureurs néerlandais ont requis mercredi la prison à vie contre les quatre hommes poursuivis pour le crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines qui survolait l'est de l'Ukraine en 2014, les accusant du meurtre des 298 personnes à son bord.

"Nous demandons que les suspects Guirkine, Doubinski, Poulatov et Khartchenko, chacun pour leur responsabilité dans le crash d'un avion ayant causé la mort et le meurtre de 298 personnes, soient condamnés à la prison à vie", la peine maximale, a déclaré aux juges la procureure Manon Ridderbeks. 

Les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l'Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine, sont accusés d'avoir abattu le vol MH17 avec un missile sol-air BUK.

Aucun des suspects n'a assisté au procès, qui a démarré en mars 2020 aux Pays-Bas. 

Les procureurs ont affirmé que les quatre hommes ont joué un rôle central dans l'acheminement depuis la Russie d'une batterie antiaérienne BUK, probablement destinée à frapper un avion de guerre ukrainien.

"Si telle était leur intention, cela ne change rien à l'accusation d'en faire un acte criminel", ont souligné les procureurs. La loi "ne fait pas de distinction entre les aéronefs militaires et civils", ont-ils insisté.

Les suspects ont utilisé le missile BUK pour servir leurs "propres intérêts militaires", avaient déclaré les procureurs en début de semaine. 

Ils "n'ont pas appuyé sur le bouton eux-mêmes, mais (...) l'ont utilisé pour leur lutte armée dans le but de détruire un avion". Ils savaient "que des avions civils survolaient quotidiennement la zone de combat", ont ajouté les procureurs mercredi.

Les proches des victimes ont applaudi les peines demandées.

"C'est ce que nous espérions", a déclaré à l'AFP Piet Ploeg, 71 ans, président de la Fondation Vliegramp MH17, qui a perdu son frère, sa belle-sœur et son neveu dans le crash.

"Il y avait 80 enfants à bord (...) C'est affreux (...) je suis très content du résultat d'aujourd'hui", a déclaré à des journalistes Anton Kotte, qui a perdu son fils, sa belle-fille et son petit-fils.

Les audiences interviennent sur fond de tensions russo-occidentales croissantes autour de l'Ukraine. Américains et Européens accusent Moscou d'y préparer une offensive militaire.

Une équipe internationale d'enquêteurs affirme que l'avion a été abattu au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes pro-russes, par un missile acheminé depuis une base militaire russe, probablement afin de lutter contre les forces ukrainiennes. Moscou a toujours nié toute implication.

Les procureurs ont déploré l'absence des suspects, témoignant selon eux de leur "mépris" vis-à-vis des proches des victimes, et dit craindre une "répétition d'actes violents" de leur part. 

Kiev combat une insurrection pro-Moscou dans deux régions séparatistes frontalières de la Russie depuis 2014, lorsque le Kremlin a annexé la péninsule de Crimée en Ukraine.

Le plus connu des suspects, Igor Guirkine, 49 ans, surnommé "Strelkov" ("Tireur"), était l'un des principaux commandants des séparatistes au début du conflit. 

Sergueï Doubinski, 57 ans, serait lié au renseignement militaire russe. Oleg Poulatov, 53 ans, est un ancien membre des forces spéciales russes et adjoint de M. Doubinski.  

Leonid Khartchenko, 48 ans, aurait dirigé une unité séparatiste dans l'est de l'Ukraine. 

"Les rebelles n’ont pas abattu le Boeing", a maintenu M. Guirkine auprès de l’agence de presse russe Interfax après le réquisitoire, se disant "pas du tout surpris" par les peines réclamées. 

"S’ils avaient pu me condamner à mort, ils l’auraient fait", a-t-il ajouté.

Peu avant l’annonce des réquisitions, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accusé sur la chaîne RT les Etats-Unis de faire du "deux poids, deux mesures", en soutenant que Washington avait demandé au printemps 2014 à ses compagnies aériennes à ne pas survoler le territoire russe près de la frontière ukrainienne, où Moscou menait des manœuvres militaires.

"Mais en juillet 2014, quand une vraie guerre était en cours dans le Donbass, personne n’a fermé l’espace aérien", a-t-il souligné.

Le verdict du tribunal de Schiphol, près d'Amsterdam, situé à quelques encablures de l'aéroport d'où le Boeing au destin tragique avait décollé le 17 juillet 2014, n'est pas attendu avant fin 2022. Le procès se poursuivra en mars 2022, avec l'exposé de la défense. 

Les avocats de M. Poulatov, qui nie toute implication dans le crash, réclament l'acquittement et ont déclaré que les preuves présentées sont "incomplètes", ont rapporté les médias néerlandais.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Short Url
  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Short Url
  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.