Procès d'un braquage chez Chanel: une bande «bien organisée» mais déjà sous surveillance

Cette photo prise le 19 décembre 2017 montre un logo à l'extérieur de la maison de couture française et de la boutique de produits de luxe Chanel sur l'avenue Montaigne à Paris. (AFP)
Cette photo prise le 19 décembre 2017 montre un logo à l'extérieur de la maison de couture française et de la boutique de produits de luxe Chanel sur l'avenue Montaigne à Paris. (AFP)
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Publié le Mercredi 12 janvier 2022

Procès d'un braquage chez Chanel: une bande «bien organisée» mais déjà sous surveillance

  • Dans leurs conversations, «ils parlent par messages codés, ils prennent énormément de précautions, mais ils font des erreurs, heureusement pour nous», explique l'enquêteur
  • Le 19 mai 2016, en deux minutes, une quinzaine de bijoux et de montres d'une valeur à la revente de 2,2 millions d'euros hors-taxe, selon Chanel, sont raflés

PARIS: Le braquage d'une bijouterie Chanel à Paris en 2016 était le fait d'une bande "bien organisée" mais sous écoute téléphonique après un autre vol cinq mois plus tôt chez Chopard, ce qui a lui a été fatal, a expliqué mardi un enquêteur au procès.


"Ce qui est ressorti très vite des éléments de l'enquête, c'est la grande préparation de l'action criminelle", témoigne devant la cour d'assises de Paris un des responsables des investigations menées par la Brigade de répression du banditisme.


Le 19 mai 2016, en deux minutes, une quinzaine de bijoux et de montres d'une valeur à la revente de 2,2 millions d'euros hors-taxe, selon Chanel, sont raflés dans une boutique du groupe de luxe sur la très chic avenue Montaigne, à Paris. 


"C'était rapide, propre, violent", résume l'enquêteur.


Sur les images de vidéosurveillance diffusées à l'audience, un homme se fait ouvrir la porte et discute avec les vigiles, tandis que la porte reste entrouverte. Plusieurs hommes cagoulés et armés descendus d'une Audi font soudain irruption, forcent l'entrée et maîtrisent violemment les trois gardiens.


Pendant ce temps, un Renault Trafic bloque la contre-allée pour empêcher que l'Audi soit gênée dans sa fuite, précise l'enquêteur.


La seule employée restée dans la boutique - deux autres ont pu descendre au sous-sol - est contrainte, à genoux, d'ouvrir les vitrines et les plateaux. Les malfaiteurs brisent d'autres vitrines blindées avec une masse avant de prendre la fuite en moto et en voiture. Le butin n'a jamais été retrouvé.


Huit personnes sont jugées depuis une semaine, dont deux en leur absence.


Elles sont accusées d'avoir participé, à des degrés divers, à ce braquage et à un autre vol dans une boutique du joailler Chopard le 11 décembre 2015, au vol d'un véhicule de transport de fonds banalisé ou à celui de plusieurs voitures de luxe.

«Reconnu formellement»
L'un de ces huit accusés ayant été testé positif à la Covid-19 mardi à la mi-journée, son cas a été disjoint de celui des sept autres et il sera jugé à une date ultérieure.


Une décision similaire avait déjà été prise pour deux autres accusés, absent au premier jour d'audience pour la même raison.


Dans le cadre de l'enquête sur le braquage chez Chopard, un groupe de sept hommes soupçonnés d'être impliqués a été mis sous filature et sur écoute téléphonique, et des balises de géolocalisation placées sur certains de leurs véhicules.


Sur la piste d'une de ces voitures repérée dans le 16e arrondissement de Paris trois jours avant les faits, les enquêteurs constatent grâce à la vidéosurveillance qu'elle se déplace en convoi avec deux autres véhicules, dont un Renault Trafic dont la plaque minéralogique correspond à celui utilisé lors du braquage.


Dans leurs conversations, "ils parlent par messages codés, ils prennent énormément de précautions, mais ils font des erreurs, heureusement pour nous", explique l'enquêteur.


L'un d'eux appelle ainsi son comparse depuis un magasin de bricolage, deux jours avant le braquage, l'informant qu'il n'y a "que des petits trucs pour attacher".


La localisation de sa voiture permet d'identifier le magasin, où la vidéosurveillance le montre acheter un antivol en forme de U. Le même modèle que celui placé par les malfaiteurs dans la porte de la boutique Chanel pour permettre leur fuite, assure l'enquêteur.


Après leur interpellation, en juin 2016, un des membres du groupe, décrit par les enquêteurs comme "le leader de l'équipe", sera "reconnu formellement" par la vendeuse d'une boutique voisine comme le conducteur de l'Audi. L'ADN d'un autre sera identifié sur un sac plastique retrouvé dans le même véhicule.


Lors de la perquisition chez ce dernier sera notamment saisie la boîte vide d'un téléphone identifié par les enquêteurs comme appartenant à une flotte de quatre téléphones n'ayant fonctionné que le jour du braquage.


Chez un autre, ils retrouveront des outils qui se trouvaient dans le coffre du Renault Trafic volé.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.

 


La France publie sa stratégie pour être neutre en carbone, en pleine vague de chaleur

De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
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  • La France présente sa stratégie SNBC-3 visant la neutralité carbone d'ici 2050, avec une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz fossile
  • Les émissions baissent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs, tandis que le financement de la transition reste un défi

PARIS: Après des mois de préparation, le gouvernement présente mercredi sa copie définitive pour une France "neutre en carbone" en 2050, qui se passerait du pétrole et du gaz, qui réchauffent l'atmosphère terrestre.

Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) doit être présentée dans la matinée au ministère de la Transition écologique à l'occasion d'une conférence, et être suivie par la publication d'un décret, attendu dans les prochains jours, selon le ministère.

Les "principales évolutions" du texte et son calendrier doivent notamment être présentés à la presse, indique le ministère, tout comme l'impact du plan d'électrification du gouvernement sur la trajectoire de décarbonation.

Le projet de feuille de route pour baisser les rejets de gaz à effet de serre de la France avait déjà été publié en décembre et devait ensuite faire l'objet d'une série de consultations par des instances diverses, avant celle du public.

Lors de la récente première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, les engagements français avaient été salués.

La France a présenté un document prévoyant notamment la fin de la consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050.

Depuis, l'ouest de l'Europe a connu trois épisodes de chaleurs intenses en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Le gouvernement a aussi annoncé en juin un gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, en dépit de l'urgence de la question climatique, venant poser avec insistance la question du financement par la France de son ambition en matière d'adaptation au changement climatique, à l'heure où les finances publiques sont exsangues.

La nouvelle stratégie climatique française ambitionne une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Or la tendance actuelle (-1,5% en 2025) n'est pas alignée avec cette trajectoire, bien que le pays ait nettement fait baisser ses émissions au premier trimestre 2026 de 4,8% sur un an, à la faveur d'un recul des consommations de chauffage l'hiver dernier.

Pour accélérer, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique.