La Corée du Nord tire un projectile non identifié en mer

Des personnes regardent un journal télévisé montrant des images d'un essai de missile nord-coréen, à Séoul le 5 janvier 2022 (AFP)
Des personnes regardent un journal télévisé montrant des images d'un essai de missile nord-coréen, à Séoul le 5 janvier 2022 (AFP)
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Publié le Mercredi 05 janvier 2022

La Corée du Nord tire un projectile non identifié en mer

  • Ce nouvel essai intervient alors que la Corée du Nord n'a pas répondu à la proposition de Washington de rencontrer des représentants américains afin de négocier
  • Dans un discours prononcé la semaine dernière à l'issue d'une réunion plénière du Parti des travailleurs, Kim Jong Un a dit vouloir poursuivre son programme d'armement, sans mentionner les Etats-Unis

SEOUL: La Corée du Nord a lancé un projectile non identifié dans la mer, un premier test de ce type de la part de Pyongyang en cette nouvelle année immédiatement condamné mercredi par les Etats-Unis.

"Ce tir viole plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et représente une menace pour les voisins de la Corée du Nord et la communauté internationale", a réagi un porte-parole du département d'Etat américain.

"Nous restons attachés à une approche diplomatique envers la Corée du Nord et l'appelons à engager le dialogue", a-t-il ajouté.

Selon l'armée sud-coréenne, Pyongyang a tiré ce qui est "présumé être un missile balistique" dans la mer située à l'est de la péninsule (mer du Japon, ou mer de l'Est selon l'appellation coréenne) vers 08H10 heure locale (23H10 GMT mardi).

"Les services de renseignement sud-coréens et américains l'analysent attentivement pour obtenir plus de détails", ont indiqué les chefs d'état-major interarmées de la Corée du Sud dans un communiqué. 

Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a parlé d'un "possible lancement de missile balistique" sans manquer de regretter que "la Corée du Nord ait lancé des missiles en continu depuis l'an dernier".

M. Kishida a déclaré à la presse que le gouvernement japonais analysait les détails, notamment le nombre de missiles qui ont pu être lancés.

"Aucun dommage n'a été signalé aux avions et aux navires japonais jusqu'à présent", a précisé à la presse le porte-parole du gouvernement japonais, Hirokazu Matsuno, ajoutant que le projectile semblait avoir "parcouru environ 500 kilomètres et être tombé en dehors de la zone économique exclusive du Japon".

L'année 2021 a été marquée par des avancées majeures en matière d'armement pour la Corée du Nord, qui a affirmé avoir testé avec succès un nouveau type de missile balistique lancé par un sous-marin, un missile de croisière à longue portée et une arme lancée par un train et qu'elle a déclaré être une ogive hypersonique.

Lors d'une importante réunion du parti au pouvoir la semaine dernière, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a affirmé sa volonté de renforcer les capacités militaires de son pays, pourtant sous le coup de sanctions internationales.

- Négociations au point mort -

Ce nouvel essai intervient alors que la Corée du Nord n'a pas répondu à la proposition de Washington de rencontrer des représentants américains afin de négocier.

Les négociations avec les Etats-Unis sont au point mort depuis l'échec, en 2019, de la rencontre entre Kim Jong Un et Donald Trump, alors président des Etats-Unis.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Joe Biden il y a un an, les Etats-Unis ont déclaré à plusieurs reprises qu'ils étaient prêts à rencontrer des représentants nord-coréens. Mais Pyongyang a jusqu'à présent rejeté cette offre, accusant Washington de mener des politiques "hostiles".

Dans un discours prononcé la semaine dernière à l'issue d'une réunion plénière du Parti des travailleurs, Kim Jong Un a dit vouloir poursuivre son programme d'armement, sans mentionner les Etats-Unis.

Contrairement aux années précédentes, où son allocution du Nouvel An portait essentiellement sur sa politique extérieure, le leader a fait du développement économique et de la situation alimentaire sa priorité, se bornant à affirmer qu'il gardait à l'esprit "l'environnement militaire dans la péninsule coréenne" et la situation internationale.

"Pyongyang envoie le message aux Etats-Unis qu'il ne changera pas et que c'est à Washington de céder", a déclaré à l'AFP Shin Beom-chul, chercheur à l'Institut coréen de recherche sur la stratégie nationale.

Le régime nord-coréen, qui est sous le coup de sanctions internationales en raison de ses programmes militaires interdits, souffre de pénuries alimentaires.

La pression sur son économie a été renforcée par la fermeture des frontières ordonnée pour lutter contre la pandémie, mais cela n'a pas empêché Pyongyang de développer son programme d'armement, selon un rapport des Nations unies publié en octobre.

Le dirigeant nord-coréen avait reconnu en juin que son pays faisait face à une "situation alimentaire tendue".

En octobre, un expert des droits de l'Homme des Nations unies avait averti que les plus vulnérables étaient "menacés de famine".

 


Trump dit que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin

Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump menace que les États-Unis pourraient ne pas soutenir l’OTAN en cas de besoin, critiquant l’Alliance pour ne pas avoir répondu aux demandes américaines pour sécuriser le détroit d’Ormuz
  • Il dénonce le coût élevé de l’OTAN pour les États-Unis et loue l’avancée de l’opération militaire américaine contre l’Iran, alors que le trafic dans le détroit reste fortement perturbé

MIAMI: Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain, se référant à la demande de Washington - restée lettre morte - de soutien militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré jeudi en Conseil des ministres.

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts, dans un communiqué conjoint le 19 mars, "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit", où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale. Ils avaient cependant exclu toute participation militaire directe.

Le trafic dans ce passage étroit est pratiquement paralysé, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Lors de sa prise de parole à Miami, devant des chefs d'entreprise et des investisseurs réunis pour le sommet du "FII Priority", Donald Trump a une nouvelle fois assuré que l'opération militaire contre l'Iran, qui va entrer dans sa cinquième semaine, se passait pour le mieux.


La guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, Washington espère la finir sous deux semaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
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  • Le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie et s’étend régionalement (Yémen, Liban, Golfe), avec des frappes continues, des victimes civiles croissantes et des risques majeurs (notamment nucléaire et énergétique)
  • Les États-Unis visent une issue rapide sans troupes au sol, tandis que les tensions font grimper les prix du pétrole et aggravent l’instabilité humanitaire et économique mondiale

TEHERAN: La guerre au Moyen-Orient entre samedi dans son deuxième mois sans donner le moindre signe d'apaisement, Israël et l'Iran continuant à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurant que leurs objectifs seront atteints d'ici deux semaines.

Dans une nouvelle extension d'un conflit qui a fait flamber les prix de l'énergie dans le monde entier, Israël a annoncé avoir été visé pour la première fois depuis le début de la guerre par un missile tiré depuis le Yémen, où les rebelles Houthis soutenus par Téhéran avaient peu de temps plus tôt menacé de se joindre au conflit.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP a entendu une dizaine de violentes explosions samedi à l'aube et vu des panaches de fumée noire s'élever depuis l'est de la capitale. Peu de temps plus tard, comme lors des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé être en train de "frapper des cibles du régime" dans la ville.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, a été frappée pour la troisième fois en dix jours, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) citant des responsables iraniens. Même si aucun dégât sur le réacteur actif et aucune fuite radioactive n'ont été signalés, le directeur de l'AIEA Rafael Grossi a de nouveau appelé "à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire".

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv, selon les services de secours, peu après une alerte de l'armée faisant état de tirs de missiles depuis l'Iran. Deux autres personnes ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Le chef du commandement intérieur de l'armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'un missile à sous-munitions avait provoqué des "destructions considérables" dans un immeuble résidentiel.

"L'appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (...) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage", a-t-il expliqué.

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et fait donc souvent des victimes dans la durée parmi la population civile. Ce type d'armes est interdit par une convention de 2008, signée par plus d'une centaine de pays dont ni l'Iran ni Israël ne font partie.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale. Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures pour répondre à la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit.

- Espoir de négociations -

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines".

"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a affirmé le ministre américain à des journalistes à l'issue d'une réunion du G7 près de Paris.

M. Rubio a aussi estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Alors que, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X. Le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui dit avoir l'espoir de tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran, qui continue de riposter.

Selon plusieurs médias américains, au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans la nuit de vendredi à samedi par une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, qui a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a appelé les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.

Aux Emirats arabes unis, cinq personnes, de nationalité indienne, ont été blessées samedi lors d'un incendie provoqué par des chutes de débris provenant de l'interception d'un missile balistique au-dessus d'une zone industrielle d'Abou Dhabi, selon les autorités.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant. Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les bombardements.

Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.

"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

L'aviation israélienne a continué vendredi à bombarder le sud du Liban, la plaine de la Bekaa (est) et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah, selon les médias officiels libanais qui ont recensé plusieurs morts.

Le Hezbollah a affirmé pour sa part se livrer à des combats "au corps à corps" dans le sud, où Israël mène une profonde incursion en vue d'élargir une "zone tampon" le long de sa frontière.

Selon le dernier bilan officiel vendredi, la guerre a fait 1.142 morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.