Hong Kong: Des hommages à Tiananmen déboulonnés, les étudiants en deuil

Une vue générale montre des fleurs et des bougies placées sur le site de la statue de la «Déesse de la démocratie» après son retrait de l'Université chinoise de Hong Kong le 24 décembre 2021. (Bertha Wang/AFP)
Une vue générale montre des fleurs et des bougies placées sur le site de la statue de la «Déesse de la démocratie» après son retrait de l'Université chinoise de Hong Kong le 24 décembre 2021. (Bertha Wang/AFP)
Short Url
Publié le Samedi 25 décembre 2021

Hong Kong: Des hommages à Tiananmen déboulonnés, les étudiants en deuil

  • Pékin a imprimé sa marque autoritaire sur l'ancienne colonie britannique après les grandes et parfois violentes manifestations de 2019
  • Au moins deux autres universités de Hong Kong abritent des statues de « la Déesse de la démocratie »

HONG KONG, Chine : Des étudiants de Hong Kong ont rendu symboliquement vendredi un hommage solennel à deux sculptures commémorant le mouvement pro-démocratie de Tiananmen déboulonnées dans la nuit par deux universités de la ville, où Pékin imprime sa marque autoritaire.

Désireuses d'effacer les hommages à la répression sanglante du 4 juin 1989 à Pékin, les autorités avaient déjà fait retirer la veille de l'université de Hong Kong (HKU) une autre statue à la mémoire des victimes de Tiananmen.

Hong Kong a longtemps été le seul endroit en Chine où la commémoration des événements de Tiananmen était tolérée.

Sur le campus de l'Université chinoise de Hong Kong (CUHK), la statue de la «Déesse de la démocratie » a été retirée avant l'aube, avant que quelques dizaines d'étudiants n'allument des bougies et posent des fleurs à la place.

Ceux qui se sont rassemblés, portaient des pancartes disant «Honte à CUHK» ou «Portée disparue: l'avez-vous vue ?». Des chants commémorant le soulèvement de Tiananmen ont été repris dans un mégaphone.

Cette statue de Chen Weiming était une réplique de six mètres de haut de celle érigée par les étudiants manifestant sur la place Tiananmen en 1989 et un puissant symbole du mouvement pro-démocratie à Hong Kong.

L'artiste, basé aux Etats-Unis, a exprimé auprès de l'AFP ses «regrets» et sa «colère ». «Ils agissent comme un voleur dans la nuit », a réagi M. Chen. « C'est le contraire d'être propre et honnête... Ils avaient peur d'être exposés et de subir un retour de bâton de la part des étudiants et des anciens élèves ».

- Honte -

Le sculpteur a assuré que son œuvre était un prêt et qu'il engagerait une action en justice si elle était endommagée. Il a dit envisager de demander son renvoi vers la Californie, où il dirige le Liberty Sculpture Park.

De son côté, l'université Lingnan a annoncé le retrait d'un bas-relief commémorant Tiananmen, oeuvre du même artiste. Un mur avec»la Déesse de la démocratie" a aussi été repeint, avant que n'apparaissent sur le campus des prospectus portant le caractère chinois signifiant»honte".

Deux jeunes femmes se disant anciennes étudiantes ont assuré être à l'origine de ces prospectus, expliquant être en colère après la décision de l'université.

« Ils effacent l'histoire. Je ne veux pas être obligée d'oublier », a expliqué une femme nommée Tsang, qui se dit originaire de Chine continentale.

« La décision de l'université de Lingnan est une insulte à la protection des monuments historiques et à la liberté académique », a critiqué un leader étudiant Eric Tong, tandis qu'une poignée d'étudiants déposaient des fleurs et des bougies à l'emplacement du bas relief.

« Ce qui se passe ces jours-ci sur les campus de l'université est un condensé de la société hongkongaise », a commenté Eri Lai, ancien président des étudiants de la CUHK, aujourd'hui à l'université de Georgetown aux Etats-Unis, se disant triste mais pas surpris.

« Les piliers de la libre expression, la diversité et les opinions contraires ne sont plus tolérées par le gouvernement », a-t-il ajouté. A l'époque, raconte-t-il, la direction du campus ne voulait déjà pas de la statue mais n'avait pas osé y toucher de peur d'être publiquement critiquée.

Pékin a imprimé sa marque autoritaire sur l'ancienne colonie britannique après les grandes et parfois violentes manifestations de 2019, avec notamment une draconienne loi de sécurité nationale.

Le syndicat étudiant de CUHK, connu pour son rôle actif dans la mouvement pro-démocratie de Hong Kong, a été démantelé en octobre.

Pour Horace Cheung, vice-président du DAB, le plus grand parti pro-chinois de Hong Kong, ôter ces statues est au contraire souhaitable.

« De nombreux valets politiques ont manipulé les sentiments populistes et incité à la haine en utilisant la bannière de la démocratie et de la liberté. Aujourd'hui, les Hongkongais peuvent enfin respirer librement et retrouver une vie normale », a-t-il écrit.

- D'autres statues ? -

Au moins deux autres universités de Hong Kong abritent des statues de « la Déesse de la démocratie » et vendredi, l'université baptiste de Hong Kong en a enfermé l'une d'elle dans une pièce de rangement.

La direction a indiqué qu'elle « examinait régulièrement son environnement pour s'assurer que les pièces exposées étaient légales et sans problème de sécurité ».

Dans une autre université, la City University de Hong Kong, la « Déesse de la démocratie » était toujours à sa place mais le leader étudiant du campus a indiqué avoir été prévenu qu'elle serait retirée en application de la loi sur la sécurité nationale, selon les médiaux locaux.

Avec cette loi, toute commémoration de Tiananmen est passible de poursuites.

La veillée annuelle du 4 juin est interdite depuis 2020, officiellement pour des raisons sanitaires et de sécurité. Plusieurs de ses organisateurs ont été arrêtés et un musée relatant la répression du mouvement étudiant chinois de 1989 a été fermé.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Short Url
  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
Short Url
  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.