«La Cisjordanie explosera» en l'absence d'une solution politique, avertit Abbas

M. Abbas, à la tête d’une délégation de haut rang, a effectué sa première visite officielle en Israël depuis 2010 et a rencontré M. Gantz à son domicile, dans la ville centrale de Rosh HaAyin. (Photo, Reuters)
M. Abbas, à la tête d’une délégation de haut rang, a effectué sa première visite officielle en Israël depuis 2010 et a rencontré M. Gantz à son domicile, dans la ville centrale de Rosh HaAyin. (Photo, Reuters)
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Publié le Jeudi 30 décembre 2021

«La Cisjordanie explosera» en l'absence d'une solution politique, avertit Abbas

  • Abbas a effectué sa première visite officielle en Israël depuis 2010 et a rencontré Gantz
  • Israël a dévoilé des «mesures de rétablissement de la confiance»

AMMAN: La Cisjordanie occupée risque d’être confrontée à une «explosion» si aucune solution politique n’est trouvée au conflit israélo-palestinien, a prévenu le président palestinien, Mahmoud Abbas, lors d’une rencontre exceptionnelle avec le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, mercredi.

M. Abbas, à la tête d’une délégation de haut rang, a effectué sa première visite officielle en Israël depuis 2010 et a rencontré M. Gantz à son domicile, dans la ville centrale de Rosh HaAyin.

Israël a ensuite dévoilé des «mesures de rétablissement de la confiance», notamment le versement d’une avance de 32 millions de dollars (1 dollar = 0,88 euro) sur les taxes perçues par Israël au nom de la Palestine, ainsi que la délivrance de 600 permis d’entrée supplémentaires en Israël à des hommes d’affaires palestiniens. Israël a également approuvé le statut de résident à 6 000 Palestiniens supplémentaires en Cisjordanie occupée.

Cependant, l’essentiel des discussions était politique, a indiqué le ministre palestinien des Affaires civiles, Hussein al-Cheikh, à Arab News.

«Le président Abbas a clairement fait comprendre à M. Gantz que nous assistons à la dernière opportunité avant une explosion, et que sans une formule politique, la situation pourrait facilement exploser», a-t-il ajouté.

«Ce que nous avons dit est aussi ce que les Américains disent aux Israéliens, à savoir que sans processus politique, la concentration de tous les efforts sur les plans économique et sécuritaire échouera.» Les efforts israéliens, sous couvert d’améliorer les conditions de vie, ne sont rien d’autre que des mesures «cosmétiques» qui ne seront d’aucune utilité si les choses tournent mal, a souligné M. al-Cheikh.

Ali Jarbawi, professeur de sciences politiques à l’Université de Beir Zeit, a expliqué à Arab News que la position du gouvernement israélien découlait de sa faiblesse. «Il n’est pas tenu responsable de ce qui arrive aux Palestiniens (...) parce que l’unité interne chancelante de ce gouvernement israélien l’a protégé de toute pression extérieure», a-t-il observé.

M. Jarbawi a mentionné que toutes les parties concernées avaient averti les dirigeants palestiniens qu’il n’y avait aucune chance de mettre en place un processus politique avec ce gouvernement israélien. «Si l’Autorité palestinienne n’était pas confrontée à des problèmes financiers et opérationnels, les Israéliens n’auraient même pas accepté cette réunion.»

M. Jarbawi a fait remarquer que la structure gouvernementale palestinienne était également fragile et que la réunion avait eu lieu pour aider à la maintenir en vie. «Mais il ne faut pas en conclure que c’est un élément positif ou qu’il y a un retour au processus politique.»

Les entretiens de M. Abbas avec M. Gantz ont été condamnés à Gaza. «Ce comportement des dirigeants de l’Autorité palestinienne approfondit le clivage politique palestinien, complique la situation palestinienne, encourage ceux qui, dans la région, veulent normaliser les relations avec l’occupant, et affaiblit le rejet de la normalisation par les Palestiniens», a déclaré Hazem Qassem, porte-parole du Hamas.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.