Espionnage d'opposants en Pologne: de nouvelles révélations à venir

Les récentes accusations visant la Pologne d'utilisation à des fins politiques du logiciel d'espionnage Pegasus ne sont probablement que la "pointe de l'iceberg" (Photo, AFP).
Les récentes accusations visant la Pologne d'utilisation à des fins politiques du logiciel d'espionnage Pegasus ne sont probablement que la "pointe de l'iceberg" (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 30 décembre 2021

Espionnage d'opposants en Pologne: de nouvelles révélations à venir

  • Après avoir mené ses propres enquêtes, un laboratoire canadien de surveillance de la cybersécurité a confirmé l'utilisation de Pegasus contre trois personnalités
  • Citizen Lab a confirmé que le sénateur d'opposition Krzysztof Brejza était visé au moment où, en 2019, il a coordonné la campagne électorale du parti centriste polonais

OTTAWA: Les récentes accusations visant la Pologne d'utilisation à des fins politiques du logiciel d'espionnage Pegasus ne sont probablement que la "pointe de l'iceberg", a estimé mercredi auprès de l'AFP un chercheur de Citizen Lab, un laboratoire canadien de surveillance de la cybersécurité.

Après avoir mené ses propres enquêtes, l'organisme a confirmé l'utilisation de Pegasus contre trois personnalités.

"Ce n'est que la pointe de l'iceberg et il y aura d'autres révélations à venir", a prévenu auprès de l'AFP John Scott-Railton, chercheur principal chez Citizen Lab.

"C'est choquant et ça se présente mal", a-t-il déclaré. "Pegasus est un outil de dictateurs. Son utilisation dans ces cas-là indique un glissement autoritaire (en Pologne)", a-t-il souligné.

Citizen Lab a confirmé que le sénateur d'opposition Krzysztof Brejza était visé au moment où, en 2019, il a coordonné la campagne électorale du parti centriste polonais Plateforme civique, dirigé par l'ancien chef du Conseil européen Donald Tusk.

En plus de M. Brejza, Citizen Lab a affirmé la semaine dernière que Pegasus avait aussi été utilisé contre Ewa Wrzosek, une procureure opposée aux réformes controversées de la justice en Pologne, ainsi que contre Roman Giertych, un avocat impliqué dans des affaires judiciaires contre le parti national-populiste Droit et Justice (PiS) au pouvoir.

"Leurs vies étaient surveillées de près", a indiqué M. Scott-Railton évoquant notamment des écoutes téléphoniques.

Les smartphones infectés par Pegasus, un logiciel conçu et commercialisé par l'entreprise israélienne NSO Group, se transforment en dispositifs d'espionnage de poche, permettant à l'utilisateur de lire les messages de sa cible, de regarder ses photos, de suivre sa localisation et même d'allumer son appareil photo à son insu. 

Contacté par l'AFP, le propriétaire israélien de Pegasus avait déclaré qu'il n'était vendu qu'"à des organismes légitimes d'application de la loi qui utilisent ces systèmes dans le cadre de mandats afin de lutter contre les criminels, les terroristes et la corruption".

Mardi, le chef de file de l'opposition polonaise, Donald Tusk a appelé à une enquête parlementaire tout en dénonçant une "crise pour la démocratie" dans ce pays, qui rejette les accusations.

Les médias polonais ont qualifié ce scandale de "Watergate polonais", en référence au scandale provoqué aux Etats-Unis par la tentative de pose de micros dans les locaux du parti démocrate à Washington en 1972, qui a contraint deux ans plus tard le président américain Richard Nixon à la démission.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.