Pass à l'Assemblée: le gouvernement cible LR et veut maintenir le cap

Le Premier ministre français Jean Castex s'adresse aux députés lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris le 4 janvier 2022. (AFP)
Le Premier ministre français Jean Castex s'adresse aux députés lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris le 4 janvier 2022. (AFP)
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Publié le Mardi 04 janvier 2022

Pass à l'Assemblée: le gouvernement cible LR et veut maintenir le cap

  • Devant les députés LREM réunis, le Premier ministre Jean Castex a appelé dans la matinée la majorité à être «plus unie et plus déterminée que jamais»
  • «Soit Valérie Pécresse a menti en disant qu'elle soutenait le pass vaccinal (...), soit elle disait la vérité (...), mais à ce moment-là, ses troupes ne la suivent pas» a résumé Attal

PARIS: Le gouvernement fustige "l'irresponsabilité" des oppositions après le couac à l'Assemblée du texte instaurant le pass vaccinal, dont la discussion reprend mardi soir au pas de course.


Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a reconnu en début de matinée que les oppositions avaient "manifestement réussi" leur "coup" pour "faire dérailler" les choses dans la nuit.


Mais "on va tout faire pour tenir au plus près le calendrier qui était prévu", a-t-il assuré sur France Inter en défendant un texte "absolument nécessaire", alors que plus de 19 600 patients malades du Covid-19 étaient hospitalisés lundi soir.


Devant les députés LREM réunis, le Premier ministre Jean Castex a appelé dans la matinée la majorité à être "plus unie et plus déterminée que jamais", selon des propos rapportés.


De sources parlementaires, les débats devant l'Assemblée reprendront mardi soir - ce qui laisse augurer une longue nuit, plus de 500 amendements restant au menu. L'audition au Sénat mardi en fin d'après-midi du ministre de la Santé Olivier Véran a, elle, été reportée à une date ultérieure non précisée.


Le gouvernement visait initialement une adoption définitive par le parlement du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal en fin de semaine, avant une entrée en vigueur au 15 janvier.


L'examen du texte ne devait être qu'une simple formalité. Mais, coup de théâtre, il s'est transformé en nouveau couac lorsque 125 députés -contre 121- ont refusé dans la nuit de lundi à mardi, par un vote à main levée, la poursuite des débats. Une issue saluée bruyamment par l'opposition.


"Amateurs un jour, amateurs toujours", a raillé le président du groupe LR à l'Assemblée Damien Abad après ce "gros camouflet pour la majorité En Marche et le gouvernement", "mis en minorité".


A trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, les candidats de droite comme de gauche ont aussi largement critiqué le gouvernement.


Pour le candidat LFI et député Jean-Luc Mélenchon, c'est "une correction" infligée à Olivier Véran, qui avait sollicité l'accord de l'hémicycle pour poursuivre les débats après l'heure normale de clôture de l'Assemblée à minuit.


La candidate PS à la présidentielle Anne Hidalgo et la candidate LR Valérie Pécresse ont rejeté la responsabilité de cet épisode sur le gouvernement, qui "ne respecte personne" selon Mme Hidalgo, et "n'arrive pas à tenir sa majorité à trois mois de la présidentielle", sur "un texte mal ficelé" selon Mme Pécresse.

Pécresse et LR dans le viseur 
Gabriel Attal réfute tout amateurisme de la majorité, déjà prise en défaut de mobilisation à plusieurs reprises, et le président du groupe LREM à l'Assemblée Christophe Castaner assure que tout le monde était "présent".


Mais pour Patrick Mignola, patron du groupe MoDem, allié de la majorité présidentielle, "ce qui est arrivé est de la responsabilité directe et principale de la majorité, c’est un défaut de mobilisation".


"Les oppositions se sont opportunément réunies dans une alliance de la carpe et du lapin", et la majorité n'a pas su "déjouer la ruse", analyse-t-il auprès de l'AFP.


Gabriel Attal fustige, lui, "les députés de La France insoumise, du Rassemblement national et les députés LR" qui ont constitué "une forme d'amicale de l'irresponsabilité", s'en prenant particulièrement aux Républicains et à leur candidate Valérie Pécresse, donnée au second tour de la présidentielle dans les sondages face à Emmanuel Macron.


Il pointe du doigt le décalage entre d'un côté une candidate et des députés LR affichant publiquement leur soutien au pass, et de l'autre des parlementaires LR qui, une fois dans l'hémicycle, critiquent et votent contre.


"Soit Valérie Pécresse a menti en disant qu'elle soutenait le pass vaccinal (...), soit elle disait la vérité (...), mais à ce moment-là, ses troupes ne la suivent pas", a-t-il résumé.


"Quelle est notre position, la mienne est simple: nous critiquons l'impréparation de ce gouvernement face à cette crise", a répondu Valérie Pécresse depuis son QG de campagne à Paris.


"Mais nous sommes aussi un parti en responsabilité et la position du groupe a été affirmée: nous ne nous opposerons pas à ce texte, c'est la position du groupe à l'Assemblée et au Sénat", a-t-elle assuré.


Jusqu'alors, les débats autour du texte avançaient à pas comptés en raison de l'hostilité de députés de plusieurs groupes politiques. Dans un hémicycle chauffé à blanc, ils s'étaient attardés sur l'épineuse question du pass vaccinal pour les mineurs dès 12 ans et les restrictions susceptibles de s'imposer aux jeunes non-vaccinés.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.