Le train, cordon ombilical entre Alpes françaises et italiennes

Des voyageurs descendent du 'Train des Neiges' à la gare de Tende, le 31 décembre 2021. (Piero Cruciatti/AFP)
Des voyageurs descendent du 'Train des Neiges' à la gare de Tende, le 31 décembre 2021. (Piero Cruciatti/AFP)
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Publié le Samedi 08 janvier 2022

Le train, cordon ombilical entre Alpes françaises et italiennes

  • Le Train des neiges, qui permet d'aller à Limone, puis de poursuivre dans un autre train jusqu'à la ville italienne de Cuneo, circule de nouveau, à raison de six rotations par jour, gratuites
  • Détruit par le déluge, le tunnel de Tende qui permettait de relier par la route en toutes saisons cette ville française à Limone, station de ski italienne, ne rouvrira pas avant 2023

TENDE, France : Plus d'un an après des intempéries exceptionnelles dans des régions alpines en France et en Italie, la reprise du «Train des neiges» entre les deux pays illustre le rôle indispensable des liaisons ferroviaires dans ces vallées enclavées.

En 2020, des crues d'une rare violence avaient dévasté plusieurs régions dans l'arrière-pays de Nice et de Menton, faisant dix morts et huit disparus côté français, notamment dans la vallée de la Roya où se rendra le président Emmanuel Macron lundi. Le nord de l'Italie avait également été touché.

Détruit par le déluge, le tunnel de Tende qui permettait de relier par la route en toutes saisons cette ville française à Limone, station de ski italienne, ne rouvrira pas avant 2023. La route des «50 lacets» n'est, elle, accessible qu'en été.

En hiver, le train est donc désormais le seul axe de communication entre ces régions française et italienne.

Pour Jean-Pierre Vassalo, maire de Tende, «le seul côté positif de la tempête Alex de 2020, c'est qu'on s'est aperçu que le train est indispensable pour la Roya mais aussi pour toute la région: c'est le cordon ombilical entre le Piémont italien, la Côté d'Azur et Monaco».

Un temps menacé, le train, qui a permis d'acheminer des centaines de tonnes de vivres aux sinistrés de la Roya depuis la côte, s'est révélé, après l'hélicoptère, le seul moyen de communication au lendemain de la catastrophe.

Avant de s'interrompre en décembre 2020 pour plusieurs mois, en raison de la fragilité d'un pont à arcatures à Fontan.

Mais désormais le Train des neiges, qui permet d'aller à Limone, puis de poursuivre dans un autre train jusqu'à la ville italienne de Cuneo, circule de nouveau, à raison de six rotations par jour, gratuites.

A Limone, station historique de sports d'hiver de 1.500 habitants et aux 80 km de pistes où, grâce au train, l'on skie depuis le début du XXe siècle, des navettes de bus déposent ensuite les passagers au pied des pistes.

- «Sourire après une année morte» -

«On retrouve le sourire après une année morte», se réjouit Luc Fioretti, responsable de l'Ecole de ski de Tende et commerçant à Saint-Dalmas-de-Tende. Croisé dans la petite gare de Tende, il ramène ce jour-là d'Italie une quinzaine de jeunes skieurs, dont sa fille Anaïs.

Même soulagement pour la principale du collège Saint-Dalmas-de-Tende, Pascale Pillant: «Non seulement la vingtaine d'élèves de la section ski peuvent retourner deux fois par semaine à Limone, mais surtout cela permet à certains de mes enseignants de retrouver une vie plus normale».

Car une dizaine d'entre eux vivent en Italie, à Cuneo notamment, et devaient jusqu'alors arriver très tôt le matin ou rentrer très tard le soir, en raison de la rareté des trains aux horaires d'été. 

Traditionnellement, les touristes ou propriétaires de résidences secondaires qui viennent de la Côte d'Azur, empruntent ce Train des neiges pour aller skier à la journée dans la station italienne. Mais, l'an passé, les volets des résidences secondaires sont restés pour la plupart clos.

«Le Train des neiges doit continuer, et même au-delà de l'hiver, avec les mêmes fréquences», plaide M. Vassalo.

Pour le maire de cette commune rattachée à la France seulement en 1947, «il est indispensable que Limone ne perde pas cette clientèle venue de France, car si elle la perd c'est foutu non seulement pour Limone mais aussi pour la vallée de la Roya».

Mais le caractère transfrontalier de la ligne complique sa gestion. Détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite par l'Italie au titre des dommages de guerre. Depuis lors, Rome prend aussi en charge l'entretien de la voie, sur laquelle circulent à la fois des trains italiens et français.

Une nouvelle convention a été signée récemment entre les deux pays pour simplifier l'exploitation. De plus, dans le cadre de plans d'action régionaux en France, 256 millions d'euros vont être investis sur la seule ligne reliant Nice à Breil et Tende.

Ce qui permettra de «désenclaver, à la fois pour les voyageurs et pour le fret», explique le vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Jean-Pierre Serrus.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.

 


La France publie sa stratégie pour être neutre en carbone, en pleine vague de chaleur

De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
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  • La France présente sa stratégie SNBC-3 visant la neutralité carbone d'ici 2050, avec une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz fossile
  • Les émissions baissent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs, tandis que le financement de la transition reste un défi

PARIS: Après des mois de préparation, le gouvernement présente mercredi sa copie définitive pour une France "neutre en carbone" en 2050, qui se passerait du pétrole et du gaz, qui réchauffent l'atmosphère terrestre.

Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) doit être présentée dans la matinée au ministère de la Transition écologique à l'occasion d'une conférence, et être suivie par la publication d'un décret, attendu dans les prochains jours, selon le ministère.

Les "principales évolutions" du texte et son calendrier doivent notamment être présentés à la presse, indique le ministère, tout comme l'impact du plan d'électrification du gouvernement sur la trajectoire de décarbonation.

Le projet de feuille de route pour baisser les rejets de gaz à effet de serre de la France avait déjà été publié en décembre et devait ensuite faire l'objet d'une série de consultations par des instances diverses, avant celle du public.

Lors de la récente première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, les engagements français avaient été salués.

La France a présenté un document prévoyant notamment la fin de la consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050.

Depuis, l'ouest de l'Europe a connu trois épisodes de chaleurs intenses en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Le gouvernement a aussi annoncé en juin un gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, en dépit de l'urgence de la question climatique, venant poser avec insistance la question du financement par la France de son ambition en matière d'adaptation au changement climatique, à l'heure où les finances publiques sont exsangues.

La nouvelle stratégie climatique française ambitionne une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Or la tendance actuelle (-1,5% en 2025) n'est pas alignée avec cette trajectoire, bien que le pays ait nettement fait baisser ses émissions au premier trimestre 2026 de 4,8% sur un an, à la faveur d'un recul des consommations de chauffage l'hiver dernier.

Pour accélérer, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique.