Jour d'après-OPA pour des salariés Suez dans l'expectative

Un employé du groupe de services de gestion des déchets SUEZ insère un rover QIRA dans un puits d'égout avant qu'il n'inspecte le réseau d'égouts lors d'une manifestation le 16 novembre 2021 à Orléans, Centre France. GUILLAUME SOUVANT / AFP
Un employé du groupe de services de gestion des déchets SUEZ insère un rover QIRA dans un puits d'égout avant qu'il n'inspecte le réseau d'égouts lors d'une manifestation le 16 novembre 2021 à Orléans, Centre France. GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Publié le Mardi 18 janvier 2022

Jour d'après-OPA pour des salariés Suez dans l'expectative

  • les employés du groupe, ou du moins ce qu'il en reste après l'OPA conduite par le rival Veolia, veulent croire en un avenir, malgré les inconnues et les séquelles d'une longue bataille menée pour ne pas disparaître
  • Mercredi 19 janvier, lendemain de livraison de l'OPA, seuls quelques centaines de salariés Suez France prendront donc la casquette Veolia, dont environ 300 venus du siège

PARIS: "Il reste un Suez, j'espère de tout coeur, viable" : les employés du groupe, ou du moins ce qu'il en reste après l'OPA conduite par le rival Veolia, veulent croire en un avenir, malgré les inconnues et les séquelles d'une longue bataille menée pour ne pas disparaître.
"Maintenant, on est beaucoup plus petit, le chiffre d'affaires s'est effondré, et on se retrouve face à un mastodonte qui répondra aux mêmes appels d'offres que nous en France: va-t-on être de taille à répondre ?", s'interroge un ingénieur de Suez Eau France, en poste depuis dix ans au siège à La Défense, qui a requis l'anonymat.
Il redoute un "risque de déséquilibre des forces", alors que le "nouveau Suez" ne devrait plus peser "que" 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, contre 17 avant l'offensive de Veolia (passé pour sa part à 36 mds).
D'autres préfèrent voir dans ce nouveau périmètre la promesse d'un groupe plus réactif face aux demandes des clients : "Il y a une capacité d'adaptation, d'agilité, avec des salariés impliqués, qui ont envie d'y croire", dit Christine Chiffre, ingénieure dans un service répondant aux appels d'offres et élue CGT.
Avec cette opération, Veolia va d'abord croître à l'international. Au terme d'un accord trouvé après des mois de bataille, il laissera l'essentiel de Suez France à un consortium de repreneurs, chargés de maintenir la marque et le groupe.
Mercredi 19 janvier, lendemain de livraison de l'OPA, seuls quelques centaines de salariés Suez France prendront donc la casquette Veolia, dont environ 300 venus du siège. Veolia a promis de maintenir leurs statuts sociaux, et l'emploi sur quatre ans.

Pas si petits!

"Les transferts ont toujours été compliqués. En ce moment, ils sont compliqués pour les salariés du siège à la Défense et pour l'entité Suez International dont je fais partie, parce que pas mal d'équipes sont scindées, il y a la séparation avec les collègues, la perte du collectif de travail... Pourquoi untel va-t-il chez Suez, un autre chez Veolia ? C'est assez lourd psychologiquement", commente Mme Chiffre.
D'autres salariés encore, dont les unités doivent être vendues sur ordre des autorités anti-trust, ne savent pas qui va les reprendre.
Enfin, ceux qui restent au sein du futur Suez (35.000 salariés dont 25.000 en France) ne sont pas sans s'interroger, pressés de connaître les plans des nouveaux dirigeants -- un consortium composé des fonds français Meridiam et américain GIP (39% chacun) avec la Caisse des dépôts/CNP Assurances.
"On espère que le consortium aura les reins solides et un bon projet industriel pour aller de l'avant", dit Jérémy Chauveau, de l'union CGT-CFDT-CFTC. "L'argent venait surtout de l'international. On nous a arraché un bras et une jambe, il va falloir remettre ça d'aplomb. Il reste un Suez, j'espère de tout coeur, viable".
Rattaché à un site d'incinération francilien, un technicien informatique se dit soulagé de "rester Suez", décontenancé de voir tel supérieur "déjà parti": "tout est en suspens".
La directrice générale, Sabrina Soussan, venue de Siemens, nommée après des mois d'attente, devrait prendre ses fonctions le 1er février.
Ana Giros, issue de Suez et désignée DG déléguée de la future entité, veut rassurer, et promet l'annonce du plan stratégique d'ici l'été.
A 7 milliards d'euros, "nous n'allons pas être si petits!", relève-t-elle.
"On est dans un processus complexe, après une grosse bataille, et comme tout changement, cela crée des tensions, de l'émotion. On est un groupe de 160 ans, et on va ouvrir une nouvelle page. Mais il faut aussi regarder les choses de façon factuelle", dit-elle, énumérant les atouts du groupe redimensionné: savoir-faire, secteurs porteurs, ancrage local...
Les investisseurs eux se font discrets depuis plusieurs mois. Les deux fonds se disent en tout cas toujours "alignés", sur la même volonté de développer Suez.


Carburant: le gouvernement ne doit pas céder au «chantage» de TotalEnergies, dit Olivier Faure

TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
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  • "Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi
  • "Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible"

PARIS: TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.

Alors que le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné a menacé mardi d'arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service françaises en cas de taxe sur les "superprofits", le patron du PS Olivier Faure a jugé que TotalEnergies était "un profiteur de crise comme d'autres".

Un profiteur de guerre? "Bien sûr", mais "à l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale", a poursuivi le patron du PS, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires.

"Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi.

"Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible", a martelé le chef des socialistes.

"Total dit qu'il plafonne les prix, ce qui est vrai", a reconnu M. Faure, mais le groupe "vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires" et "a augmenté son profit de 51%". "Ce n'est pas normal", a-t-il insisté.

Quand Total et d'autres font des superprofits, "ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier", a-t-il ajouté, jugeant "normal que celles et ceux qui font des profits qui sont des profits indus soient amenés aussi à contribuer".

Olivier Faure a dit maintenir sa proposition de loi. "Le patriotisme, c'est ça".

Pour sa part, David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle, a jugé sur FranceInfo que les marges de Total semblaient être "tout à fait dans la norme", c'est-à-dire "celle du marché".

Le président de l’Association des maires de France (AMF) a réitéré sa proposition de "suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie" qui à ses yeux constitue "la seule mesure générale qui est possible sans dégrader les comptes publics".


Le fonds de garantie des dépôts français quasi stable, à 7,7 milliards d'euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
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  • Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros
  • Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet

PARIS: Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel.

"Nous consolidons ces réserves financières", s'est félicité le président du directoire du FGDR Anthony Requin lors d'un entretien avec l'AFP.

Le FGDR est chargé d'intervenir en cas de défaillance d'un établissement financier: chaque Français est couvert à hauteur de 100.000 euros par ce fonds.

Sont éligibles les comptes courants, comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plan d'épargne logement ou encore les comptes espèces attachés à un compte titres ou à un plan épargne en actions (PEA).

Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros.

Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet.

La concentration du système bancaire, autour de six grands établissements (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) confère à la France ce ratio si faible.

D'autres digues, positionnées en amont, sont là pour éviter les faillites bancaires: un contrôle régulier et poussé par le superviseur, des exigences réglementaires fortes en matière de fonds propres notamment, un mécanisme de résolution et un fonds européen de près de 80 milliards d'euros.

Au sein de chaque banque existent "des réserves qui sont là pour absorber des chocs", souligne M. Requin.

Le FGDR, créé en 1999, disposait fin 2024 d'un montant à peine plus faible, de 7,732 milliards d'euros.

La différence s'explique notamment par de nouvelles contributions au titre de la garantie des services de gestion ainsi que le produit d'amendes prononcées par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Le FGDR compte 1.134 établissements adhérents, au titre de sa garantie des dépôts, mais aussi des titres ou des cautions.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu.