2021, une année charnière pour le Maroc

A Oujda, à la frontière avec le Maroc, un garde-frontière algérien patrouille le 4 novembre 2021. (AFP).
A Oujda, à la frontière avec le Maroc, un garde-frontière algérien patrouille le 4 novembre 2021. (AFP).
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Publié le Vendredi 31 décembre 2021

2021, une année charnière pour le Maroc

  • L’année 2021 a été marquée par une escalade sans précédent des tensions entre le Maroc et l’Algérie. Une escalade qui s’est accélérée après la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur ses provinces du sud.
  • Le 14 avril 2021, le roi Mohammed VI a lancé le chantier historique de la généralisation de la protection sociale. Un projet d’envergure qui nécessitera un budget annuel de cinquante et un milliards de dirhams

CASABLANCA : L’année 2021 a été charnière pour le Maroc. La crise de la Covid-19 et ses répercussions économiques et sociales n’ont pas empêché le Maroc d’avancer sur de nombreux chantiers majeurs.

Que ce soit au niveau du développement économique, de sa diplomatie étrangère ou de ses réformes structurelles, le royaume du Maroc a marqué cette année par le sceau du renouveau et de l’offensive diplomatique tout en posant les jalons d’une nouvelle ère où l’accélération de la croissance du pays est la principale priorité. Un développement qui se veut inclusif et profitant à toutes les franges de la population, notamment les plus vulnérables ainsi que les femmes et les jeunes.

Retour sur les principaux faits marquants d’une année qui a connu notamment l’opérationnalisation des chantiers de la généralisation de la protection sociale et du Nouveau modèle de développement, le changement des paradigmes de la diplomatie étrangère du royaume chérifien qui se veut désormais plus offensive, la bérézina des islamistes à travers les urnes, sans oublier les tensions avec le voisin algérien.

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Le ministre algérien des AE Ramtane Lamarra lors de la conférence de presse annonçant la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc. (AFP).
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Maroc Algérie, escalade…

L’année 2021 a été marquée par une escalade des tensions entre le Maroc et l’Algérie. Escalade qui s’est accélérée après la reconnaissance, en décembre 2020, par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur ses provinces du sud, en contrepartie d’une normalisation des relations entre le Maroc et Israël. Une reconnaissance qui a été très mal vue par le régime algérien. Rupture des relations diplomatiques, fermeture de l’espace aérien, arrêt du gazoduc Maghreb-Europe et de l’approvisionnement en gaz algérien…

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"La patience a des limites" titre ce quotidien algérien. (AFP).

La crise s’est envenimée et elle a atteint son paroxysme ces derniers mois, évoquant même les prémices d’un conflit armé. Les menaces se sont multipliées, mais elles n’ont pas eu l’effet escompté. Grâce à sa stratégie visionnaire dans les énergies renouvelables, le Maroc a trouvé une parade face à l’arrêt du gazoduc Maghreb-Europe. Ses efforts diplomatiques ont aussi payé puisque le plan marocain d’autonomie au Sahara est de plus en plus reconnu à l’international, isolant davantage l’Algérie qui connaît actuellement l’une de ses pires crises sociales et économiques.

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Une femme dans la région marocaine de Figuig, à la frontière avec l'Algérie. (AFP).

Les islamistes «chassés» par les urnes

Après dix ans au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (PJD), d’obédience islamiste, a été quasiment «chassé» de la scène politique marocaine. Le parti a subi une débâcle historique lors des élections législatives, communales et régionales du 8 septembre 2021, une bérézina qu’aucun parti politique n’a connu dans l’Histoire du Maroc.

Le parti est arrivé huitième dans les élections législatives, avec seulement douze sièges au Parlement, soit dix fois moins qu’en 2016. Les Marocains ont ainsi sanctionné un parti qui a profité des événements du Printemps arabe de 2011 pour arriver au pouvoir. Cantonné depuis sa création dans l’opposition, le PJD a marqué son ascension au pouvoir par des promesses très ambitieuses.

Toutefois, les Marocains ont subi cette dernière décennie des réformes antisociales, une cherté du coût de la vie, un surendettement abyssal, un taux de chômage inquiétant, en plus des multiples affaires de mœurs et de dilapidation de deniers publics liées aux membres du parti islamiste. Les élections de 2021 ont permis la formation d’une coalition gouvernementale, dirigée par Aziz Akhannouch et composée de trois partis; le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l’Istiqlal (PI).

Crise diplomatique profonde avec le voisin ibérique

Jamais les relations entre le Maroc et l’Espagne n’ont été aussi tendues et mouvementées qu’en 2021. Tout a commencé le 18 avril 2021, lorsque l’Espagne a accueilli sur son sol le chef du Polisario, Brahim Ghali, sous une fausse identité, pour son hospitalisation. Le chef du mouvement séparatiste du Polisario est poursuivi en Espagne pour des crimes de guerre, de viol, de meurtres et de séquestrations.

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A la frontière espagnole... (AFP).

Cette opération secrète orchestrée notamment par la ministre espagnole des Affaires étrangères, de l’Union européenne (UE) et de la Coopération, Arancha González Laya, a déclenché une grave crise diplomatique entre le Maroc et son voisin ibérique. Le gouvernement de Pedro Sanchez a été sous les feux des critiques. Opposition, société civile, parlementaires, sécuritaires et même des membres de l’exécutif ont critiqué ouvertement le gouvernement pour sa mauvaise gestion de cette affaire. D’autant plus que la riposte du Maroc à cette affaire inédite où les coups bas ont été permis, a été, le moins que l’on puisse dire, «efficace».

Le Royaume a ouvert les vannes de ses frontières terrestres avec Ceuta, engendrant une marée de migrants de plus de dix mille personnes en deux jours. Il a également exclu l’Espagne de l’opération Marhaba, un dispositif destiné à accompagner les flux croissants des Marocains résidant à l’étranger à leur retour au Maroc pendant la période estivale.

Le manque à gagner pour l’économie espagnole à cause de cette exclusion a été estimé à plus de 1,5 milliard d’euros. Le gouvernement espagnol a, par la suite, donné plusieurs signaux pour un réchauffement des relations, notamment en limogeant sa ministre des Affaires étrangères. Un début de rétablissement des relations est palpable ces dernières semaines et une visite officielle du nouveau chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, à Rabat, est prévue pour début 2022.

Généralisation de la protection sociale, un chantier de règne

Le 14 avril 2021, le roi Mohammed VI a lancé le chantier historique de la généralisation de la protection sociale. Un projet d’envergure qui nécessitera un budget annuel de cinquante et un milliards de dirhams (1 dirham = 0,095 euro). Ce programme comprend la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) d’ici à 2022 au profit de vingt-deux millions de Marocains supplémentaires qui bénéficieront d’une assurance couvrant leurs frais d’hospitalisation, de traitement et de médicaments.

Entre 2023 et 2024, le Maroc entamera la généralisation des allocations familiales au profit des familles qui n’en bénéficient pas encore. En 2025, le Royaume élargira la base des adhérents aux régimes de retraite à plus de cinq millions de Marocains, en plus de la généralisation d’une indemnité pour perte d’emploi. Ce chantier de règne est en cours de mise en œuvre et le roi le suit de très près. Cette réforme sociale majeure constitue l’un des axes prioritaires du Nouveau modèle de développement lancé en 2021 par le souverain. Un modèle de développement qui a pour ambition la transition du pays vers un nouveau palier de croissance plus inclusive.


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com