Le gouvernement veut prolonger le remboursement à 100% des téléconsultations

Les bureaux du bâtiment de l'administration de l'assurance maladie sont photographiés le 16 juin 2017 à Arras, dans le nord de la France. (Photo, AFP)
Les bureaux du bâtiment de l'administration de l'assurance maladie sont photographiés le 16 juin 2017 à Arras, dans le nord de la France. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 29 décembre 2021

Le gouvernement veut prolonger le remboursement à 100% des téléconsultations

  • En complément du projet de loi centré sur le pass vaccinal, le gouvernement souhaite ainsi maintenir «la prise en charge intégrale de la téléconsultation» médicale
  • Dans le même élan, le gouvernement entend perpétuer «jusqu'au 30 juin 2022» la «garantie de financement pour les établissements de santé» publics et privés

PARIS: Le gouvernement a déposé plusieurs amendements à son projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal, notamment pour prolonger jusqu'à l'été le remboursement à 100% des téléconsultations par l'Assurance maladie, ainsi que la "garantie de financement" pour les hôpitaux et cliniques.

La crise sanitaire se poursuit, les aides de la Sécu aussi. En complément du projet de loi centré sur le pass vaccinal, le gouvernement souhaite ainsi maintenir "la prise en charge intégrale de la téléconsultation" médicale, en vigueur depuis mars 2020.

Ce dispositif, qui devait prendre fin le 31 décembre, serait prorogé par décret "au plus tard jusqu'au 31 juillet 2022", selon un des amendements déposés par l'exécutif.

Une mesure défendue par Olivier Véran "parce que ça a montré son efficacité": le nombre de téléconsultations était en effet passé de 10 000 à un million par semaine au début de l'épidémie, "notamment grâce à cette prise en charge à 100% qui la rend simple", a affirmé le ministre de la Santé devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale.

Dans le même élan, le gouvernement entend perpétuer "jusqu'au 30 juin 2022" la "garantie de financement pour les établissements de santé" publics et privés, également instaurée en mars 2020 et qui arrivait à échéance le 31 décembre.

"C'est une très forte attente de l'ensemble des établissements", a justifié M. Véran, soucieux de leur "éviter toute rupture de trésorerie (...) à l'heure où nous demandons des déprogrammations de soins".

Idem pour les médecins libéraux exerçant dans les cliniques et hôpitaux privés "et affectés par la répétition des déprogrammations": le "dispositif exceptionnel d'accompagnement" créé pour compenser leur perte d'activité au second semestre 2021 doit être reconduit "jusqu'au 30 juin 2022".

"A l'heure où nous leur demandons de venir prêter main-forte et d'être pleinement mobilisés dans la lutte contre le Covid, il ne faut pas qu'ils aient de perte de revenu", a expliqué le ministre.


Italie : Bardella et Zemmour saluent la victoire de l'extrême droite

Giorgia Meloni (Photo, AFP).
Giorgia Meloni (Photo, AFP).
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  • A gauche de l'échiquier politique, la députée La France Insoumise (LFI) Clémentine Autain, a déploré un résultat «tragique»
  • «Les héritiers de Mussolini prennent le pouvoir en Italie», a-t-elle réagi sur Twitter

PARIS: L'extrême droite française a salué lundi la victoire de Giorgia Meloni aux législatives en Italie, tandis que la France insoumise a qualifié de résultat "tragique" la prise de pouvoir des "héritiers de Mussolini".

"Les Italiens ont offert une leçon d'humilité à l'Union européenne qui, par la voix de Mme Von Der Leyen, prétendait leur dicter leur vote. Aucune menace d'aucune sorte ne peut arrêter la démocratie: les peuples d'Europe relèvent la tête et reprennent leur destin en main!", a tweeté le député européen Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement national.

Eric Zemmour, le chef de fil de Reconquête!, a quant à lui tweeté "Toutes mes félicitations à @GiorgiaMeloni et au peuple italien! Comment ne pas regarder cette victoire comme la preuve que oui, arriver au pouvoir est possible ?"

A gauche de l'échiquier politique, la députée La France Insoumise (LFI) Clémentine Autain, a déploré un résultat "tragique". "Les héritiers de Mussolini prennent le pouvoir en Italie. Les politiques néolibérales et la disparition de la gauche ont permis ça. Ici, nous avons tenu bon. Maintenant gagnons la course de vitesse face au RN. Ce soir, solidarité avec tous les progressistes italiens", a-t-elle réagi sur Twitter.

L'extrême droite a fait une nouvelle percée en Europe avec la victoire de Giorgia Meloni aux législatives de dimanche en Italie, où pour la première fois depuis 1945 un parti post-fasciste pourrait gouverner le pays.


Retraites: décision de l'exécutif rendue publique «d'ici la fin de la semaine», selon Borne

La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours à Guidel, dans l'ouest de la France, le 22 septembre 2022 (Photo, AFP).
La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours à Guidel, dans l'ouest de la France, le 22 septembre 2022 (Photo, AFP).
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  • L'entourage du président a fait savoir samedi qu'Emmanuel Macron réunirait cette semaine, avec Elisabeth Borne, les ministres concernés et les responsables de la majorité sur cette question des retraites
  • Parmi les pistes envisagées par l'exécutif figurent un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et un projet de loi ad hoc

PARIS: La décision de l'exécutif sur la méthode envisagée pour engager une réforme des retraites sera rendue publique "d'ici la fin de la semaine", a affirmé lundi la Première ministre Elisabeth Borne, qui n'a pas exclu le recours à l'article 49.3.

"On a prévu avec le président de la République d'avoir un échange cette semaine avec les ministres concernés et les responsables de la majorité. (...)  On fera part de la décision que nous prendrons avec le président de la République d'ici la fin de la semaine", a déclaré sur BFMTV et RMC la cheffe du gouvernement.

L'entourage du président a fait savoir samedi qu'Emmanuel Macron réunirait cette semaine, avec Elisabeth Borne, les ministres concernés et les responsables de la majorité sur cette question des retraites.

Parmi les pistes envisagées par l'exécutif figurent un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et un projet de loi ad hoc.

"Il y a différents scénarios, et donc nous cherchons en effet la meilleure voie avec l'objectif d'avoir du dialogue, de la concertation et d'avancer rapidement", a ajouté Mme Borne.

La Première ministre a assuré qu'elle pousserait pour "la recherche de compromis" sur cette méthode sans pour autant exclure le recours à l'article 49.3 de la Constitution, qui permet l'adoption d'un texte sans vote sauf motion de censure.

"Ma méthode c'est le dialogue, la recherche de compromis. En même temps, les Français ne comprendraient pas qu'on soit bloqués, c'est vrai sur le budget, c'est vrai sur les réformes importantes qu'on veut porter", a-t-elle affirmé. L'article 49.3 est donc "un des outils qui est à la disposition du gouvernement si on constate une situation de blocage".

"La priorité pour moi c'est le dialogue, la concertation, la recherche de compromis. Le blocage ne viendra pas de ma part", a insisté Mme Borne, qui a reçu la semaine dernière les chefs de groupes parlementaires.

Beaucoup d'entre eux se sont dits hostiles à la voie d'un amendement au PLFSS, y compris au sein de la majorité le patron du MoDem François Bayrou et la présidente (Renaissance) de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.

La Première ministre a par ailleurs confirmé qu'il y aurait un "décalage progressif de l'âge effectif de départ à la retraite", mais que l'exécutif n'avait "pas prévu de décaler l'âge du taux plein" automatique actuellement à 67 ans.

Mme Borne était interrogée juste avant un Conseil des ministres chargé, qui doit examinera les projets de loi de finances (PLF) et de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2023, ainsi qu' un projet de loi sur les énergies renouvelables.

Invité sur FranceInfo au même moment, le patron du MoDem François Bayrou a redit que les députés de son parti ne voteraient pas un éventuel amendement au PLFSS. "Si cette méthode (par amendement) était choisie ça voudrait dire qu’on n’a pas changé de méthode sur les réformes" et le Conseil national de la refondation (CNR) "serait compromis", a estimé le Haut commissaire au plan, chargé de piloter le CNR .

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, a jugé à nouveau "inacceptable" de traiter "rapidement, en +loucedé+", dans un amendement, le sujet des retraites qui "n'est pas qu'un sujet budgétaire" mais "un sujet social et sociétal".

"Que le gouvernement passe en force dans le PLFSS et vous verrez ce qu'il se passera, il y aura une opposition frontale de la part des organisations syndicales et notamment de la CFDT. On risque de casser le corps social", a-t-il prévenu sur Europe 1.


EELV: Julien Bayou, emporté par la vague #Metoo, démissionne de son poste

 Le secrétaire national du parti Europe Écologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou, sourit lors de la présentation des résultats du premier tour de l'élection primaire des Verts pour l'élection présidentielle française de 2022 à Paris. (AFP).
Le secrétaire national du parti Europe Écologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou, sourit lors de la présentation des résultats du premier tour de l'élection primaire des Verts pour l'élection présidentielle française de 2022 à Paris. (AFP).
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  • Cette démission intervient alors que les écologistes sont secoués par les accusations de harcèlement moral contre M. Bayou
  • La démission du secrétaire général se produit aussi au lendemain du rejet par les Verts d'un référendum interne pour simplifier l'organisation et adapter EELV à la "conquête du pouvoir"

PARIS: La vague #MeToo déferle à nouveau à gauche: le patron des Verts Julien Bayou a quitté lundi ses fonctions, s'estimant piégé par une situation "intenable" dans laquelle il ne peut, selon lui, faire valoir sa défense face à des accusations de violences psychologiques envers son ex- compagne.

"J'ai annoncé ce matin aux adhérents d’Europe Ecologie les Verts ma démission de mes fonctions de Secrétaire national", explique Julien Bayou dans un communiqué.

Il va également annoncer dans la journée à son groupe parlementaire sa "démission de la Présidence du groupe écologiste à l’Assemblée nationale", poste dont il était déjà suspendu depuis quelques jours, a-t-il ajouté.

Le secrétaire national d'EELV se dit "accusé de faits qui ne (lui) sont pas présentés, dont (ses) accusateurs-ices disent qu’ils ne sont pas pénalement répréhensibles", et dont il ne peut pas se défendre "puisqu'on refuse de m’entendre", explique-t-il.

"Cette situation est intenable et le contexte délétère semble empêcher tout discernement, dans un moment où la société bascule et cherche le point d'équilibre pour cette si nécessaire révolution féministe", a-t-il ajouté, soulignant que sa décision "ne remettait en question" ni son mandat de député ni son "engagement présent et à venir".

Cette démission intervient après des accusations de harcèlement moral par une ex- compagne. Les faits qui lui sont reprochés ne sont pas clairement connus, aucune plainte n'a été déposée et aucune enquête judiciaire n'a été ouverte.

L'affaire avait été révélée en juillet, quand la cellule interne d'EELV sur les violences et harcèlements sexuels, a été saisie pour un signalement le concernant.

Mais elle a pris un nouveau tournant la semaine dernière, lorsque la députée Sandrine

Rousseau l'a accusé de "comportements de nature à briser la santé morale des femmes", et a raconté, sur un plateau TV, avoir "reçu longuement" chez elle une ex-compagne "très déprimée" de M. Bayou. L'ecoféministe avait aussi assuré qu'"elles sont manifestement plusieurs" à être concernées par ces comportements.

Elle répondait alors à une interpellation, via Twitter, du collectif Relève féministe, qui s'étonnait de la lenteur de l'enquête interne le concernant.

En plein remous de l'affaire Adrien Quatennens - le député Insoumis qui a reconnu des violences conjugales sur son ex-compagne - le bureau du groupe écologiste à l'Assemblée avait décidé la semaine dernière de suspendre Julien Bayou de ses fonctions de coprésident, qu'il occupait avec Gabrielle Chatelain.

Coup de grâce

Et le coup de grâce a été donné dimanche par l'ex-candidat à la présidentielle, Yannick Jadot, qui a jugé que "pour la sérénité de l'enquête" interne, il serait "de bonne intelligence (...) qu'on accélère sa mise en retrait du secrétariat national d'EELV", lors de l'émission Grand- Jury RTL/Le Figaro/LCI.

Julien Bayou aurait dû de toute façon quitter son poste de secrétaire national au Congrès, prévu en décembre, puisque selon les statuts d'EELV, il ne peut cumuler ses fonctions de député et de chef de parti.

Sur les faits reprochés, M. Bayou, qui doit tenir une conférence de presse lundi après-midi, avait expliqué en juillet au Figaro, qu'il s'agissait "d’une rupture qui s’accompagne de menaces à peine voilées à mon endroit et d’une forme d’instrumentalisation que je ne peux que déplorer".

Sur franceinfo, la députée européenne EELV Karima Delli "prend acte" de la décision de Julien Bayou, expliquant que "nous sommes à un moment où les violences faites aux femmes sont des sujets prioritaires".

Mais elle souligne qu'"une cellule a été saisie", qui pour le moment "n'a rendu aucune conclusion. Je ne crois pas qu'on puisse faire justice soi-même, le tribunal de l'opinion ne doit pas exister".

Cette démission ajoute un dose de chaos au sein d'EELV, où un référendum interne pour simplifier l'organisation et adapter le parti à la "conquête du pouvoir", a été rejeté ce week- end par les adhérents.

Ce référendum, porté par Marine Tondelier, qui devrait briguer la tête du parti en décembre, et soutenu par la direction, marque une claire division au sein du parti, déjà connu pour ses opaques débats et luttes internes.