Les actes de déstabilisation de l’Iran, une «grande préoccupation» pour l’Arabie saoudite, affirme le roi Salmane

Le roi Salmane a prononcé son discours annuel devant le Conseil saoudien de la Choura, virtuellement mercredi. (Photo, SPA)
Le roi Salmane a prononcé son discours annuel devant le Conseil saoudien de la Choura, virtuellement mercredi. (Photo, SPA)
Le roi Salmane a prononcé son discours annuel devant le Conseil saoudien de la Choura, virtuellement mercredi. (Photo, SPA)
Le roi Salmane a prononcé son discours annuel devant le Conseil saoudien de la Choura, virtuellement mercredi. (Photo, SPA)
Short Url
Publié le Jeudi 30 décembre 2021

Les actes de déstabilisation de l’Iran, une «grande préoccupation» pour l’Arabie saoudite, affirme le roi Salmane

  • Dans un discours de fin d'année, le roi Salmane a exprimé l’espoir que le régime des mollahs iraniens modifie sa politique en faveur du «dialogue et de la coopération»
  • Il a évoqué le lancement de la deuxième phase de la Vision 2030, dont l'objectif est de créer une économie diversifiée

RIYAD: Le roi Salmane d'Arabie saoudite a exprimé l’espoir que l’Iran abandonne sa politique de déstabilisation et d’agression et coopère dans le but d’apporter la paix et la stabilité dans la région du Moyen-Orient.

«L’Iran est un pays voisin du Royaume. Nous espérons qu’il changera sa politique et son comportement négatifs dans la région et qu’il s’orientera vers le dialogue et la coopération», a déclaré le roi dans son discours annuel devant le Conseil saoudien de la Choura. Son vaste discours, prononcé virtuellement en raison de la résurgence de la Covid-19, a également réaffirmé l’initiative de l’Arabie saoudite pour mettre fin au conflit au Yémen et le soutien au peuple libanais face à la crise économique et aux menaces sécuritaires du Hezbollah.

L’Arabie saoudite et ses alliés arabes et occidentaux ont accusé l’Iran de soutenir les milices, y compris le Hezbollah du Liban, les Houthis du Yémen et le Hachd de l’Irak, dans leurs guerres par procuration.

Le programme d’armement nucléaire de l’Iran a de même suscité des inquiétudes, Israël menaçant de prendre des mesures préventives si ce programme n’est pas arrêté, ce qui pourrait déclencher une conflagration.

«Nous suivons avec beaucoup de préoccupation la politique du régime iranien qui porte atteinte à la sécurité et à la stabilité de la région, notamment la création et le soutien de milices armées, le déploiement systématique de ses capacités militaires dans les pays de la région, et son manque de coopération avec la communauté internationale concernant le programme nucléaire et le développement de programmes de missiles balistiques», a déclaré le roi Salmane.

«Nous suivons également le soutien du régime iranien à la milice houthie terroriste, qui étire la guerre au Yémen, accentue la crise humanitaire dans le pays et menace la sécurité du Royaume et de la région», a-t-il ajouté.

 

Conflit au Yémen

Le Roi Salmane a réaffirmé l’initiative de l’Arabie saoudite «pour mettre fin au conflit au Yémen et soutenir les efforts mondiaux et internationaux pour parvenir à une solution politique, conformément aux trois références: l’initiative du Golfe et son mécanisme de mise en œuvre, les résultats de la Conférence de dialogue national et la résolution 2216 du Conseil de sécurité des Nations unies».

Outre son soutien au gouvernement légitime du Yémen pour contenir la menace des Houthis soutenus par l’Iran, l’Arabie saoudite continue de fournir des aides de toutes sortes pour soulager les souffrances humaines du peuple yéménite. Les Houthis ont délogé le gouvernement du président de l’époque, Abed Rabbo Mansour Hadi, de la capitale du Yémen, Sanaa, en 2014, favorisant l’intervention d’une coalition d’États arabes dirigée par l’Arabie saoudite.

Depuis lors, la milice bombarde des cibles essentiellement civiles aux frontières sud du Royaume par des attaques de missiles et de drones armés.

L’Arabie saoudite a incité les parties concernées à «accepter des solutions politiques» pour mettre fin au conflit, mais les négociations de paix menées sous l’égide des Nations unies ont jusqu’à présent échoué.

Au sujet du Liban, le roi a affirmé que l’Arabie saoudite continue de soutenir ses frères libanais.

Il a exhorté les dirigeants libanais à «œuvrer dans le but de réaliser ce à quoi le peuple libanais frère aspire en termes de sécurité, de stabilité et de prospérité, en plus de mettre fin au contrôle terroriste du Hezbollah sur le pays».

En ce qui concerne l’Afghanistan, il a indiqué que l’Arabie saoudite «suit de près les développements», tout en soulignant «l’importance de la stabilité et de la sécurité de l’Afghanistan au lieu d’être un refuge pour les organisations terroristes».

«Le Royaume appelle également à intensifier les efforts régionaux et internationaux pour fournir une aide humanitaire afin de soulager les souffrances du peuple afghan frère. À cet égard, le Royaume a appelé à la tenue d’une réunion spéciale du Conseil ministériel de l’Organisation de la coopération islamique en décembre 2021, afin de porter secours au peuple afghan frère», a-t-il déclaré.

 

Vision 2030

Le roi a profité de l’occasion pour féliciter le prince héritier Mohammed ben Salmane, à qui il a attribué les différents projets visionnaires entrepris dans le cadre du programme de la Vision 2030 du Royaume.

Il a aussi évoqué le lancement de la deuxième phase de la Vision 2030, dont l'objectif est de créer une économie diversifiée.

L'économie de l'Arabie saoudite dépendait de l'industrie pétrolière, qui s'est avérée désavantageuse puisque le prix du pétrole a continué de baisser dans le monde. Pour atteindre les objectifs de la Vision 2030, le roi Salmane a lancé des réformes de grande envergure, telles que le développement des industries non pétrolières, la possibilité pour les femmes de jouer un rôle plus important dans l'édification de la nation, ainsi que le développement de l'industrie du tourisme et l'ouverture du Royaume aux touristes du monde entier.

vbl
Le prince héritier Mohammed ben Salmane. (Photo, SPA)

 

Pandémie de la Covid-19

Alors que le monde s’est à nouveau rassemblé pour faire face à la dernière vague de la Covid-19, le roi Salmane a appelé au respect continu des protocoles de sécurité et a rendu hommage aux citoyens et aux expatriés qui travaillent pour faire face à la pandémie dans le Royaume.

Il a noté qu’en plus d’entreprendre des mesures audacieuses afin d’atténuer les effets de la pandémie, l'Arabie saoudite continue également de fournir un soutien financier aux organisations internationales de santé et aux pays frères pour lutter contre le fléau mondial.

Il a assuré que l'Arabie saoudite continuera à jouer un rôle de premier plan dans la campagne mondiale pour la paix, dans les efforts humanitaires et dans la campagne de lutte contre le changement climatique.

La position du Royaume émane globalement de sa position arabe et islamique, a-t-il souligné.

 

(Avec Reuters)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Short Url
  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.


Visite du président libanais à Washington: le Hezbollah dénonce une «soumission» à un pouvoir étranger

Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Short Url
  • Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais
  • Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud

BEYROUTH: Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère".

Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe une partie du sud du pays désignée comme "zone de sécurité" - sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

La formation pro-iranienne, qui s'oppose à l'accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n'avait "débouché sur aucun engagement américain" sur un retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, ni n'avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.

"Dans la série ininterrompue des concessions" du pouvoir, cette visite a révélé "l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère", a ajouté le Hezbollah.

Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l'armée israélienne contrôlait les abords.

Le chef de l'armée, Rodolphe Haykal, s'est rendu jeudi sur place où il "a passé en revue les mesures prises" afin de " garantir le retour en sécurité des habitants", selon un communiqué de l'armée.

Un photographe de l'AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d'accès aux habitants.

Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud.

L'ANI a rapporté une "forte explosion" dans la localité frontalière d'al-Tiri, l'attribuant à l'armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l'agence.

Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu'une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d'une précédente frappe, et blessé deux secouristes.