Yémen: La coalition n'est pas responsable des violations présumées des frappes aériennes

Mansour al-Mansour, porte-parole de la JIAT. (Photo fournie)
Mansour al-Mansour, porte-parole de la JIAT. (Photo fournie)
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Publié le Jeudi 20 janvier 2022

Yémen: La coalition n'est pas responsable des violations présumées des frappes aériennes

  • Le porte-parole de la JIAT, Mansour al-Mansour, a révélé qu'une enquête avait conclu que les procédures suivies par la coalition étaient «appropriées et sûres»
  • La JIAT s'est rendu sur place pour inspecter le lieu de l'attaque dans le quartier Ahmadiyya, mais n'a trouvé aucune preuve de dommages résultant d'une frappe

RIYAD: L'équipe conjointe d'évaluation des incidents (JIAT) au Yémen a estimé que la coalition militaire arabe n'était pas responsable des violations présumées des droits de l'homme dans plusieurs frappes aériennes menées ces dernières années.
Elle a répondu mercredi à quatre allégations rapportées par les médias et les groupes de défense des droits concernant l'inconduite opérationnelle présumée de la coalition dans le conflit.
Le porte-parole de la JIAT, Mansour al-Mansour, a révélé qu'une enquête avait conclu que les procédures suivies par la coalition étaient «appropriées et sûres» et tenaient compte des règles d'engagement et du droit humanitaire international.
La première réclamation concernait une attaque présumée contre une installation sanitaire dans le district de Zabid qui s'est produite entre le 26 et le 28 juillet 2018.
Le 26 juillet de cette année-là, les forces de la coalition n'ont effectué aucune mission aérienne dans le district de Zabid dans la province d'Al-Hodeïda, a affirmé Al-Mansour, ajoutant que la mission aérienne la plus proche du lieu de l'attaque ce jour-là visait une cible militaire dans le district de Bajil, à 88 kilomètres de Zabid.
Le porte-parole de la JIAT a signalé qu'un jour plus tard, le 27 juillet, les forces de la coalition n’ont effectué aucune mission aérienne à Zabid. La mission aérienne la plus proche du lieu de l'attaque ce jour-là visait une cible militaire dans le district d'Al-Tuhayta, à 15 kilomètres de Zabid.
Les spécialistes de la JIAT ont constaté que les frappes aériennes menées au cours de ces trois jours, toutes en dehors de Zabid, avaient atteint leurs cibles. En conséquence, la JIAT a conclu que les forces de la coalition n'ont pas pris pour cible les installations sanitaires de Zabid à ces dates.

La JIAT a examiné l'incident et analysé tous les documents pertinents (Photo fournie).


La coalition a de plus été accusée d'avoir ciblé une tour de navigation à l'aéroport de Sanaa le 14 novembre 2017.
La JIAT a examiné l'incident et analysé tous les documents pertinents, notamment les procédures et les règles d'engagement, les programmes quotidiens des missions, les rapports après mission, les enregistrements vidéo des missions, les images satellite et les dispositions et principes du droit international humanitaire.
L'équipe conjointe a constaté ce qui suit :
L'aéroport de Sanaa est divisé en une section civile du côté est de la piste et une partie militaire du côté ouest, où se trouve la base aérienne d'Al-Dailami. Les forces de la coalition ont reçu des renseignements concernant les capacités électroniques de la milice houthie à plusieurs endroits, notamment un radar à la base aérienne d'Al-Dailami qui a été utilisé pour suivre les avions de la coalition dans le but de les engager avec des systèmes de défense aérienne.
Les rapports de reconnaissance ont confirmé l'existence d'un site radar sur la base aérienne.
À 8 heures du matin le 14 novembre 2017, les forces de la coalition ont effectué une mission aérienne sur une cible militaire légitime, le radar situé à la base aérienne d'Al-Dailami.
Les forces de la coalition ont pris toutes les précautions possibles pour éviter de causer des pertes ou des dommages accidentels aux civils et aux biens civils lors de la planification et de l'exécution de l'opération militaire. Elles l'ont fait en déployant une seule bombe guidée proportionnelle à la taille de la cible militaire, avec un coup direct réussi.
Al-Mansour a ajouté que les actions de la coalition étaient conformes à la Convention de Genève et au droit international humanitaire d'usage.
La JIAT a indiqué que les forces de la coalition n'avaient pas visé la tour de navigation commerciale en question et a validé les mesures prises par le personnel face à la cible militaire légitime.
Al-Mansour a évoqué un autre cas remontant à 2015, où des enfants auraient été bombardés par des avions de guerre de la coalition dans le quartier Ahmadiyya du district de Khor Maksar à Aden.
L'équipe conjointe a constaté que les forces de la coalition n'ont effectué aucune mission aérienne dans le district de Khor Maksar; la cible la plus proche étant un site militaire à Lahj, à 18,5 kilomètres du site en question.
La JIAT s'est rendue sur place pour inspecter le lieu de l'attaque dans le quartier d’Ahmadiyya, mais n'a trouvé aucune preuve de dommages résultant d'une frappe aérienne.
La JIAT a aussi mené des enquêtes approfondies sur les allégations faites le 28 janvier 2021 par le coordonnateur résident et le coordonnateur humanitaire des Nations unies concernant des pertes civiles présumées et des dommages causés aux maisons et aux fermes à Hays et Al-Durayhimi du 20 au 27 janvier de l'année dernière
Les deux districts situés à Al-Hodeïda, sont distants de 63 kilomètres.
L'équipe conjointe a constaté que les forces de la coalition n'ont effectué aucune mission aérienne dans l'ensemble d'Al-Hodeïda au cours de cette période, concluant qu'elles ne pouvaient être tenue responsables des pertes civiles et des dommages causés aux maisons et aux fermes dans les deux districts.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

 


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.