Explosion au port de Beyrouth: pourquoi l'enquête piétine

L'explosion le 4 août 2020 dans un entrepôt qui abritait plusieurs tonnes de nitrate d'ammonium stockées depuis des années sans mesures de précaution au port de Beyrouth a fait plus de 215 morts et défiguré la capitale libanaise. (Photo, AFP)
L'explosion le 4 août 2020 dans un entrepôt qui abritait plusieurs tonnes de nitrate d'ammonium stockées depuis des années sans mesures de précaution au port de Beyrouth a fait plus de 215 morts et défiguré la capitale libanaise. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 24 décembre 2021

Explosion au port de Beyrouth: pourquoi l'enquête piétine

  • Le juge chargé de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth en août 2020 a été contraint jeudi de suspendre une nouvelle fois ses investigations
  • Voici un aperçu de la situation de plus en plus complexe créée par des recours judiciaires à répétition qui freinent l'enquête sur la pire tragédie du Liban en temps de paix

BEYROUTH : Seize mois après l'explosion monstre qui a ravagé Beyrouth, le juge chargé de l'enquête sur le drame fait l'objet d'un tir groupé de responsables politiques qui ont déposé 18 plaintes contre lui, et son cas paralyse le gouvernement.

Voici un aperçu de la situation de plus en plus complexe créée par des recours judiciaires à répétition qui freinent l'enquête sur la pire tragédie du Liban en temps de paix.

Blocages

L'explosion le 4 août 2020 dans un entrepôt qui abritait plusieurs tonnes de nitrate d'ammonium stockées depuis des années sans mesures de précaution au port de Beyrouth a fait plus de 215 morts et défiguré la capitale libanaise.

Les plus hauts responsables politiques et de sécurité étaient au courant de la menace constituée par cette cargaison de produits chimiques mais n'ont pris aucune mesure.

En février, le premier juge chargé de l'enquête, Fadi Sawan, a été écarté après l'inculpation de hauts responsables.

Son successeur, Tareq Bitar, se heurte à des obstacles similaires, et fait face à une campagne politique concertée pour le dessaisir. 

Les responsables qu'il a poursuivis pour négligence ont déposé des plaintes contre lui, le contraignant à interrompre son enquête à quatre reprises.

Parmi ces responsables figurent plusieurs anciens ministres, ainsi que des députés. Deux d'entre eux sont désormais visés par des mandats d'arrêt pour ne pas s'être présentés à un interrogatoire.

L'Etat a aidé ces hauts responsables à se dérober à toute responsabilité. Le Parlement a refusé de lever l'immunité accordée aux députés, et des responsables ont rejeté les demandes d'interrogatoire de hauts responsables de sécurité.

Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur n'a pas exécuté les mandats d'arrêt émis par le juge Bitar, entravant davantage ses investigations. 

L'enquête encore suspendue

Le juge chargé de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth en août 2020 a été contraint jeudi de suspendre une nouvelle fois ses investigations à la suite d'un énième recours déposé par d'anciens ministres, a indiqué une source judiciaire.

Il s'agit de la quatrième suspension depuis que le juge Tareq Bitar a été choisi pour mener l'enquête en février. Cette décision intervient seulement deux semaines après la reprise de l'enquête.

Jeudi, "le juge Bitar a été informé d'un recours présenté par les anciens ministres Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaiter. Il a donc été contraint à suspendre l'enquête", a précisé la source judiciaire.

Violences et paralysie

Les tentatives de faire obstacle au travail du juge Bitar ont débordé dans la rue, le puissant Hezbollah pro-iranien et son allié, le mouvement Amal, organisant une manifestation en octobre pour demander son remplacement.

La manifestation des deux mouvements chiites a dégénéré, et des tirs d'origine indéterminée ont fait sept morts.

L'affaire paralyse également le fragile gouvernement formé en septembre pour tenter de sortir le pays de la pire crise économique et financière qu'il ait connue.

Les ministres d'Amal et du Hezbollah ont affirmé qu'ils boycotteraient les réunions du cabinet jusqu'à ce que le juge Bitar soit remplacé, et le gouvernement ne s'est plus réuni depuis le 12 octobre.

Dans un pays où les responsables politiques décident des nominations judiciaires, y compris dans les plus hautes juridictions, le pouvoir judiciaire a très peu de marge de manoeuvre contre les dirigeants.

Une source judiciaire a indiqué que 18 plaintes au total avaient été déposées contre le juge Bitar, la plupart par des responsables qu'il entend poursuivre pour négligence.

Des juges qui ont rejeté les demandes de remplacement de M. Bitar ont depuis été eux-mêmes poursuivis en justice par les mêmes responsables, qui ont également mobilisé des magistrats qui leur sont affiliés à chaque occasion.

Justice «malade»

Les poursuites contre M. Bitar retarderont inévitablement la présentation par le juge de ses conclusions, qui étaient attendues pour la fin de l'année, selon une source judiciaire.

Dans un pays où les assassinats des plus hautes personnalités politiques et les attentats restent impunis, beaucoup craignent que l'enquête locale échoue à demander des comptes.

"Le corps judiciaire au Liban est malade", affirme un ancien juge qui a requis l'anonymat: "Certains juges ne sont qu'une caisse de résonance des leaders politiques qui les ont nommés".

En septembre, plus de 140 organisations de défense des droits humains, survivants et proches de victimes ont appelé le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à une enquête internationale indépendante, estimant que "les ingérences politiques flagrantes et l'immunité pour les hauts responsables" rendaient l'enquête locale incapable d'aboutir.


Cisjordanie : la violence «ne fait qu'empirer», selon l'ONU

Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
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  • Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU
  • Les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions

GENEVE: Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU.

"Alors que les attaques perpétrées par des colons israéliens, ainsi que la création de colonies et d'avant-postes, atteignent des niveaux sans précédent, les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions dont continue d'être victime le peuple palestinien, et pour mettre fin à l'occupation israélienne", a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies, dans un communiqué.


Iran: les Gardiens disent avoir frappé trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz
  • "Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter"

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter", ont affirmé les forces navales des Gardiens, citées par Tasnim.

 

 


L'Arabie saoudite frappe une milice irakienne soutenue par l'Iran

L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
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  • Le Royaume affirme ne pas rechercher l'escalade

RIYAD : Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt mercredi avoir frappé des cibles appartenant à des groupes soutenus par l'Iran en Irak.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère a indiqué que l'Arabie saoudite ne cherchait pas l'escalade, mais qu'elle répondrait à toute agression.

Selon le ministère, l'opération a été menée conjointement avec les forces américaines.

Plus tôt, le ministère avait annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones mardi soir, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale.

Le porte-parole officiel du ministère, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que ces attaques « terroristes » provenaient une nouvelle fois du territoire irakien et avaient été menées par des milices terroristes soutenues par l'Iran.

Il a réaffirmé le droit inhérent du Royaume à défendre son territoire et ses infrastructures, ainsi que son droit de répondre au moment et à l'endroit qu'il jugera appropriés.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que cette « approche agressive adoptée par les milices terroristes affiliées à l'Iran en Irak intervenait alors même que le Royaume déployait des efforts pour contribuer à mettre fin à l'escalade dans la région, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité ».

« Cependant, ces milices terroristes affiliées à l'Iran ont choisi une voie d'escalade irresponsable, en violation du droit international et au mépris des exigences de la fraternité islamique, qui imposent le respect des principes du bon voisinage », poursuit le communiqué.

Des drones lancés depuis l'Irak, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale du Royaume ainsi que Riyad, avaient déjà été interceptés lundi.

Une coalition d'anciens groupes paramilitaires pro-iraniens en Irak a déclaré mercredi que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées lors de frappes américano-saoudiennes sur le territoire irakien.

« Ces attaques ont entraîné la mort de plusieurs membres de nos forces, fait plusieurs blessés, et causé des dégâts matériels à plusieurs bâtiments et propriétés », a indiqué dans un communiqué les Forces de mobilisation populaire (PMF), connues en arabe sous le nom de Hashed Al-Shaabi

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com