Fête de Noël en Algérie: Tolérance et «vivre ensemble»

La scène de la nativité à la basilique Notre-Dame-d’Afrique de Bologhine. (Photo Sarra Benali Cherif).
La scène de la nativité à la basilique Notre-Dame-d’Afrique de Bologhine. (Photo Sarra Benali Cherif).
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Publié le Vendredi 24 décembre 2021

Fête de Noël en Algérie: Tolérance et «vivre ensemble»

  • Il semblerait qu’en Algérie Noël entre, petit à petit, dans les mœurs, dans un esprit de tolérance équilibrée
  • À la basilique Notre-Dame-d’Afrique de Bologhine, sur les hauteurs d’Alger, tout est fin prêt pour célébrer la messe de Noël

ALGER: Parmi les Algériens, nombreux sont ceux qui ne posent plus la question du licite ou de l’illicite par rapport à la célébration de la fête de Noël et du Nouvel An. Beaucoup d’entre eux affirment qu’il n’y a rien de grave dans cette célébration festive destinée à faire plaisir aux enfants et ils relèvent que cette fête peut «leur inculquer les valeurs de tolérance et de respect des autres religions».

«C’est devenu une tradition, maintenant. À l'approche de Noël, je viens ici accompagnée de ma petite famille pour inculquer à mes enfants toute l'importance de la tolérance», indique Hakima, fonctionnaire et mère de trois petits bambins qu’Arab News en français a rencontré au marché de Noël organisé cette semaine, à Alger, à l'initiative de l'organisation Caritas.

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L'organisation Caritas organise à Alger un marché de Noël. (Photo Sarra Benali Cherif).

Musulmane et pratiquante, Hakima salue l’organisation de ce marché. «Les sapins ont remplacé les palmiers, même le père Noël est venu nous rendre visite à Alger La Blanche. N’est-ce pas magique?!», s’exclame-t-elle avec humour avant de préciser qu’il s’agit surtout d’une occasion pour ses enfants de prendre connaissance des habitudes des non-musulmans.

Les musulmans, poursuit-elle, ne doivent pas vivre à l'écart des autres cultures, des autres religions. Plus encore, Hakima insiste sur le fait que de nos jours, la cohabitation avec l'autre est quelque chose de nécessaire. «Nous devons vivre ensemble en paix pour avancer ensemble vers un monde meilleur», souligne cette mère de famille.

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Le père Noël entre en action au marché de Noël de Caritas. Parmi les Algériens, nombreux sont ceux qui ne posent plus la question du licite ou de l’illicite par rapport à la célébration de la fête de Noël et du Nouvel An. (Photo Sarra Benali Cherif).

Même s'ils sont appauvris par une crise économique aiguë et une inflation terrible, certains n'ont pas hésité à casser la tirelire pour se ruer vers les commerces, magasins, et autres centres commerciaux.

En famille, en couple, jeunes et moins jeunes, personne ne veut rater le coche. Profitant des vacances scolaires, des familles se sont déplacées depuis les wilayas limitrophes d'Alger pour se rendre dans les principaux centres commerciaux s'offrir des cadeaux pour l'occasion.

L’incontournable «bûche» de Noël

Désormais les dichotomies du passé ne sont plus pertinentes pour une génération très branchée «virtuellement» avec l’Occident.

Il semblerait que Noël entre, petit à petit, dans les mœurs, dans un esprit de tolérance équilibrée. La traditionnelle bûche de Noël est devenue, d’ailleurs, la pâtisserie incontournable du réveillon du jour de l’An. Les bûches ont investi les vitrines de la quasi-totalité de la capitale: au chocolat, au citron, pralinée ou aux fruits rouges, à chacun sa préférence.

«Les fêtes de fin d’année sont toujours un moment d’amusement, de partage et de dégustation de plats succulents entre familles», atteste Abdelhamid qui affirme que «c’est surtout une célébration sociale et culturelle». «La bûche, ce n’est qu’un mets sucré parmi tant d’autres. Elle n’entre ni dans la religion, ni dans les croyances», se justifie le sexagénaire.

Travaillant dans une firme internationale, Salima n’hésite pas à souhaiter un «Joyeux Noël» à ses amis qui le fêtent. «Pour certains pratiquants musulmans, cette formulation relève du péché. Pour moi, c'est reconnaître la tradition de l'autre et l'accueillir avec bienveillance et amitié», assume-t-elle, fièrement.

Le respect de l’altérité

À la basilique Notre-Dame-d’Afrique de Bologhine, sur les hauteurs d’Alger, tout est fin prêt pour célébrer la messe de Noël. L’intérieur de l’église est coloré, brillant, sobre et impeccablement entretenu.

Contacté par Arab News en français, José Maria Cantal Rivas, recteur de la basilique, a assuré que la magie de Noël sera au rendez-vous et comblera l'imposant édifice, décoré pour l'occasion, où les chants traditionnels seront chantés en chœur par le public et se mêleront à l'orgue et à la sonnerie joyeuse des cloches et des carillons.

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Une vue de la basilique Notre-Dame-d’Afrique de Bologhine, sur les hauteurs d’Alger. (Photo Sarra Benali Cherif).

Une centaine de personnes assistent, chaque année, à la cérémonie: des Chinois, des Européens, des étudiants subsahariens, des migrants et même des musulmans, curieux d’assister à cet office catholique. «La nuit de Noël, nous avons beaucoup de personnes musulmanes qui assistent, par curiosité, à la messe de minuit. D’autres viennent avec leurs enfants découvrir la crèche», se réjouit le recteur.

Cependant, le père espagnol José Maria est conscient que le chemin reste long à parcourir. «Il faut être honnête: des monstres, des radicaux, des extrémistes, des fanatiques... il y en a beaucoup. Mais ceux qui viennent sont ceux qui acceptent la différence, ceux qui apprécient notre présence, ceux qui veulent découvrir comment vivre et construire un avenir ensemble», observe-t-il.

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L'intérieur de la basilique Notre-Dame-d’Afrique de Bologhine. (Photo Sarra Benali Cherif).

Pour le recteur de l’église, le dialogue interreligieux demeure une nécessité. «Nous a avons à la fois ceux qui cherchent à éliminer la diversité et ceux qui travaillent à la renforcer. Et tout ça dans la même société... comme partout», commente-t-il.

Notons qu’en Algérie, la messe est radiodiffusée par la radio nationale francophone Alger Chaîne 3 de la radio publique, un grand privilège par rapport à d’autres pays musulmans.


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
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  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth après la destruction d'un pont

Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
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  • L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth et détruit des ponts stratégiques au Liban, visant à affaiblir le Hezbollah et isoler le sud du pays
  • Le conflit s’intensifie : des Casques bleus ont été blessés, le bilan humain s’alourdit et les frappes provoquent destructions massives et déplacements de population

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth samedi à l'aube, affirmant frapper des infrastructures du Hezbollah après avoir détruit un pont sur le fleuve Litani dans l'est du Liban.

Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés vendredi dans une explosion à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse (sud), la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) précisant que ces soldats, dont deux ont été grièvement blessés, sont de nationalité indonésienne.

Quelques jours plus tôt, trois autres Casques bleus indonésiens avaient perdu la vie, également dans le sud du pays, où Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Israël pilonne depuis le pays, disant viser le mouvement islamiste, et a entamé une invasion terrestre dans le sud. Ces opérations ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, selon le dernier bilan officiel, et fait plus d'un million de déplacés.

Tôt samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth", une journaliste de l'AFP ayant fait état d'au moins deux bombardements dans la banlieue sud de la ville, avec de puissantes explosions et des panaches de fumée.

- Ponts ciblés -

Dans ce conflit, l'armée israélienne vise aussi les ponts enjambant le fleuve Litani, afin de couper une partie du sud du Liban du reste du pays, selon des experts militaires.

Dernière attaque de ce type en date, "des avions de guerre israéliens ont visé vendredi le pont qui relie Sohmor à Machghara, entraînant sa destruction", a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne avait auparavant averti que "pour empêcher le transfert de renforts et d'équipements militaires" du mouvement pro-iranien, elle allait cibler deux ponts. Le second a aussi été touché, d'après les médias libanais.

Israël a déjà détruit cinq ponts sur le Litani, situé à 30 km au nord de la frontière, région où il veut instaurer ce qu'il présente comme une "zone de sécurité".

Egalement à Sohmor, deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans une frappe israélienne survenue "alors que des fidèles quittaient la mosquée de la ville" après la prière du vendredi, selon le ministère libanais de la Santé.

Concernant les trois Casques bleus indonésiens blessés, l'origine de l'explosion dont ils ont été victimes est inconnue.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré une roquette.

Quant à leurs trois compatriotes tués quelques jours plus tôt, l'un a été victime dimanche d'un tir d'un char israélien, et deux autres d'une explosion le lendemain qui pourrait être due à une mine, selon une source sécuritaire de l'ONU.

Israël a nié toute responsabilité dans les faits de lundi, assurant qu'aucune de ses troupes n'était présente dans la zone.

- "Pas notre guerre" -

Vendredi après-midi, des frappes avaient déjà visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, l'armée israélienne disant cibler "des infrastructures terroristes".

Non loin des ces zones, des Libanais chrétiens ont assisté à l'office du Vendredi saint. Dans l'église Saint-Maron de Chiyah, un quartier de la banlieue sud, Hala Farah, 62 ans, raconte n'avoir jamais manqué aucune fête religieuse.

"Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre" au Liban, "on est toujours là", dit-elle à l'AFP avant de rentrer dans une église comble.

Patricia Haddad, 32 ans, confie être "habituée, malheureusement". "Nous sommes contre la guerre: ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah, pas contre les chrétiens ni le pays", dit la jeune femme.

Alors que l'ONU et les autorités libanaises ont mis en garde contre une nouvelle occupation du sud du Liban, plusieurs frappes ont visé vendredi la région de Tyr, selon l'agence Ani.

Les troupes israéliennes ont également "détruit", ajoute l'agence, les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024.

En parallèle, le Hezbollah a annoncé une série d'attaques contre des cibles israéliennes sur le sol libanais et de l'autre côté de la frontière.

L'Iran et ses groupes affiliés "pourraient avoir l'intention de cibler des universités" au Liban, a averti l'ambassade américaine à Beyrouth, quelques jours après des menaces des Gardiens de la Révolution iraniens contre les établissements américains au Moyen-Orient.