En un mois, 600 000 volailles abattues pour enrayer la grippe aviaire

Volailles au marché de Samatan, dans le sud-ouest de la France. (Pascal Pavani / AFP)
Volailles au marché de Samatan, dans le sud-ouest de la France. (Pascal Pavani / AFP)
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Publié le Samedi 01 janvier 2022

En un mois, 600 000 volailles abattues pour enrayer la grippe aviaire

  • Dans un bilan arrêté au 29 décembre, le ministère recensait 26 foyers dans des élevages, principalement dans le Sud-Ouest
  • Pour la quatrième fois depuis 2015, la France - comme nombre de pays européens - n'échappe pas cet hiver à l'influenza aviaire hautement pathogène

PARIS : La grippe aviaire a déjà entraîné l'abattage d'environ 600.000 volailles en un mois en France, où la plupart des cas se concentrent désormais dans le Sud-Ouest sévèrement touché l'an dernier par le virus.

Depuis le premier cas de grippe aviaire en élevage fin novembre, «environ 600.000 à 650.000» volailles ont été abattues, parce qu'elles étaient infectées ou préventivement, selon des chiffres provisoires du ministère de l'Agriculture communiqués vendredi.

Dans un bilan arrêté au 29 décembre, le ministère recensait 26 foyers dans des élevages, principalement dans le Sud-Ouest, 15 cas en faune sauvage et 3 cas en basse-cours.

Pour la quatrième fois depuis 2015, la France - comme nombre de pays européens - n'échappe pas cet hiver à l'influenza aviaire hautement pathogène, communément appelée grippe aviaire, véhiculée par les oiseaux migrateurs.

Les crises sanitaires dues à ce virus génèrent des coûts considérables pour les professionnels et pour l'État (indemnisation des animaux abattus et des pertes économiques induites), ainsi que des pertes à l'export.

L'an dernier, l'épizootie avait été à l'origine de près de 500 foyers en élevage, la plupart dans le Sud-Ouest. Environ 3,5 millions de volailles, essentiellement des canards, avaient été abattues.

Cette fois, le virus a été identifié pour la première fois le 26 novembre dans le Nord, sur la commune de Warhem où 160.000 poules pondeuses étaient élevées en bâtiment.

Il a depuis touché d'autres élevages du Nord et atteint le Sud-Ouest.

- Nouvelles restrictions dans le Sud-Ouest -

Depuis le premier cas du Sud-Ouest recensé dans un élevage de canards du Gers le 16 décembre, «22 nouveaux foyers ont été identifiés dans les Pyrénées-Atlantiques, le Gers et les Landes», rapportait le ministère dans un communiqué jeudi soir.

«Les élevages touchés ont été à chaque fois dépeuplés, puis désinfectés», ajoutait-il.

Comme l'an dernier, le département des Landes - où les foyers les plus récents ont été détectés - concentre les inquiétudes.

Selon le ministère, des restrictions supplémentaires sur les transports de volailles vont intervenir pour limiter la contagion «dans une zone d'élevage dense du Sud-Ouest» dont l'étendue doit être précisée par arrêtés préfectoraux.

Dans ce périmètre, les éleveurs ne pourront pas accueillir de nouveaux poussins ou canetons «jusqu'au 7 janvier», afin de réduire la densité d'animaux présents simultanément dans ces secteurs.

«Ces mesures pourront être prolongées, au vu de l'évolution de la situation sanitaire», prévient le ministère.

Il ajoute qu'un «dispositif d'accompagnement économique viendra soutenir les couvoirs» qui perdent des débouchés «et les éleveurs qui devront maintenir un vide sanitaire dans leurs élevages».

«L'État dit qu'il accompagnera les éleveurs qui sont pénalisés, c'est déjà très réconfortant», réagit Marie-Pierre Pé, directrice de l'interprofession du foie gras Cifog.

Si le blocage des mouvements de volailles permet d'«éteindre définitivement ce départ de feu des Landes, il faut le faire», poursuit-elle.

Le virus «est bien présent dans les Landes mais nous ne sommes pas dans la même configuration que celle de l'année dernière, avec une explosion des cas», estime la présidente de la chambre d'agriculture des Landes, Marie-Hélène Cazaubon.

«Il y a aujourd'hui une vigilance et une responsabilité collective des producteurs ainsi qu'une réponse très rapide des services vétérinaires, de l'Etat», ajoute cette éleveuse qui demande aux producteurs et aux journalistes de ne pas se déplacer actuellement d'élevages en élevages «car le principal vecteur, c'est l'humain».

Dans le Gers, la préfecture considérait en début de semaine que la situation était «stabilisée».

Environ 70.000 palmipèdes y ont été abattus dans une douzaine de fermes et la situation est «sous contrôle», selon la chambre d'agriculture du Gers.

Une «moindre densité d'élevages» peut expliquer que le département est moins touché que le voisin des Landes, observe le président de la chambre d'agriculture, Bernard Malabirade.


Le gouvernement français présente un budget attendu de pied ferme par l'opposition

La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours à Guidel, dans l'ouest de la France (Photo, AFP).
La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours à Guidel, dans l'ouest de la France (Photo, AFP).
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  • Les débats s'annoncent explosifs depuis l'annonce du gouvernement qui envisage d'introduire dans le projet de budget une réforme des retraites
  • Mme Borne devrait s'expliquer sur sa démarche dès lundi matin dans une interview

PARIS: Le gouvernement français présente lundi son projet de budget 2023, première grande épreuve du feu en vue pour le camp du président Emmanuel Macron qui ne dispose plus que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale.

Les débats pourraient s'annoncer d'autant plus explosifs après la rentrée parlementaire le 3 octobre que l'exécutif envisage par ailleurs d'introduire dans le projet de budget de la Sécurité sociale une réforme des retraites censée entrer en vigueur en 2023.

Pour trancher sur cette option qui divise jusque dans ses rangs, le chef de l'Etat réunira cette semaine avec sa Première ministre Elisabeth Borne les chefs de la majorité et les ministres concernés, a annoncé samedi son entourage.

Mme Borne devrait s'expliquer sur sa démarche dès lundi matin dans une interview.

S'agissant du budget de l'Etat pour 2023, le gouvernement veut relever le défi de protéger les Français d'une inflation inédite depuis des décennies tout en contenant les déficits publics.

"Avec le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, nous présenterons lundi un budget de protection", a résumé le ministre de l'Action et des Comptes publics Gabriel Attal dans un entretien au Journal du Dimanche.

Bouclier tarifaire
Au volet "protection du pouvoir d'achat", il a notamment cité le bouclier tarifaire, qui limite la hausse des factures d'électricité et de gaz début 2023 à "15% au lieu de 120%".

"Budget de protection, aussi, pour nos comptes publics, puisque nous tenons les 5% de déficit en 2023, indispensable étape au redressement de nos comptes", a ajouté le ministre, soulignant que la charge de la dette coûterait en 2022 à la France "18 milliards de plus que prévu" et 51,7 milliards d'euros au total l'année prochaine.

Le bouclier tarifaire pourrait ne pas suffire aux oppositions, en particulier à la coalition de gauche et à l'extrême droite qui font pression pour la création d'une taxe sur les "superprofits". Divisé sur la question, le gouvernement espère trouver une issue à l'échelle européenne.

Faute de parvenir à trouver parmi les députés d'opposition, notamment de droite, la quarantaine de voix qui lui manque pour atteindre la majorité absolue, le gouvernement s'attend à devoir recourir à l'article 49.3 de la Constitution qui permet de faire adopter son budget sans vote.

Il offrirait néanmoins ainsi à l'opposition la possibilité de déposer une motion de censure, la deuxième de ce second quinquennat, après celle de la gauche le 11 juillet, largement rejetée avec 146 voix sur 577.


France: Réouverture de l'aéroport de Montpellier espérée en début de semaine

Un avion cargo Boeing 737 de l'Aéropostale après qu'il soit sorti de piste à l'aéroport de Montpellier (Photo, AFP).
Un avion cargo Boeing 737 de l'Aéropostale après qu'il soit sorti de piste à l'aéroport de Montpellier (Photo, AFP).
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  • Reprise imminente du trafic aérien à l'aéroport de Montpellier après la sortie de piste d'un avion de fret
  • Les vols en partance ou devant arriver sur cet aéroport ont été soit annulés ou déroutés en raison des opérations pour dégager l'appareil accidenté

MONTPELLIER: La reprise du trafic aérien à l'aéroport de Montpellier, dans le sud de la France, fermé depuis samedi matin après la sortie de piste d'un avion de fret, pourrait intervenir "en début de semaine" si les opérations pour dégager l'appareil accidenté réussissent, a annoncé dimanche le préfet de l'Hérault.

"Je ne peux pas encore vous donner un calendrier précis, nous espérons en tout cas qu'en début de semaine prochaine les vols puissent reprendre", a indiqué le représentant de l’État, Hugues Moutouh, lors d'un point presse sur le tarmac de l'aéroport.

Depuis samedi, les vols en partance ou devant arriver sur cet aéroport, situé sur le littoral méditerranéen et qui voit transiter jusqu'à 197.000 passagers par mois en saison estivale, ont été soit annulés, soit déroutés.

"Dans la nuit de vendredi à samedi à 02H36 précisément un Boeing 737 (...) de la compagnie West Atlantic, a fait une sortie de piste", a rappelé le préfet ajoutant que l'avion n'avait "pas réussi à freiner suffisamment".

L'appareil, un vol régulier transportant du courrier qui atterrissait chaque nuit à la même heure sur le tarmac de Montpellier, a fini sa route dans l'étang de Mauguio situé en bout de piste, le nez de l'appareil en partie immergé.

Les trois personnes présentes dans l'appareil ont pu être désincarcérées et mises en sécurité grâce à l'intervention rapide des secours. Elles sont indemnes.

Si "les circonstances exactes" de cet accident "restent à être déterminées par les experts" et sont souvent "multiples", "on pense que la météo a joué un rôle déterminant dans cette sortie de piste", a avancé le préfet. Il pleuvait sur Montpellier cette nuit-là.

Dimanche après-midi, des "opérations très complexes" ont débuté pour dégager l'avion accidenté, a indiqué le représentant de l'Etat.


Budget Sécu: Un tour de vis sur les dépenses de santé prévu après 2023

Le ministre français des Finances et de l'Economie Bruno Le Maire (Photo, AFP).
Le ministre français des Finances et de l'Economie Bruno Le Maire (Photo, AFP).
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  • Ces trois dernières années, le Covid et le Ségur de la santé ont fait bondir les dépenses de plus de 20%
  • Les pertes devraient ensuite continuer de se réduire à un rythme beaucoup plus modéré, pour s'établir à 2,6 milliards en 2026

PARIS: Le budget 2023 de la Sécu prévoit une hausse de 3,7% des dépenses de santé l'an prochain, puis de 2,7% maximum les années suivantes, ce qui "suppose une action résolue pour freiner la dépense", a indiqué dimanche le Haut conseil des finances publiques (HCFP).

Une cure de rigueur se profile pour l'assurance maladie. Ces trois dernières années, le Covid et le "Ségur de la santé" ont fait bondir les dépenses de plus de 20%, à près de 245 milliards d'euros.

Mais le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 prévoit une "progression sensiblement moins rapide" dans un proche avenir, note le HCFP dans son avis sur le texte qui sera présenté lundi en Conseil des ministres.

Pas dès l'an prochain, puisque le texte fixe un objectif de dépenses d'assurance maladie (Ondam) à 3,7%, sans compter l'enveloppe dédiée à la crise sanitaire: une provision d'un milliard pour les tests et les vaccins, qui "risque de se révéler très insuffisante".

Cela permet cependant au gouvernement d'afficher un déficit en forte baisse pour la branche maladie, d'environ 20 milliards d'euros en 2022 à 6,5 milliards en 2023, selon l'avant-projet de loi de financement de la sécurité sociale, consulté dimanche par l'AFP.

Les pertes devraient ensuite continuer de se réduire à un rythme beaucoup plus modéré, pour s'établir à 2,6 milliards en 2026.

Mais pour y parvenir, l'exécutif table sur un Ondam à "2,7% en 2024 et 2025, puis 2,6% en 2026 et 2027", ce qui "suppose une action résolue pour freiner la dépense (...) dont les modalités ne sont pas documentées", souligne le HCFP.

Plus que sur l'hôpital, l'effort devra porter "en particulier (sur les) soins de ville, malgré l'impact haussier du vieillissement de la population et du progrès technique" qui feront gonfler les coûts, ajoute l'organisme rattaché à la Cour des comptes.

Une contrainte que le gouvernement devra intégrer au volet santé du Conseil national de la refondation, qui sera lancé le 3 octobre, avec pour objectif principal d'améliorer l'accès aux soins et de lutter contre les déserts médicaux.