Kazakhstan: scènes de désolation à Almaty

Une voiture incendiée près d'un quartier administratif dans le centre d'Almaty, le 6 janvier 2022. (Photo, AFP)
Une voiture incendiée près d'un quartier administratif dans le centre d'Almaty, le 6 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 08 janvier 2022

Kazakhstan: scènes de désolation à Almaty

  • Les affrontements mercredi et jeudi ont fait des dizaines de morts, selon les autorités
  • Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles

ALMATY : Voitures et immeubles brûlés, flaques de sang sur le sol: vendredi, après plusieurs jours d'émeutes meurtrières, des habitants d'Almaty, capitale économique du Kazakhstan, s'aventurent timidement par petits groupes dans la rue, découvrant des scènes qu'ils pensaient inimaginables.

Dans la plus grande ville du pays transformée en champ de bataille, des engins de chantier alignent des blocs de béton pour aménager des points de contrôle dans les zones où les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont été les plus violents, selon des journalistes de l'AFP.

Des coups de feu éclatent soudain: les forces de sécurité ont tiré en l'air pour disperser des badauds agglutinés près d'un checkpoint pour regarder et photographier un véhicule brûlé. "Partez !", crie un policier.

"Je suis un simple habitant. Je voulais voir ce qui se passe dans ma ville", explique, interloqué, Gavit, un homme âgé de 47 ans qui préfère taire son nom de famille.

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(Photo, AFP)

Gouverné de façon autoritaire depuis plus de trois décennies, le plus grand pays d'Asie centrale, peuplé de 19 millions d'habitants, a longtemps été associé à ses abondantes ressources naturelles et à sa stabilité.

Mais le calme a volé en éclats lorsque des manifestations ont débuté dimanche en province contre la hausse des prix du gaz, avant de gagner des grandes villes, dont Almaty, où elles se sont muées en violentes émeutes.

À Almaty, des affrontements mercredi et jeudi ont fait des dizaines de morts, selon les autorités.

Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur les émeutiers, qui ont pris d'assaut et incendié la mairie et la résidence présidentielle.

La situation semblait s'être relativement calmée vendredi, mais, signe des tensions qui existent encore, des coups de feu pouvaient parfois être entendus.

«Leçon»

Dans le quartier des affaires, où les banques ont toutes baissé le rideau, la police arrête et fouille les rares voitures, sous le regard nerveux des conducteurs, sommés d'attendre avec les mains sur la nuque.

Plus loin, des volontaires, masque chirurgical sur le visage et équipés de brassards, ont improvisé un checkpoint avec des bancs et des barres de métal, filtrant les véhicules.

"Qui êtes-vous ? Pas des pillards, j'espère ?", s'inquiète un conducteur en arrivant à leur hauteur. "Où est la police ?"

L'un de ces volontaires explique avoir décidé de venir après avoir vu sur les réseaux sociaux un appel à aider les autorités à protéger la ville des émeutiers, dont certains ciblent supermarchés, magasins de chasse et boutiques de prêteurs sur gages à la recherche de butin ou d'armes.

"J'ai envie d'aider la ville. Ce qui s'est passé au cours des trois ou quatre derniers jours, c'est terrible", explique Aziz Baltabaïev, employé de banque. 

"Ce qui est arrivé doit servir de leçon à la population et au gouvernement", ajoute-t-il.

Quelques minutes plus tard, des engins de chantier arrivent pour remplacer les bancs par des blocs de béton.

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(Photo, AFP)

Vitrines brisées

Rares sont les commerces ouverts et les habitants commencent à s'inquiéter pour le ravitaillement.

Au milieu des boutiques aux vitrines brisées, on trouve parfois quelques épiceries ouvertes, mais leurs rayons sont quasiment vides. Certaines n'ont même pas de denrées de base, comme du pain, à vendre.

Les habitants se sont rués sur les quelques stations-service ayant rouvert vendredi, provoquant la formation de longues files d'attente. Une poignée de restaurants ont aussi repris du service.

Devant un fast-food, des badauds cherchent à recouper des rumeurs faisant état d'affrontements entre militaires et manifestants à l'extérieur de la ville, ou échangent des récits de mésaventures arrivées aux uns et aux autres.

"Au début de la semaine, j'ai laissé mon téléphone à un prêteur sur gages", mais la boutique a depuis été pillée, raconte ainsi Almas. "J'imagine que je ne le reverrai jamais".

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(Photo, AFP)

Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.