La mode masculine défile à Milan, le temps d'oublier la pandémie

Des mannequins présentent des créations pour la collection de mode homme automne/hiver 2020/21 de Gucci à Milan le 14 janvier 2020. (AFP)
Des mannequins présentent des créations pour la collection de mode homme automne/hiver 2020/21 de Gucci à Milan le 14 janvier 2020. (AFP)
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Publié le Samedi 15 janvier 2022

La mode masculine défile à Milan, le temps d'oublier la pandémie

  • Après une période de flottement, 16 des 23 défilés physiques prévus ont été finalement maintenus à Milan, dont ceux de grandes griffes comme Fendi, Dolce & Gabbana, Prada ou encore Etro
  • La collection fait la part belle au cachemire, gabardine et soie et aux couleurs naturelles, mariant des teintes de blanc givré, gris ardoise, noir ébène, brun acajou ou encore aubergine

MILAN: Défiler ou pas, face à la déferlante du variant Omicron? La question a taraudé les marques participant à la semaine de la mode masculine de Milan qui a débuté vendredi avec une nouvelle édition "phygitale" mêlant shows physiques et présentations numériques.


Parfaite illustration du dilemme, Ermenegildo Zegna a ouvert le bal en petit comité en diffusant une vidéo transportant le spectateur dans le cadre enneigé et montagneux de l'Oasi Zegna, réserve naturelle créée par le groupe dans le Piémont (nord), suivie d'un mini-défilé en chair et en os.


Silhouettes épurées, manteaux à la coupe trapèze et blazers superposés en de multiples couches, des pantalons se rétrécissant à l'ourlet, des chemises en cuir fin, des pulls épais, des coupe-vents en laine ... les frontières entre vêtements d'intérieur et d'extérieur s'estompent.


Un look d'hiver axé sur le confort et la liberté de mouvement, sans épaulettes ou doublures: "effaçons le vieux concept de veste", a suggéré le directeur artistique de la marque, Alessandro Sartori, qui prône des formes "hybrides" multifonctionnelles. "Tout est fluide et léger", promet-il.


La collection fait la part belle au cachemire, gabardine et soie et aux couleurs naturelles, mariant des teintes de blanc givré, gris ardoise, noir ébène, brun acajou ou encore aubergine.


Armani forfait 
Giorgio Armani avait jeté un froid en annulant la semaine dernière ses défilés prévus en janvier à Milan et Paris en raison de la nouvelle vague de Covid-19. Un goût de déjà vu, car c'était le maestro de 87 ans qui avait aussi été le premier à renoncer aux défilés au tout début de la pandémie, en février 2020.


Après une période de flottement, 16 des 23 défilés physiques prévus ont été finalement maintenus à Milan, dont ceux de grandes griffes comme Fendi, Dolce & Gabbana, Prada ou encore Etro. Dix-huit marques ont opté pour une présence purement virtuelle, d'autres présenteront leurs collections sur rendez-vous.


Pour la Chambre de la mode italienne, il n'était pas question de renoncer aux défilés. "La Fashion week est notre vitrine, qui sert de moteur" à la reprise du secteur, et elle se fera "dans le respect des réglementations en vigueur", a fait valoir son président, Carlo Capasa. 


Le prestigieux carton d'invitation ne suffit plus pour accéder aux défilés, où les places sont comptées, il faut désormais montrer patte blanche, avec un pass vaccinal en règle, et porter un masque FFP2.


L'Italie a payé un lourd tribut à la pandémie, avec plus de 140 000 morts, et connaît à présent, comme d'autres pays européens, une forte recrudescence des cas, due au très contagieux variant Omicron, malgré un taux de vaccination élevé.

L'optimisme malgré tout
Mais le temps d'un défilé, la pandémie sera mise entre parenthèses: "aller de l'avant en regardant l'avenir avec optimisme" et le "made in Italy" sont les mots d'ordre à Milan, a commenté pour l'AFP Federica Trotta Mureau, rédactrice en chef du magazine de mode italien Mia Le Journal.


La Fashion week masculine, consacrée aux collections automne-hiver 2022-2023, se déroulera jusqu'à mardi et verra la participation de 53 marques.


Les tendances de la mode masculine? "La nouvelle élégance, ce sont les +surchemises+, c'est-à-dire des pulls très amples et fluides qui remplacent parfaitement les chemises", explique Federica Trotta Mureau.


Reflet de la liberté vestimentaire de l'homme, avant-goût de la sortie de la pandémie, "les stars des nouvelles collections sont les vestes en duvet surdimensionnées qui protègent du froid, ainsi que les pantalons en nylon rembourré", détaille cette spécialiste de la mode.


"L'accent est mis sur les accessoires, qui sont un véritable must, notamment les maxi-sacs inspirés du monde du voyage, pour se déplacer en ville avec tout sur soi", poursuit-elle.


Parmi les incontournables, elle cite aussi "les manteaux matelassés cintrés à la taille, des robes de chambre dans des tons pastel, des ensembles veste-pantalon de style sartorial et des vestes en cuir". 


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.