Rétrospective 2021 : Le PIF, cette force motrice qui stimule la diversification économique

Une photo montre la conférence annuelle de la Future Investment Initiative (FII) dans la capitale saoudienne Riyad le 27 octobre 2021. L'Arabie saoudite pourrait devenir neutre en carbone avant son objectif de 2060 si la technologie évolue assez rapidement, a déclaré le prince Abdelaziz ben Salmane, quelques jours avant la COP26. (Fayez Nureldine/AFP)
Une photo montre la conférence annuelle de la Future Investment Initiative (FII) dans la capitale saoudienne Riyad le 27 octobre 2021. L'Arabie saoudite pourrait devenir neutre en carbone avant son objectif de 2060 si la technologie évolue assez rapidement, a déclaré le prince Abdelaziz ben Salmane, quelques jours avant la COP26. (Fayez Nureldine/AFP)
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Publié le Dimanche 02 janvier 2022

Rétrospective 2021 : Le PIF, cette force motrice qui stimule la diversification économique

  • La diversification économique en Arabie saoudite privilégie plusieurs secteurs non pétroliers
  • C'est le tourisme qui a donné le coup d'envoi aux grandes initiatives du PIF en 2021

DUBAÏ : L'année qui vient de s'écouler a été déterminante pour le Fonds d'investissement public (PIF). Le fonds souverain de l'Arabie saoudite a en effet annoncé une stratégie sur cinq ans en faveur d'une économie plus diversifiée dans le Royaume.

Cette stratégie s'inscrit dans la lignée du plan quinquennal lancé en 2017, en vertu duquel le gouvernement saoudien avait confié au PIF la mission de « piloter la transformation économique dans le pays ».

À la fin de l'année 2020, les actifs gérés par le PIF s'élevaient à environ 1 500 milliards de SAR (soit 400 milliards de dollars), ce qui représente le triple de la valeur enregistrée en 2015 (570 milliards de SAR).

Les objectifs du fonds souverain saoudien consistent à atteindre, voire dépasser, le double de cette croissance ; en portant la valeur des actifs sous gestion à quelque 4 000 milliards SAR d'ici à 2025 et en investissant plusieurs milliards de dollars en faveur du produit intérieur brut (PIB) du Royaume dans les secteurs non pétroliers.

 

La diversification économique en Arabie saoudite privilégie en effet plusieurs secteurs non pétroliers : le logement, les soins médicaux et les services financiers.

Mais c'est le tourisme qui a donné le coup d'envoi aux grandes initiatives du FIP en 2021.

FAITS MARQUANTS

En janvier, le Fonds souverain a lancé le projet Cruise Saudi qui propose une série de croisières de loisirs à travers le littoral du Royaume.

Le secteur du tourisme a été marqué par un autre grand projet : la société Soudah Development Co. a été inaugurée le mois suivant dans la région d'Asir, avec un investissement à hauteur de 11 milliards de SAR.

Le PIF a par ailleurs réalisé d'autres projets remarquables dans le domaine du tourisme, notamment The Rig, une destination touristique (150 000 m²) qui sera construite sur une plate-forme pétrolière offshore. Le fonds s'est associé à la société E1 Series pour organiser le premier championnat mondial de bateaux à moteur électrique. En outre, deux sociétés détenues par le PIF –  The Red Sea Development Co. et Amaala –  ont fusionné pour créer un centre touristique de premier plan sur la mer Rouge.

En janvier, le fonds a lancé Cruise Saudi qui propose une série de croisières de loisirs à travers le littoral du Royaume. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la Vision 2030 de l'Arabie Saoudite qui vise à ouvrir le pays au monde.

Un autre projet majeur dans le domaine du tourisme, la Soudah Development Co. dans la région d'Asir, a été annoncé le mois suivant avec un investissement de 11 milliards de SAR.

Le PIF a par ailleurs réalisé d'autres projets remarquables dans le domaine du tourisme, notamment The Rig : une destination touristique (150 000 m²) construite sur une plate-forme pétrolière offshore. Le fonds s'est également associé à la société E1 Series en vue d’organiser le premier championnat mondial de bateaux à moteur électrique. En outre, deux sociétés détenues par le PIF - The Red Sea Development Co. et Amaala - ont fusionné pour créer un centre touristique de premier plan sur la mer Rouge.

Dans les mois qui ont suivi, le PIF a entrepris une série de démarches internes visant à étoffer son équipe et à profiter d'un plus grand nombre d'opportunités d'investissement nationales et internationales.

Deux gouverneurs adjoints ont rejoint le fonds en juin : Turqi Al-Nowaiser et Yazeed Alhumeid. Trois autres cadres supérieurs ont suivi : Eyas Al-Dossari, Omar Al-Madhi et Abdallah Shaker.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a déclaré que les investissements du fonds se sont chiffrés à environ 84 milliards de SAR cette année. L’objectif de cette croissance est de relancer l'économie saoudienne qui connaît un déficit depuis plusieurs années et qui a souffert de la chute historique des prix du pétrole au cours de l'année dernière.

Au mois de décembre, le prince héritier a annoncé que 75 milliards de SAR seront investis dans le projet dirigé par la société Central Jeddah Development appartenant au PIF. La nouvelle destination touristique disposera de plusieurs milliers de chambres d'hôtel et de résidences et sera entourée de grands complexes touristiques et de loisirs répartis sur 5,7 millions de m². 

Ce projet apportera 47 milliards de SAR à l'économie du Royaume d'ici à 2030.

Cette année a également connu de grands investissements du PIF dans des entreprises majeures, notamment l'acquisition de 25 % des parts d'Emaar The Economic City (la ville économique d'Emaar). Le PIF a également mis sur le marché une partie de ses parts dans STC, la plus grande entreprise de télécommunications du Royaume.

Aux côtés d'autres investisseurs, le PIF a conclu un accord de 410 millions de dollars pour le rachat du club de football Newcastle United, qui participe à la Premier League en Angleterre.

À la suite de cette opération médiatisée, le fonds saoudien est devenu le principal actionnaire de l'équipe de football britannique North East, dont il détient 80 % des parts.

Dans le souci de renforcer l'économie saoudienne, le PIF réalise des investissements au-delà des frontières du Royaume. En 2021, il a acheté des actions de Walmart (géant de la vente au détail) et de Pinterest (entreprise de médias sociaux) : il a ainsi triplé son portefeuille d'actions cotées en bourse aux États-Unis qui a atteint 43,45 milliards de dollars au troisième trimestre.

Les quatre années à venir seront déterminantes pour le PIF à mesure que le Royaume se rapprochera de son objectif pour l'année 2030.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.