Ukraine: les États-Unis rappellent les familles de diplomates, l’UE tempère

Une femme passe devant l'ambassade des États-Unis à Kiev le 24 janvier 2022. L'Ukraine a déclaré le 24 janvier 2022 qu'il était «prématuré» que les États-Unis évacuent les familles de son personnel diplomatique à Kiev en raison des craintes d'une invasion russe imminente. (Sergueï Supinsky/AFP)
Une femme passe devant l'ambassade des États-Unis à Kiev le 24 janvier 2022. L'Ukraine a déclaré le 24 janvier 2022 qu'il était «prématuré» que les États-Unis évacuent les familles de son personnel diplomatique à Kiev en raison des craintes d'une invasion russe imminente. (Sergueï Supinsky/AFP)
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Publié le Lundi 24 janvier 2022

Ukraine: les États-Unis rappellent les familles de diplomates, l’UE tempère

  • Le département d'État américain a ordonné dimanche soir l'évacuation des familles de ses diplomates en poste à Kiev et a déconseillé les voyages en Russie
  • Nous n'allons pas faire la même chose, car nous ne connaissons pas les raisons spécifiques», a expliqué Josep Borrell

BRUXELLES, Belgique : L'Union européenne ne voit pas de raison de dramatiser les tensions entre l'Ukraine et la Russie et ne compte pas suivre les États-Unis qui rappellent les familles de leurs diplomates, a annoncé lundi le chef de la diplomatie européenne.

Le département d'État américain a ordonné dimanche soir l'évacuation des familles de ses diplomates en poste à Kiev et a déconseillé les voyages en Russie, alors que s'ouvre lundi à Bruxelles une concertation avec les pays européens jusque-là tenus à l'écart des négociations russo-américaines sur l'Ukraine.

«Le secrétaire Blinken nous expliquera les raisons de cette annonce. Nous n'allons pas faire la même chose, car nous ne connaissons pas les raisons spécifiques», a expliqué Josep Borrell à son arrivée pour la réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE consacrée aux tensions entre la Russie et l'Ukraine.

Antony Blinken doit intervenir en visioconférence pendant cette réunion.

«Nous pensons qu'une invasion russe (...) peut se produire à tout instant», a déclaré dimanche soir à la presse une haute responsable américaine pour justifier la décision de demander aux familles de diplomates américains de quitter le pays.

«Je ne pense pas que nous devions dramatiser dans la mesure où les négociations se poursuivent, et elles se poursuivent. Je ne pense pas que nous devons laisser l'Ukraine et partir. Mais peut-être que le secrétaire Blinken a plus d'informations qu'il partagera avec nous», a ajouté Josep Borrell.

«Nous n'avons pris aucune décision pour demander le départ des familles de nos diplomates d'Ukraine, à moins que Blinken ne nous fournisse des informations justifiant un tel mouvement», a-t-il encore dit.

Les Européens sont prêts a répondre par des sanctions économiques et financières massives à une intervention de la Russie en Ukraine. Une série d'options ont été préparées par la Commission européenne et doivent être soumises pour approbation aux Etats membres.

«Rien de concret ne sera approuvé aujourd'hui», a précisé Josep Borrell.

«Le processus de décision sur les sanctions est complexe. Les sanctions doivent être décidées par le Conseil sur proposition du Haut Représentant, c'est-à-dire moi, ou un Etat membre», a-t-il expliqué.

«Nous voulons agir en étroite coordination avec nos alliés, avec les États-Unis en particulier, mais aussi avec le Canada et le Royaume-Uni», a-t-il souligné.

«Pour l'instant, nous continuons à construire un ensemble de sanctions fortes. Le processus est en cours pour être sûr que tout sera prêt en cas de besoin», a-t-il assuré.

Dans un communiqué publié lundi en fin de matinée, l'Otan a annoncé l'envoi d'avions et de bateaux pour renforcer la défense en Europe de l'Est.

L'Ukraine critique le rappel «prématuré» des familles de diplomates américains

L'Ukraine a jugé lundi «prématurée» et «excessive» la décision de Washington de rappeler les familles de ses diplomates en poste à Kiev sur fond de craintes d'une invasion russe.

«Tout en respectant le droit des États étrangers à assurer la sécurité de leurs missions diplomatiques, nous considérons cette mesure de la partie américaine comme prématurée» et «excessive», a déclaré le porte-parole de la diplomatie ukrainienne Oleg Nikolenko dans un communiqué. 

La Russie est accusée par les Occidentaux d'avoir massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne et de préparer une invasion imminente de son voisin. 

L'Est de l'Ukraine est depuis 2014 en proie à une guerre entre les forces de Kiev et des séparatistes prorusses dont le Kremlin est largement considéré comme le parrain militaire et financier. 

Malgré la tension actuelle, «la situation sécuritaire n'a connu aucun changement radical ces derniers temps: la menace de nouvelles vagues d'agression russe demeure constante depuis 2014 et l'accumulation de troupes russes à la frontière (ukrainienne) a commencé déjà en avril dernier», a fait valoir M. Nikolenko. 

Il a appelé à «garder son calme», tout en dénonçant les «efforts» de Moscou pour «déstabiliser la situation intérieure en Ukraine».

De son côté, l'Union européenne a annoncé lundi qu'elle ne voyait pas de raison de «dramatiser» les tensions entre l'Ukraine et la Russie et qu'elle ne comptait pas suivre les Etats-Unis concernant le rappel des familles de diplomates.

Le Kremlin dément toute intention belliqueuse envers Kiev mais lie une désescalade des tensions à des traités garantissant notamment le non-élargissement de l'Otan, en particulier à l'Ukraine.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.