La paix en Libye reste fragile alors que les différends électoraux défient les règles

Des Libyens manifestent sur la place des Martyrs de Tripoli après l'annonce de la candidature de Saïf al-Islam Kadhafi à la prochaine élection présidentielle (Photo, AFP).
Des Libyens manifestent sur la place des Martyrs de Tripoli après l'annonce de la candidature de Saïf al-Islam Kadhafi à la prochaine élection présidentielle (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 20 avril 2022

La paix en Libye reste fragile alors que les différends électoraux défient les règles

  • Des divisions autour des règles électorales et des candidatures pèsent sur la première élection présidentielle depuis le renversement de Mouammar Kadhafi
  • Un nouveau report des élections a été considéré comme un coup porté aux efforts de la communauté internationale visant à réunifier le pays las de la guerre

DUBAÏ: La Libye occupe une position sensible au niveau de la sécurité des pays arabes et européens et du contrôle des flux migratoires dans la région méditerranéenne. Pourtant, la feuille de route pour le rétablissement de la sécurité et de la stabilité de ce pays riche en pétrole continue d'échapper à la communauté internationale.
La première élection présidentielle en Libye depuis le renversement du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 devait avoir lieu le 24 décembre, dans l'espoir d'unifier enfin ce pays d'Afrique du Nord déchiré par la guerre, après des années de graves bouleversements.
Cependant, deux jours seulement avant l'ouverture du scrutin sous contrôle de l'ONU, les élections ont été reportées en raison d'obstacles logistiques et de querelles juridiques sur les règles électorales et les candidatures.
Le Conseil électoral libyen a demandé le report des élections d'un mois, jusqu'au 24 janvier, après qu'un comité parlementaire chargé de superviser le processus a déclaré qu'il serait «impossible» de les organiser dans les temps prévus.
Même aujourd’hui, dix jours après le début de la nouvelle année, il n'est pas clair si les élections auront lieu. Nombreux sont ceux qui craignent que cette fragile paix dans le pays ne soit réduite à néant si les différends concernant les élections ne sont pas rapidement résolus.

Un panneau d'affichage sur une rue de Tripoli incitant les Libyens à s'inscrire et à voter. (Photo, AFP)

Tout nouveau retard porterait un coup dur aux espoirs de la communauté internationale de réunifier le pays.
«C'est un moment charnière pour la Libye et les signes se multiplient de jour en jour que nous manquons de temps pour organiser des élections libres et équitables», a déclaré à Arab News Ben Fishman, chercheur principal au Washington Institute for Near East Policy.
«Les nombreuses affaires judiciaires à l’encontre des principaux candidats ont limité la durée de la campagne. Tout cela montre que ces élections ne se déroulent pas sur la base constitutionnelle convenue. Il faut plus de temps pour résoudre les problèmes fondamentaux, non seulement concernant les personnes à même de présenter leur candidature, mais également sur les prochains pouvoirs du président.»
Sans un accord concernant ces pouvoirs, a affirmé Fishman, l'élection pourrait entraîner les «conditions pour davantage de polarisation, ainsi qu'un potentiel croissant engendrant plus de violence».
Une candidature particulièrement controversée a émergé avant le vote, celle de Saïf al-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi et solide candidat à la présidence.
Le 24 novembre, un tribunal l'a déclaré inéligible. Son recours contre cette décision a été retardé de plusieurs jours lorsque des miliciens armés ont bloqué le tribunal. Le 2 décembre, la décision a été annulée, ce qui lui a ouvert la voie pour se porter candidat.

Une photo publiée par la Haute Commission nationale libyenne le 14 novembre 2021 montrant Saïf al-Islam Kadhafi (à droite) s'inscrivant comme candidat à la présidentielle. (Photo, AFP/Haute Commission électorale nationale libyenne)

Un tribunal de Tripoli a condamné Saïf al-Islam Kadhafi à mort en 2015 pour des crimes de guerre commis pendant les combats visant à prolonger le règne de quarante ans de son père, face au soulèvement de 2011 soutenu par l'Otan. Il a toutefois obtenu une amnistie et a été libéré l'année suivante par le gouvernement soutenu par l'ONU. Il reste une figure de proue pour les Libyens toujours fidèles à son père.
Kadhafi n'est pas le seul candidat qui divise. Le maréchal Khalifa Haftar, qui a temporairement suspendu en septembre son commandement de l'armée nationale libyenne basée à Tobrouk pour se présenter aux élections, fait également face à des poursuites judiciaires pour crimes de guerre présumés.

Khalifa Haftar soumettant des documents pour sa candidature à l'élection présidentielle libyenne à la Haute Commission électorale nationale à Benghazi, le 16 novembre 2021 (Photo, AFP).

Selon Jonathan Winer, professeur au Middle East Institute et ancien envoyé spécial des États-Unis pour la Libye, les chances de succès de l’élection ont été sérieusement compromises dès le début, lorsque la Chambre des représentants affiliée à Haftar a mis en place la réglementation.
«Ces élections sont devenues de plus en plus chaotiques», a-t-il affirmé. «Le processus pour savoir qui est disqualifié et qui ne l'est pas est, pour le moins, imparfait, et comporte des lacunes. Avec autant de candidats, l'idée que n'importe qui obtiendrait la majorité est ridicule – personne n'obtiendra la majorité.»
Compte tenu des différends qui existent, Dalia al-Aqidi, chercheure principale au Center for Security Policy, estime que même la date du 24 janvier est trop ambitieuse pour un report du vote.
«Malgré tous les appels continus sur l'importance de la tenue de l’élection présidentielle libyenne pour aider le pays à atteindre la sécurité et empêcher une nouvelle vague de violences, la possibilité que cela se produise est mince, en raison de l’absence d'un accord entre les principaux acteurs clés, des divisions sur le terrain, ainsi que de l’ingérence étrangère», a précisé Al-Aqidi.
«La tenue d'élections en janvier est une tâche difficile, car aucun des obstacles qui ont conduit au report du processus électoral n'a été abordé ou traité par les dirigeants locaux ni par la communauté internationale.
«Moins d'un mois, ce n'est pas suffisant pour résoudre tous les problèmes qui ont empêché les Libyens de voter, dont le conflit sur la nomination des candidats.»

Faits marquants

Les factions continuent d'être en désaccord sur les règles électorales de base et les candidatures.
La commission parlementaire a déclaré qu'il serait «impossible» d’organiser le vote dans les temps prévus

Al-Aqidi craint que les combats entre factions ne reprennent si l'ingérence étrangère se poursuit. «La probabilité de l’éclatement de la violence et du chaos est très élevée, en particulier avec la multiplication des actions des Frères musulmans dans le pays, en raison de leur recul partout ailleurs dans la région», a-t-elle affirmé.
«Le groupe, soutenu par la Turquie considère la Libye comme une alternative à la Tunisie qui était son dernier bastion.»
Fishman, du Washington Institute, doute également que l'élection ait lieu ce mois-ci, tout en restant prudemment optimiste quant à la possibilité d'éviter une recrudescence de la violence si le dialogue se poursuit.
«Il semble maintenant qu'une menace immédiate de violence soit moins probable car différents acteurs parlent des prochaines étapes», a-t-il précisé. «En raison de ces pourparlers, la date est susceptible d'être reportée au-delà de fin janvier, voire plusieurs mois après.»
«La communauté internationale devrait soutenir ces pourparlers internes libyens et le dialogue parrainé par l'ONU et ne pas prendre de position particulière pour le moment sur le calendrier des élections, jusqu'à ce qu'un consensus plus clair est trouvé.»
La nomination le 7 décembre de Stephanie Williams au poste de conseillère spéciale de l'ONU pour la Libye laisse espérer une relance du processus. Williams a dirigé les pourparlers qui ont abouti au cessez-le-feu d'octobre 2020 en Libye.
«Elle est tout à fait au courant des problèmes, connaît toutes les parties et peut, espérons-le, sortir un lapin d'un chapeau, accomplir ce que son prédécesseur n'a pas été capable de faire et proposer un plan ainsi qu’un calendrier», a déclaré Fishman.

Stephanie Williams, conseillère spéciale de l'ONU pour la Libye. (Photo, AFP)

Le chemin vers l'élection présidentielle en Libye ne serait pas être aisé. En août 2012, après la chute de Mouammar Kadhafi, le Conseil national de transition dirigé par les rebelles a remis le pouvoir à une autorité connue sous le nom de Congrès national général, qui a reçu un mandat de dix-huit mois pour établir une Constitution démocratique.
L'instabilité a cependant persisté, notamment à travers une série d'attaques terroristes majeures visant des missions diplomatiques étrangères. En septembre 2012, une attaque contre le consulat américain à Benghazi, dans l'est de la Libye, a causé la mort de l'ambassadeur américain Chris Stevens et de trois autres Américains.
En réponse à cette menace, Haftar a lancé une offensive contre des groupes armés à Benghazi en mai 2014. Il a nommé ses forces l'Armée nationale libyenne.

De la fumée s’élevant à Tajoura, au sud de Tripoli, à la suite d'une frappe aérienne sur la capitale libyenne par les forces fidèles au général Khalifa Haftar, à la mi-2019. (Photo, AFP)

Des élections ont eu lieu en juin 2014, avec comme résultat un Parlement basé à l'Est, la Chambre des représentants, dominée par des anti-islamistes. Cependant, en août de la même année, les milices islamistes ont répondu en prenant Tripoli d'assaut et en rétablissant le GNC (Congrès national général) au pouvoir.
La Chambre des représentants s'est réfugiée dans la ville de Tobrouk. En conséquence, la Libye a été divisée, avec deux gouvernements et deux Parlements.
En décembre 2015, après des mois de pourparlers et de pressions internationales, les Parlements rivaux ont signé au Maroc un accord établissant un gouvernement d'entente nationale. En mars 2016, le chef du gouvernement d'entente nationale, Fayez al-Sarraj, est arrivé à Tripoli pour établir la nouvelle administration. Toutefois, la Chambre des représentants n'a pas effectué le vote de confiance en faveur du nouveau gouvernement et Haftar a refusé de le reconnaître.
En janvier 2019, Haftar a lancé une offensive dans le sud de la Libye riche en pétrole, s'emparant de la capitale de la région, Sabha, et de l'un des principaux champs pétrolifères du pays. En avril de la même année, il a ordonné à ses forces d'avancer sur Tripoli.
Cependant, au cours de l'été, après que la Turquie a déployé des troupes pour défendre l'administration à Tripoli, les deux parties se sont retrouvées dans une impasse.
Un cessez-le-feu négocié par l'ONU a finalement été conclu à Genève le 23 octobre 2020. Il a été suivi d'un accord à Tunis pour la tenue d'élections en décembre 2021.

Un Libyen s'inscrivant pour voter dans un bureau de vote à Tripoli, le 8 novembre 2021. (Photo, AFP)

Un gouvernement provisoire d'unité nationale, dirigé par Abdul Hamid Dbeibah, a été approuvé par les parlementaires le 10 mars 2021. Cependant, le 9 septembre, Aguila Saleh, président du Parlement libyen, a ratifié une loi régissant l'élection présidentielle qui était considérée comme contournant la procédure régulière et favorisant Haftar.
Par la suite, le Parlement a adopté un vote de défiance envers le gouvernement d'union nationale, remettant en cause l’élection ainsi que la paix difficilement gagnée.
Même si des élections ont lieu en janvier, la Libye a encore un long chemin à parcourir avant qu'une administration stable ne soit formée et qu'une paix durable ne soit instaurée.
• Twitter: @rebeccaaproctor

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.