Perfect Strangers: un grand pas pour le cinéma arabe

Le film est diffusé sur Netflix. (Photo fournie)
Le film est diffusé sur Netflix. (Photo fournie)
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Publié le Mardi 25 janvier 2022

Perfect Strangers: un grand pas pour le cinéma arabe

  • Le film a déjà suscité la controverse sur les réseaux sociaux. Il est accusé de vouloir «imposer des principes occidentaux au sein d’une société conservatrice»
  • «Nous ne faisons que dépeindre la réalité et les interactions humaines qui en découlent», dit le réalisateur du film

DUBAÏ: Cela fait un bon moment qu’un film en langue arabe n’a pas été au centre des conversations à travers le monde arabe, comme l’est actuellement Perfect Strangers. Ce premier film Netflix en langue arabe – une adaptation de l'original italien primé portant le même titre – a fait le tour de la région depuis qu’il a été lancé le 20 janvier, suscitant à la fois des éloges enthousiastes pour ses performances exceptionnelles et un débat acharné autour des sujets qui y sont abordés.
Perfect Strangers, dirigé par le réalisateur libanais Wissam Smayra, met en scène certains des acteurs les plus célèbres de la région, notamment les Égyptiens Mona Zaki et Eyad Nassar ainsi que les Libanais Georges Khabbaz, Diamand Bou Abboud, Nadine Labaki, Adel Karam et Fouad Yammine.

Perfect Strangers met en scène certains des acteurs les plus célèbres de la région. (Photo fournie)

La scène se déroule lors d'un dîner auquel sont conviés des amis égyptiens et libanais qui décident de jouer à un jeu : chacun doit poser son téléphone sur la table et montrer au reste du groupe tous les appels et les messages qu’il reçoit. Ce jeu, qui s’avère assez divertissant au départ, ne tarde pas à se transformer en un véritable drame quand des vérités blessantes éclatent au grand jour.  
Le film a déjà suscité la controverse sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, il est qualifié par certains de «dégradant» et est accusé de vouloir «imposer des principes occidentaux au sein d’une société conservatrice.»
Selon le magazine The Hollywood Reporter, cette colère a trouvé son origine en Égypte. L’avocat égyptien Ayman Mahfouz aurait, à titre d’exemple, affirmé que le film n’était autre qu’«un complot visant à perturber la société arabe.»
«Il est vrai que le film touche à des sujets tabous, mais ce n’est pas là la question», dit Zaki, la plus grande star du cinéma égyptien. Il s’agit surtout des secrets qui se cachent dans nos téléphones, ces secrets que mêmes les personnes qui nous sont les plus proches ignorent.»
Bou Abboud a également défini l’idée principale du film : «Il s’agit de voir à quel point nous pouvons dévoiler nos secrets à nos amis les plus proches sans être jugés.»
«Nous avons abordé chaque sujet sans jugement», a ajouté Smayra. «Nous n’essayons de rien prouver. Nous ne faisons que dépeindre la réalité et les interactions humaines qui en découlent.»
Le film constitue un vrai tournant. C'est un drame grand public parfaitement accessible qui a atteint une audience mondiale et qui s’est hissé à la tête du classement de Netflix dans des pays comme la France, prouvant ainsi que le cinéma arabe connaît un moment charnière aussi bien en termes de qualité que de popularité, aux niveaux régional et international.

Dirigé par le réalisateur libanais Wissam Smayra, le film est centré autour d’un jeu qui consiste à ce que chaque personne pose son téléphone sur la table et montre au groupe tout message ou appel reçu. (Photo fournie)

«Le cinéma arabe devient de plus en plus respecté. Je pense que c’est une étape importante», dit Labaki, réalisatrice de Capharnaüm nommée aux Oscars.
Pour que le film soit caractérisé par un style naturaliste, Smayra l’a abordé comme une pièce de théâtre, répétant le script du début jusqu’à la fin avec ses acteurs pendant des semaines, et filmant l'ensemble du projet de manière chronologique plutôt qu’en désordre, comme il est le cas pour la plupart des films.
Pendant le tournage, Smayra et les acteurs se réunissaient chaque jour sans costume et sans maquillage pour répéter la scène du jour (qui était d’environ 10 minutes) 20 à 30 fois d'affilée pendant des heures jusqu'à ce qu'elle soit maîtrisée, puis il passaient à la scène du soir.  
«C'est à ce moment-là que vous vous rendez compte que vos acteurs sont extraordinaires», affirme Smayra. «Ce sont d’incroyables génies. J’ai assisté à quelque chose de magique.»
«Nous avions deux caméras. Chaque jour, le tournage durait trois ou quatre heures», poursuit-il. «C'était de la folie. Je voyais bien qu’ils étaient épuisés à la fin de chaque tournage».
«Pourtant, nous étions uniquement assis autour d’une table!» s’exclame Zaki. «C’était une grande charge émotionnelle.»

Nadine Labaki et Georges Khabbaz pendant le tournage. (Photo fournie)

«C’était facile pour moi», dit Karam, co-vedette qui a aussi joué dans le film L’insulte nommé aux Oscars, un sourire aux lèvres.
Les acteurs étaient surtout fatigués parce qu’ils ne pouvaient pas se reposer. À cause des nombreuses caméras portatives et du genre de l’histoire, chaque vedette devait rester dans la peau de son personnage.
«La façon dont le film a été tourné est très importante. L’acteur devait toujours être présent, même s’il n’avait pas de rôle à jouer, même s’il savait qu’il n’allait pas prendre la parole pour un bon moment», explique Labaki. «Nous n’étions pas seulement présents en tant que personnages. Nous assistions à toutes les performances – ces performances si réelles qu’on s’y sent impliqué, qu’on s’y identifie. C’était vraiment fascinant.»
Smayra, qui, comme Labaki, a commencé sa carrière en réalisant des clips musicaux au Liban au début des années 2000, a déjà travaillé avec la réalisatrice lorsqu’il s’est chargé de la production exécutive de Capharnaüm. Et, bien que ce soit son premier long métrage, il a fait preuve d'une présence discrète mais assurée, et n’a jamais compté sur sa collègue réalisatrice comme d'autres l'ont fait.
«Je n’ai jamais eu l’impression de travailler avec un réalisateur débutant», confirme Labaki. «Je savais depuis le départ que tout allait bien se passer. J’étais entre de bonnes mains. Grâce à cela, j’ai pu me concentrer sur mon rôle. Je voulais faire de mon mieux pour mon personnage, pour tous mes collègues, parce que tout le monde jouait si bien! J’ai senti que je devais être à la hauteur des attentes, parce que la barre avait été placée haut. J’ai vraiment aimé toute cette aventure.»

Perfect Strangers est une adaptation du film original italien primé portant le même titre. (Photo fournie)

Pour Nassar, vedette d’Égypte, ce qui est impressionnant, c’est que rien n’a été perdu dans la traduction. Toute la puissance qu’il a ressentie au moment du tournage est apparue sur l’écran lors du montage final.
«J’ai dit à Wissam : ‘Tu es un magicien’. En tant qu’acteur, je suis conscient des subtilités que j’ai apportées lors du tournage et j’ai pu distinguer les meilleurs moments des autres acteurs. En regardant le film, j’ai vu que rien n’y manquait. Le pouvoir de chaque acteur a été préservé. Rien n’a été perdu dans le montage. [Le réalisateur] a tout vu. Je n’ai jamais vu un travail si bien fait.»
Nassar dit qu’à sa grande surprise, il n’était plus le même acteur en quittant le plateau. «Après avoir fini de filmer Perfect Strangers et après être rentré en Égypte, je me suis aperçu que je n’étais plus le même acteur. Le fait de travailler auprès de grandes personnalités comme Georges Khabbaz m’a permis de découvrir d’autres façons de jouer le rôle.»
Khabbaz, l'acteur de théâtre le plus connu du Liban, a trouvé que le film constituait un véritable défi, même si c’était le personnage le plus calme et émotif du film et celui qui a vivement été félicité sur les réseaux sociaux pour sa performance.
«Je suis un homme de théâtre», clarifie Khabbaz. «Le théâtre offre un grand espace et me permet de m’exprimer à travers tous les outils nécessaires. Ce rôle était différent. Il était difficile. Pour pouvoir le jouer, j’ai dû dissimuler mes émotions et les dévoiler uniquement sous forme de réactions. J’ai essayé de jouer ce rôle comme un homme oriental, tout en préservant le concept occidental du film. Pour que ma performance soit réussie, je suis devenu un homme de réaction plutôt qu'un homme d’action.»

Le film est en tête du classement de Netflix dans certains pays, dont la France. (Photo fournie)

Alors que certains se demandent pourquoi le cinéma arabe produit des adaptations au lieu de créer de nouvelles histoires originales, chaque membre de l’équipe a veillé à ce que Perfect Strangers réponde à cette préoccupation avec brio, à travers la mise en scène d’une véritable œuvre d'art qui s’impose comme la meilleure version du concept – une version dotée d'un esprit arabe unique – plutôt que comme une façon paresseuse de gagner de l’argent.
«Tout au long du tournage, je me demandais pourquoi nous faisions ce film. Nous avons sans cesse discuté de la façon dont il fallait présenter le contenu en tant qu’acteurs orientaux s’adressant à un public oriental», déclare Nassar. «En fait, la réponse était simple : le dilemme que pose le film touche particulièrement les peuples orientaux. Nous avons donc fini par comprendre pourquoi nous faisions la version arabe de ce film. Finalement, c'était très clair pour nous tous, et ça le sera aussi pour les spectateurs.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.


«American Doctor», ou la brutalité de la guerre à Gaza vue par des médecins

Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
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  • Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza
  • Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes.

PARK CITY: Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer.

Teng craint de devoir flouter la scène pour protéger la dignité des enfants. Mais sa décision fait débat.

"On ne leur rend pas justice à moins de laisser leur mémoire, leurs corps, raconter l'histoire de ce traumatisme, de ce génocide. On ne leur rend pas service en ne les montrant pas ", estime le médecin juif américain Mark Perlmutter au Festival du film de Sundance, où le film a été présenté en avant-première vendredi.

"Voilà ce que mes impôts ont fait. Voilà ce que vos impôts ont fait. Voilà ce que les impôts de mon voisin ont fait. Les gens ont le droit de connaître la vérité", souligne-t-il.

"Vous avez la responsabilité, comme moi, de dire la vérité. Si vous floutez cela, c'est une faute professionnelle journalistique".

Malgré un cessez-le-feu fragile, les violences se poursuivent entre les forces israéliennes et le Hamas, faisant des victimes parmi les non combattants dont des dizaines d'enfants, selon l'Unicef.

Des enquêteurs de l'ONU ont accusé Israël de commettre un génocide à Gaza, accusation qu'Israël a qualifiée de "déformée et fausse", tout en taxant ses auteurs d'antisémitisme.

Contrebande d'antibiotiques 

Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza depuis qu'Israël a répondu à l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023.

Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes. On les voit également en d'autres occasions dans les couloirs du pouvoir à Washington et dans les médias israéliens et américains.

Le documentaire montre aussi les difficultés pratiques auxquelles ils sont confrontés, les blouses chirurgicales et les antibiotiques qu'ils doivent faire passer en contrebande à travers la frontière pour contourner le blocus israélien. Et les refus de dernière minute des autorités israéliennes de les laisser entrer.

Le film décrit le courage d'hommes qui vont volontairement travailler dans des hôpitaux frappés à plusieurs reprises par l'armée israélienne. Comme l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, cible d'une double frappe en août 2025.

Israël affirme viser des "terroristes" dans ces établissements et soutient que des combattants du Hamas sont retranchés dans des tunnels sous les hôpitaux.

"Complices du meurtre d'enfants" 

Feroze Sidwha, peut-être le plus loquace des trois médecins, répète n'avoir jamais vu de tunnels. Et de toute façon, insiste-t-il, même la présence de combattants blessés dans un hôpital n'en fait pas une cible légitime.

"Les Américains méritent de savoir ce qui se passe, à quoi sert leur argent, et tout simplement de pouvoir décider", dit-il. "Voulez-vous vraiment qu'on fasse cela?", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Je suis à peu près sûr que la réponse est +non+. Je veux juste continuer à m'exprimer et à faire savoir aux gens qu'ils n'ont pas à être complices du meurtre d'enfants. Nous le sommes tous, à l'heure actuelle".

Le film est dédié aux quelque 1.700 soignants tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023.

Selon Reporters sans frontières (RSF), près de 220 journalistes ont également été tués, faisant d'Israël le plus grand tueur de journalistes dans le monde pour la troisième année consécutive.

Le Festival de Sundance se tient jusqu'au 1er février.


Haute couture: Jonathan Anderson signe un baptême floral chez Dior

Une mannequin lors du défilé pour Christian Dior de la collection Haute Couture Printemps/Été 2026 pour femmes, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin lors du défilé pour Christian Dior de la collection Haute Couture Printemps/Été 2026 pour femmes, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
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  • Jonathan Anderson a lancé la semaine de la haute couture à Paris avec sa première collection Dior haute couture, célébrant la nature à travers des silhouettes fleuries, sculpturales et aériennes
  • Le défilé, très attendu, a rassemblé célébrités et figures de la mode et ouvre la voie à un programme intense, avec notamment la première collection haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi

PARIS: Un jardin d'Eden de luxe: Jonathan Anderson a lancé lundi à Paris la semaine de la haute couture avec une première collection florale pour Dior, entre célébration de la nature et hommage aux savoir‑faire.

Le show, organisé au coeur d'une structure éphémère installée dans les jardins du musée Rodin, était l'un des moments les plus attendus de ces quatre jours de défilés, avec les débuts en haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi.

"En imitant la nature, on apprend toujours quelque chose", annonçait la note d'intention du défilé.

Cette première proposition haute couture se veut ainsi pensée comme un "cabinet de curiosités" où pièces d'exception et merveilles naturelles "sont rassemblées et recontextualisées".

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Le défilé Dior s’est tenu au cœur des jardins du musée Rodin, dans une structure éphémère pensée pour la haute couture. (Photo: AFP)

Sous un plafond recouvert de fleurs, Jonathan Anderson a livré une vision bucolique aux silhouettes fleuries, à la fois sculpturales et aériennes, où des robes bouffantes aux plissés twistés côtoient des robes courtes à volants et des jupes longues aux drapés asymétriques semblant retenir un plateau posé en équilibre.

Le Nord-Irlandais de 41 ans revisite une nouvelle fois l'emblématique veste Bar, à la taille très cintrée, transformée en manteau long en laine, en cuir crocodile ou en queue‑de‑pie, tandis que la maille se fait omniprésente, du pull‑robe à jupe patineuse aux modèles finement travaillés, dotés d'un haut boule et d'une jupe fluide toute en transparence.

Les mannequins défilent avec de petits bouquets de cyclamens roses en guise de boucles d'oreilles — les mêmes que ceux adressés aux invités — et parfois une longue frange rose ou violette.

Le défilé s'est achevé par la traditionnelle robe de mariée blanche au bustier asymétrique twistée et au jupon drapé et rebrodé de fleurs blanches.

Cette entrée remarquée dans la couture a attiré un parterre de personnalités, de Rihanna à Jennifer Lawrence, en passant par son prédécesseur John Galliano et Brigitte Macron.

- Aristo-punk -

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison-phare de LVMH.

Après une première collection homme saluée en juin et une ligne femme accueillie en octobre de façon plus mesurée, le styliste a présenté mercredi à Paris un deuxième vestiaire masculin plus extravagant.

Entre tops à sequins, manteaux-capes inspirés des imprimés de Paul Poiret, vestes Bar en pied-de-poule et chaussures à motifs lézard, le tout surmontés de perruques jaune acide, le couturier a livré une ligne aristo-punk plus fidèle à son esprit subversif que la précédente qui n'a pas manqué de faire réagir.

- Blazy très attendu -

L'attente est également très forte chez Chanel, où Matthieu Blazy présentera mardi au Grand Palais sa toute première collection haute couture.

Le Franco-Belge de 41 ans, arrivé en décembre 2024 après son passage remarqué chez Bottega Veneta (Kering), avait impressionné dès octobre avec une première collection prêt-à-porter féminin encensée.

Il a également démontré sa maîtrise des savoir-faire de la maison lors du défilé Métiers d'art présenté en décembre à New York, un show marquant organisé dans le métro.

Jusqu'à jeudi, 28 maisons présentent leurs créations dans le cadre de la semaine de la haute couture.

Comme à son habitude, la maison italienne Schiaparelli a ouvert lundi matin le bal avec une collection sculpturale très animalière, où ailes et queue de scorpions complètent des silhouettes glamour, sous le regard de personnalités comme Jeff Bezos et son épouse Lauren Sánchez ou l'actrice Demi Moore.

Chez Georges Hobeika, la femme se fait bijou, des têtes couvertes de diadèmes aux traînes chamarrées. Des perles géantes sont suspendues aux robes fourreaux, des diamants couvrent les lourds drapés et les voiles bouffants. Les parures se confondent avec les corps, dans cette collection baptisée "Amour".

L'écru domine le vestiaire du créateur libanais, associé à son fils Jad, qui ont donné à voir leurs modèles dans la cathédrale américaine de Paris, alliant solennité et mystique.