Nouvelle nuit de combats au Karabakh et aucune trêve en vue

Des paysans constatant les dégâts au lendemain d’une énième nuit de combats. (AFP).
Des paysans constatant les dégâts au lendemain d’une énième nuit de combats. (AFP).
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Publié le Jeudi 01 octobre 2020

Nouvelle nuit de combats au Karabakh et aucune trêve en vue

  • Stepanakert, capitale de la république autoproclamée du Nagorny Karabakh, est restée plongée dans le noir pour se rendre aussi invisible que possible aux drones azerbaïdjanais qui avaient frappé la ville dimanche
  • Le ministère de la Défense azerbaïdjanais a indiqué jeudi "que toute la nuit, des tirs d'artillerie dévastateurs ont visé les forces arméniennes"

STEPANAKERT : Arméniens et Azerbaïdjanais sont restés sourds à de nouveaux appels à la trêve, échangeant toute la nuit des tirs par-delà la ligne de front au Nagorny Karabakh, territoire azerbaïdjanais séparatiste soutenu par Erevan.

Stepanakert, capitale de cette république autoproclamée, est restée plongée dans le noir pour se rendre aussi invisible que possible aux drones azerbaïdjanais qui avaient frappé la ville dimanche. Située à une vingtaine de kilomètres des combats, deux explosions y ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi.

A l'aube d'un cinquième jour d'affrontements, aucun camp ne semblait avoir gagné un avantage décisif sur l'autre. Les forces azerbaïdjanaises disent cependant depuis plusieurs jours avoir pris des positions arméniennes qui étaient tenues depuis près de 30 ans.   

Le Nagorny Karabakh, en majorité peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, entraînant une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts. Le front est quasi-gelé depuis, malgré des heurts réguliers, notamment en 2016.

"Tirs dévastateurs"

Le ministère de la Défense azerbaïdjanais a indiqué jeudi "que toute la nuit, des tirs d'artillerie dévastateurs ont visé les forces arméniennes". 

L'armée du Karabakh affirme elle avoir empêché l'Azerbaïdjan "de regrouper ses troupes", ajoutant que "la situation tactique n'a pas changé". 

Depuis le début des hostilités dimanche, seuls des bilans partiels sont communiqués, faisant état au total de 127 morts. 

Du côté arménien, on a annoncé 104 soldats et 8 civils tués, tandis que Bakou se refuse à communiquer des bilans militaires mais a annoncé la mort de 15 civils.

Les deux camps affirment avoir infligé à l'autre des centaines de pertes humaines. Et chacun diffuse des vidéos à cet effet, comme celle mercredi d'un drone azerbaïdjanais frappant un camion de transport de troupes chargeant des soldats, ou celles arméniennes montrant de nombreux corps allongés en rang en uniforme adverse.

Les appels à une trêve se sont multipliés jusque tard dans la nuit de mercredi à jeudi, à l'instar des présidents russe Vladimir Poutine et français Emmanuel Macron, deux des trois co-présidents avec les Etats-Unis du Groupe de Minsk de l'OSCE qui, depuis 1992, est le médiateur au Nagorny Karabakh.

Les deux dirigeants réclament de "cesser complètement le feu et, dès que possible, faire baisser les tensions", selon un communiqué du Kremlin.

Plus tôt, Moscou avait proposé d'accueillir "une rencontre des chefs des diplomaties de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie et de la Russie".

Mais mercredi, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont réaffirmé leur détermination à combattre. 

Dans leurs capitales respectives, c'était la ferveur devant les centres de mobilisation militaire, où les hommes en âge de combattre se pressaient pour aller au front.

La Russie, puissance régionale qui entretient des relations cordiales avec les deux républiques ex-soviétiques, s'est montrée de plus en plus inquiète du rôle de la Turquie, concurrent géopolitique mais avec qui elle a des relations pragmatiques.

Longue guerre

Moscou a ainsi reproché Ankara de "jeter de l'huile sur le feu" en encourageant Bakou dans son offensive

Et mercredi soir, sans pointer directement du doigt la Turquie, la diplomatie russe s'est dite "très préoccupée" du déploiement dans le conflit du Karabakh de "terroristes et de mercenaires étrangers" venant de "Syrie et de Libye", deux terrains où Ankara est actif militairement avec ses alliés locaux.

L'Arménie avait déjà accusé la Turquie, qui soutient Bakou, d'envoyer des "mercenaires" au Karabakh. L'Azerbaïdjan et la Turquie ont démenti, retournant l'accusation contre Erevan.

Pour le dirigeant du Nagorny Karabakh, Araïk Haroutiounian, les hostilités en cours diffèrent des années précédentes, du fait d'une participation turque au conflit.

L'ingérence militaire d'Ankara n'est pas établie, seule l'Arménie l'affirmant jusqu'ici, accusant la Turquie d'avoir déployé ses avions F-16, de fournir des pilotes de drones et des spécialistes militaires.  

"La Turquie va être déçue et échouer. Notre peuple est héroïque et notre jeunesse est prête à se sacrifier pour protéger la mère patrie", a dit M. Haroutiounian, prédisant "une longue guerre".

Une intervention militaire directe turque constituerait un tournant majeur et une internationalisation du conflit, un éventuel scénario catastrophe, dans une région où de nombreuses puissances sont en concurrence.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.