Guadeloupe: des actions coups de poing contre l'obligation vaccinale tandis que l'épidémie repart

Un collectif d'organisations, majoritairement opposées à l'obligation vaccinale contre la Covid-19 pour le personnel soignant et les pompiers avaient  occupé l'hémicycle du Conseil régional de la Guadeloupe fin décembre (Photo, AFP).
Un collectif d'organisations, majoritairement opposées à l'obligation vaccinale contre la Covid-19 pour le personnel soignant et les pompiers avaient occupé l'hémicycle du Conseil régional de la Guadeloupe fin décembre (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 06 janvier 2022

Guadeloupe: des actions coups de poing contre l'obligation vaccinale tandis que l'épidémie repart

  • Depuis le 17 juillet, des militants contre l'obligation vaccinale et le pass sanitaire se mobilisent chaque week-end en Guadeloupe
  • Ils sont une cinquantaine à avoir pris position mardi en fin de matinée devant le bâtiment administratif du CHU, bloquant entrées et sorties

POINTE-A-PITRE: Les bureaux de la direction de l'hôpital de Guadeloupe assiégés par des militants antivax, l'état d'urgence sanitaire décrété sur l'île en raison de l'explosion du nombre de cas de Covid, la crise n'en finit pas en Guadeloupe. 

Ils sont une cinquantaine à avoir pris position mardi en fin de matinée devant le bâtiment administratif du CHU, bloquant entrées et sorties. Le directeur du CHU de Guadeloupe Gérard Cotellon et ses deux adjoints ont être exfiltrés par la police, non sans recevoir "des coups, des injures et des jets d'urine", selon leur récit. 

"Mon adjoint et moi même avons été violemment agressés" et "pris à partie par une horde de manifestants très excités, très violents, en parole et en action", a ainsi raconté Gérard Cotellon qui affirme avoir reçu "un coup violent à la tête". 

Depuis le 17 juillet, des militants contre l'obligation vaccinale et le pass sanitaire se mobilisent chaque week-end en Guadeloupe. La crise a atteint son paroxysme fin novembre quand le collectif d'organisations "en lutte" a appelé à une mobilisation générale qui s'est traduite par des barrages routiers et le blocage durant trois semaines de la circulation en de très nombreux points de l'île. 

Le combat contre l'obligation vaccinale ne concerne plus désormais que certains manifestants "déterminés à aller jusqu'au bout", selon les leaders des différentes organisations, et qui maintiennent des meetings et des actions sporadiques. 

Un collectif d'organisations, notamment syndicales et citoyennes, majoritairement opposées à l'obligation vaccinale contre la Covid-19 pour le personnel soignant et les pompiers avaient ainsi occupé l'hémicycle du Conseil régional de la Guadeloupe près de 24 heures fin décembre, après avoir fait intrusion en pleine session plénière. 

Cinquième vague de Covid 

La classe politique et les autorités locales ont unanimement condamné les violences de mardi. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a exprimé mercredi à l'issue du Conseil des ministres "toute (sa) solidarité" avec le directeur du CHU, qui a été "frappé, séquestré par des militants antivax". "C'est honteux, c'est révoltant, c'est scandaleux, et c'est inadmissible en République", a-t-il ajouté. 

La directrice générale de l'ARS Valérie Denux a, elle, fustigé dans un communiqué ces violences, indiquant que les "personnes qui ont agi ainsi ne peuvent plus se qualifier de professionnels de santé". 

"Les auteurs doivent être identifiés, retrouvés et condamnés, tout comme leurs commanditaires", ont écrit les parlementaires de Guadeloupe dans un communiqué commun. "Comment peut-on, en République, tolérer ou du moins laisser commettre des violences à l'encontre de personnels dont la seule mission consiste à préserver et sauver des vies ?", se sont-ils indignés, refusant "la prise en otage du pays". 

"Ces exactions, indignes, sont d'autant plus inquiétantes et irresponsables dans un contexte la Guadeloupe entre dans une cinquième vague de Covid très préoccupante", ont écrit dans un communiqué commun les élus de Guadeloupe, indiquant se joindrel'indignation et au mécontentement de l'ensemble de la communauté hospitalière". 

En raison de l'explosion locale des contaminations à la Covid 19, le gouvernement a décidé de replacer la Guadeloupe, ainsi que les Îles du Nord, en état d'urgence sanitaire, mercredi en conseil des ministres. 

Selon le bulletin épidémiologique du 29 décembre, qui devait être actualisé mercredi soir (heure locale), l'île a comptabilisé plus de 2.000 nouveaux cas positifs à la Covid la dernière semaine de décembre, contre 550 environ la semaine précédente. Le variant Omicron représentait 45% des prélèvements, selon la même source. 

En Guadeloupe, la résistance à la vaccination est encore forte, d'après les chiffres de l'ARS: moins de 50% de la population a reçu au moins une dose de vaccin. En revanche, les taux de vaccination chez les personnes astreintes à l'obligation vaccinale atteignent plus de 95%. Ainsi, "96% du personnel du CHU est conforme à l'obligation vaccinale", précise-t-on à l'hôpital. 

Pourtant aucune tentative de négociation n'a pu aboutir entre les élus, l'Etat et le collectif mobilisé. Pour l'heure, le collectif annonce de nouveaux rassemblements et meetings à venir. 

Le président Emmanuel Macron, interrogé par le quotidien Le Parisien, a déclenché mardi la polémique en déclarant avoir "très envie (d') emmerder" les non-vaccinés. 


Un défilé «massif» et européen pour le dernier 14-Juillet d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
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  • Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin"
  • Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu

PARIS: Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens.

Près de 6.700 troupes à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules: jamais autant de militaires n'auront défilé sur les Champs-Elysées afin d'illustrer "le réarmement de la France, l'autonomie stratégique de la France et le réveil stratégique européen", selon l'Elysée.

Au lendemain d'un nouveau sommet dans la capitale française des 37 pays de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine, la France met à l'honneur des contingents de chacun de ces pays -500 défilants au total- ainsi que 25 militaires ukrainiens qui défileront à leur suite.

Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin", alors que la Russie menace la sécurité du continent et que les Etats-Unis de Donald Trump sont perçus comme imprévisibles.

Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive. "Une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre", a réagi lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que 24 chefs d'Etat ou de gouvernement européens, parmi lesquels l'Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer, le Polonais Donald Tusk ou encore la Danoise Mette Frederiksen, doivent assister au défilé.

"Le message que nous envoyons au monde est le suivant: oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a déclaré le chef de l'Etat lors de son traditionnel discours aux Armées à la veille de la fête nationale.

"Signalement stratégique" 

Le défilé sera ouvert par la Patrouille de France suivie de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France. Des avions de dix pays européens y participeront également.

Pour son dernier défilé en tant que chef des Armées, Emmanuel Macron, qui avait invité le président américain Donald Trump pour son premier en 2017, entend aussi montrer la remontée en puissance des armées sous sa présidence, au cours de laquelle le budget de défense aura doublé.

"L'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera", a-t-il fait valoir lundi.

La loi de programmation militaire, dont l'actualisation a été approuvée le 1er juillet par le Parlement, prévoit 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030, soit 36 milliards de plus que dans sa version adoptée en 2023.

Selon l'Elysée, "il faut concevoir ce défilé comme un signalement stratégique, c'est-à-dire un message que la France envoie, celui d'armées puissantes qui sont capables d'entrer en premier dans un conflit, de combattre".

La France entend donc montrer ses muscles avec des avions qui voleront au-dessus des Champs-Elysées avec des maquettes d'armements sous les ailes, une première pour un 14-Juillet, ou encore des hélicoptères qui défileront "au-dessus des chars, de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille", explique-t-on à l'Elysée, qui entend montrer "une armée modernisée prête au combat".

Au cours du défilé seront également mis à l'honneur les militaires français déployés sur le flanc Est de l'Europe, notamment en Estonie et en Roumanie, ainsi que la Marine nationale qui célèbre ses 400 ans.


14 juillet : dans un Golfe en transformation, la France mise sur des partenariats de long terme

De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
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  • Les pays du Golfe redéfinissent leurs partenariats autour de la sécurité, de l’innovation et de la création de valeur à long terme, au-delà des seuls échanges commerciaux
  • La France, grâce à son ancrage historique et à une coopération diversifiée, reste un partenaire stratégique pour des pays comme Oman et les Émirats arabes unis

DUBAÏ: Le 14 juillet ne se limite pas à la célébration de l’histoire et des valeurs françaises. Il offre aussi un regard sur la place de la France auprès de ses partenaires internationaux. Dans le Golfe, où les équilibres économiques et géopolitiques évoluent rapidement, les attentes en matière de coopération changent. Les États de la région ne recherchent plus uniquement des fournisseurs ou des investisseurs, mais des partenaires capables de s’inscrire dans la durée.

Sécurité, diversification économique, innovation technologique, souveraineté industrielle et développement des compétences sont désormais au cœur des relations entre les pays du Golfe et leurs partenaires internationaux. Dans un environnement régional en mutation rapide, les questions de défense et de sécurité sont de plus en plus liées aux enjeux économiques.

La relation entre la France et Oman illustre cette évolution. Pour Lionel Rabin, fondateur et Managing Director de Haltiqa – Bridging Energies et président du Oman–France Joint Business Council, « la relation avec la France illustre ce qui définit aujourd’hui un partenariat stratégique de long terme : la confiance, la continuité et la capacité à contribuer concrètement aux priorités nationales ».

Selon lui, la coopération franco-omanaise s’est progressivement étendue « à la défense, à l’énergie, à la logistique, aux infrastructures, à l’industrie, aux technologies et à l’intelligence artificielle », avec l’objectif de transformer le dialogue politique en projets économiques concrets.

Cette évolution concerne également les Émirats arabes unis, où la relation avec la France s’est renforcée autour de secteurs stratégiques. Agnès Lopez Cruz, directrice de la CCI France-Émirats, souligne que ce partenariat repose sur « la qualité et la continuité du dialogue », mais aussi sur une coopération élargie à « l’énergie, l’innovation, les technologies de pointe et, de plus en plus, l’intelligence artificielle ».

Face aux incertitudes régionales et à la volonté des pays du Golfe de diversifier leurs économies, la France conserve plusieurs atouts : une présence historique, un dialogue stratégique établi et une coopération qui dépasse désormais les secteurs traditionnels.

À l’occasion du 14 juillet, l’enjeu est donc moins de dresser le bilan d’une relation historique que d’observer sa transformation. Dans un Golfe qui cherche à construire de nouveaux équilibres, les partenariats se mesurent désormais à leur capacité à accompagner les ambitions nationales sur le long terme.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.