Georges Abdallah demande son expulsion du sol français

Cette photo d'archive prise à Lannemezan le 25 octobre 2014 montre une affiche indiquant «Liberté pour Georges Abdallah» sur le portail devant la prison de Lannemezan, dans le sud de la France. (Laurent Dard/AFP)
Cette photo d'archive prise à Lannemezan le 25 octobre 2014 montre une affiche indiquant «Liberté pour Georges Abdallah» sur le portail devant la prison de Lannemezan, dans le sud de la France. (Laurent Dard/AFP)
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Publié le Mardi 25 janvier 2022

Georges Abdallah demande son expulsion du sol français

  • Libérable depuis 1999, il a vu ses neuf demandes de libération conditionnelle refusées
  • Au début des années 80 et alors que le Liban était en pleine guerre civile, Georges Abdallah avait cofondé un groupuscule marxiste pro-syrien et anti-israélien

PARIS : Il est «le plus vieux prisonnier politique d'Europe» selon ses soutiens, un «terroriste» selon ses détracteurs. Condamné à la perpétuité, le militant libanais Georges Ibrahim Abdallah est de retour devant la justice jeudi pour demander son expulsion de France, une «étape» vers une possible libération.

Condamné en 1987 pour complicité d'assassinat de deux diplomates américain et israélien, celui qui a incarné la vague d'attentats ayant frappé la France au début des années 80 entame, à 70 ans, sa 38e année de prison, faisant de lui l'un des plus anciens détenus du pays.

Libérable depuis 1999, il a vu ses neuf demandes de libération conditionnelle refusées.

A plusieurs reprises, la justice avait répondu favorablement à ces demandes, sous réserve que Georges Ibrahim Abdallah fasse l'objet d'un arrêt d'expulsion du ministère de l'Intérieur - qui n'a jamais été pris.

Sept ans après sa dernière demande, le militant libanais change donc d'angle d'attaque, en demandant au tribunal administratif de Paris de faire ordonner son expulsion du sol français.

«Nous avons envoyé plusieurs courriers au ministre de l'Intérieur» pour réclamer son expulsion, indique l'avocat de Georges Abdallah, Jean-Louis Chalanset. «Sans réponses» du ministère, il a déposé cette requête, qui sera examinée jeudi après-midi.

L'expulsion des étrangers condamnés «pour des faits assimilés à des faits de terrorisme» est aujourd'hui «systématique», argumente Me Chalanset, qui rappelle que les autorités libanaises se sont à maintes reprises dites prêtes à accueillir Georges Abdallah au Liban, où il est vu comme un «prisonnier politique».

Sollicité sur sa position dans ce dossier, le ministère de l'Intérieur n'a pas répondu.

Une victoire devant le tribunal administratif ne serait qu'une «première étape», qui ouvrirait la voie à une nouvelle demande de libération conditionnelle, explique Me Chalanset.

Celui qui a repris la défense de Georges Ibrahim Abdallah après le décès de son avocat historique Jacques Vergès en 2013 ne se fait pourtant pas d'illusion. Sa requête est une manière de «sonder le gouvernement français», dit-il, mais «la décision de sa libération sera politique avant d'être judiciaire».

- «Servilité» -

L'avocat voit dans l'«insupportable» maintien en détention de son client - «plus vieux prisonnier politique d'Europe» - un «manque de courage» de la France et sa «servilité» vis-à-vis des Etats-Unis. Me Chalanset dénonce «l'acharnement des Américains».

Partie civile au procès de Georges Abdallah, les Etats-Unis se sont systématiquement opposés à ses demandes de libération par la voix de leur avocat français Georges Kiejman, confirme ce dernier à l'AFP.

«Conscient de la longueur de la détention», Me Kiejman estime de son côté qu'il faut cependant «tenir compte de la gravité des faits» et de «l'attitude très raide» du militant libanais.

«Je ne pense pas que l'attitude hostile du gouvernement américain soit la cause déterminante du maintien en détention» de Georges Abdallah, résume-t-il.

En 2015, dans une décision jugée «très régressive» par sa défense, la cour d'appel de Paris avait rejeté la demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah, arguant qu'il n'avait pas fait l'objet d'un arrêté d'expulsion, mais aussi qu'il «ne regrettait pas les actes pour lesquels il avait été condamné».

«C'est un militant, il reste sur ses positions», confirme son avocat.

Au fil des ans, des parlementaires de gauche, des associations comme La ligue des droits de l'Homme (LDH) ou encore le patron du renseignement français à l'époque de son arrestation, ont appelé à sa libération.

Ses soutiens, qui se réunissent tous les ans devant le centre pénitentiaire de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) où il est détenu, ont prévu un rassemblement devant le tribunal administratif jeudi.

Au début des années 80 et alors que le Liban était en pleine guerre civile, Georges Abdallah avait cofondé les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), groupuscule marxiste pro-syrien et anti-israélien qui a revendiqué cinq attentats, dont quatre mortels, en 1981-1982 en France.

Il avait été arrêté à Lyon le 24 octobre 1984 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité après avoir été reconnu coupable de complicité dans l'assassinat à Paris en 1982 de deux diplomates, l'Américain Charles Ray et l'Israélien Yacov Barsimantov, et dans la tentative d'assassinat du consul général des Etats-Unis, Robert Homme, à Strasbourg, en 1984.

«Révolutionnaire» libanais et l'un des plus anciens détenus de France

L'ex-chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises, Georges Ibrahim Abdallah, qui, à 70 ans, a passé plus de la moitié de sa vie en prison, reste l'incarnation de la vague d'attentats qui a frappé la France dans les années 80.

«Je suis un combattant, pas un criminel», a toujours martelé devant ses juges cet homme glacial au regard clair et à la barbe drue.

«L'itinéraire que j'ai suivi a été commandé par les atteintes aux droits de l'Homme perpétrées contre la Palestine», se défendait-il.

Né le 2 avril 1951 à Koubayat (nord du Liban), ce chrétien de rite grec-orthodoxe milite dès l'âge de 15 ans, d'abord au Parti socialiste national syrien puis au Parti populaire syrien, deux formations favorables à une «Grande Syrie», incluant Liban et Palestine.

- Communiste et anti-impérialiste -

Blessé pendant l'invasion du Liban par Israël en 1978, il adhère au Front populaire de libération de la Palestine, mouvement communiste et anti-impérialiste de Georges Habache.

En 1980, cet instituteur taciturne fonde, avec ses frères et des cousins, les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL).

Il a déjà des contacts avec des mouvements extrémistes: Action directe (France), les Brigades rouges (Italie), le Vénézuélien Carlos et la Fraction Armée rouge (Allemagne).

Groupuscule marxiste pro-syrien et anti-israélien, les FARL revendiquent cinq attentats, dont quatre mortels en 1981-1982 en France.

Les conditions de l'arrestation de Georges Ibrahim Abdallah sont inédites en matière de terrorisme. Le 24 octobre 1984, il entre dans un commissariat lyonnais, demandant à être protégé des tueurs du Mossad qu'il dit sur ses traces.

Il est alors détenteur d'un passeport algérien, comme il a déjà eu des passeports maltais, marocain et yéménite, utiles pour ses nombreux voyages (Yougoslavie, Italie, Espagne, Suisse, Chypre...).

Mais la DST comprend vite que cet homme, au français parfait, n'est pas un touriste mais Abdel Kader Saadi, «nom de guerre» de Georges Ibrahim Abdallah.

Les appartements où il a résidé sont fouillés. Dans l'un d'eux à Paris, on découvre un véritable arsenal, avec des pistolets mitrailleurs et deux postes émetteurs-récepteurs.

A l'issue de son procès, à Lyon en 1986, il est jugé coupable de complicité dans les assassinats, en 1982, de deux diplomates, l'Américain Charles Ray et l'Israélien Yacov Barsimentov.

Dans ses mémoires, Me Georges Kiejman, alors avocat des parties civiles, se souvient d'un accusé qui «s’est conduit comme le terroriste militant qu’il disait ne pas être». «Il m’injuriait, insultait tout le monde, nous traitait de +porcs+ et de +sales impérialistes+, il a dû être expulsé de la salle d’audience».

Georges Ibrahim Abdallah, qui a toujours nié, est condamné le 28 février 1987 à la perpétuité par la cour d'assises spéciale de Paris.

Ses soutiens créent un comité, demandent sa «libération immédiate» et revendiquent plusieurs attentats faisant 13 morts et 250 blessés en France.

Devenu un des plus anciens détenus de France, emprisonné actuellement à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), il n'a jamais émis le moindre regret.

«Il va bien intellectuellement. C’est un militant, il reste sur ses positions, il lit beaucoup et se tient très au courant de ce qui se passe au Moyen Orient. Et on lui écrit du monde entier», déclare à l'AFP son avocat Me Jean-Louis Chalanset.

- «Forme de respect» -

Depuis 1999, année où il est devenu libérable selon le droit français, il a demandé sa libération conditionnelle à neuf reprises, sans succès.

Au fil des ans, son sort a ému et mobilisé de nombreux militants proches du PCF et de l'extrême gauche, qui accusent les gouvernements français successifs d'acharnement et le considèrent comme «un prisonnier politique».

Des municipalités communistes l'ont même fait citoyen d'honneur et, régulièrement, des manifestations ont lieu devant sa prison.

«A titre personnel, j’estime que Georges Ibrahim Abddallah pourrait être libéré», estimait en 2021 Me Kiejman dans ses mémoires. «J’ai une forme de respect pour lui que je n'avais pas à l’époque. Le braillard de la cour d’assises est devenu un intellectuel réfléchi».

Mais, selon l'avocat, «enfermé dans une certitude respectable mais dogmatique, il ne fait rien pour faciliter sa libération». A cet égard, a-t-il écrit, «je comprends» que les familles des victimes «n’aient pas la même tentation de pardon».


Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
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  • Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan
  • Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés

ISTANBUL: Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.


Londres analysera la boîte noire après le crash d'un avion libyen, selon Tripoli

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
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  • "Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale
  • Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara

TRIPOLI: Le Royaume-Uni a accepté d'analyser la boîte noire de l'avion qui s'est écrasé en Turquie le 23 décembre avec à son bord une délégation militaire libyenne, faisant huit morts dont le chef d'état-major libyen, a annoncé jeudi le gouvernement de Tripoli.

"Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale, lors d'une conférence de presse à Tripoli.

Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara.

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage.

Une demande d'analyse a été "faite à l'Allemagne qui a exigé l'assistance de la France" pour examiner les enregistreurs de l'avion, a précisé M. al-Chahoubi à l'AFP.

"Cependant, la Convention de Chicago stipule que le pays analysant la boîte noire doit être neutre. La France étant un pays constructeur de l'appareil dont l'équipage était français, elle n'est pas habilitée à participer. En revanche, le Royaume-Uni a été accepté par la Libye et la Turquie", a-t-il précisé à l'AFP.

Deux Français faisaient partie des membres d'équipage de l'avion, un Falcon 50.

Après un entretien mardi avec l'ambassadeur britannique à Tripoli, le ministre libyen des Affaires étrangères, Taher al-Baour, avait évoqué une "demande conjointe, soumise par l'Etat libyen et la République de Turquie au Royaume-Uni, pour obtenir un soutien technique et juridique en vue de l'analyse de la boîte noire".

"Le Royaume-Uni a annoncé son accord, en coordination entre le ministère libyen des Transports et les autorités turques", a ajouté le ministre lors du point presse.

"Il n'est pas possible à ce stade de prévoir le temps nécessaire à la lecture des données de la boîte noire" car cela dépendra de son état, a-t-il souligné.

L'enquête "se poursuit dans le cadre d'une coopération libyo-turque et avec une participation technique internationale", a précisé le ministre, en ajoutant que les conclusions seraient publiées "dès qu'elles seront connues".

 


Israël confirme interdire d'accès à Gaza 37 ONG étrangères dont MSF et Oxfam

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
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  • Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture
  • Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG

JERUSALEM: Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture. Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG.

"Les licences des organisations ont expiré et il leur est interdit d'acheminer de l'aide. Elles ont deux mois pour retirer leurs équipes", a expliqué à l'AFP le porte-parole du ministère de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme.

D'ici le 1er mars, "si elles daignent nous soumettre les documents qu'elles ont refusé de nous fournir au cours des dix derniers mois, nous examinerons leur demande", a ajouté Gilad Zwick.

Dans un communiqué, le ministère a affirmé que cette "exigence" visait à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires" étrangères.

"L'assistance humanitaire est la bienvenue — l'exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l'est pas", a martelé le ministre, Amichai Chikli, cité dans le texte.

Israël a été vivement critiqué par la communauté internationale à l'approche de l'échéance - mercredi minuit heure locale - imposée aux ONG pour se soumettre à leurs nouvelles obligations.

Parmi ces organisations figurent de grands acteurs du secteur, dont Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council (NRC), Care, World Vision ou Oxfam.

"Marginaliser les acteurs humanitaires" 

Mercredi, MSF a expliqué ne pas avoir obtenu d'Israël "des garanties et des clarifications" concernant cette demande "préoccupante". Shaina Low, porte-parole du NRC, a de son côté dénoncé auprès de l'AFP les "actions prises depuis deux ans pour entraver et marginaliser les acteurs humanitaires".

A Gaza, les employés locaux sont "épuisés" et leurs collègues étrangers "leur apportent un degré additionnel d'aide et de sécurité. Leur présence est une protection", a-t-elle fait valoir, confirmant le refus de l'ONG norvégienne de fournir les identités aux autorités. "On a proposé des alternatives, elles ont refusé".

Mercredi, l'Union européenne a exigé la levée des "obstacles" à l'aide humanitaire.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a lui estimé que "de telles suspensions arbitraires (aggravaient) encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza", où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre entre Israël et le Hamas.

La question de l'aide et de son utilisation est extrêmement sensible depuis le début de la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas en Israël du 7 octobre 2023.

En 2024, Israël avait déjà interdit à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) d'opérer sur son sol, accusant certains de ses employés d'avoir participé à l'attaque du 7-Octobre.

"Alignement politique" de l'aide 

Le patron de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a qualifié la réglementation israélienne de "dangereux précédent", dénonçant un "mépris du droit international humanitaire" et une "multiplication des obstacles" à l'aide.

Jeudi, un groupement de 17 organisations israéliennes marquées à gauche a lui jugé que la radiation des ONG "sape l'action humanitaire (...), met en danger le personnel et les communautés et compromet l'efficacité de la distribution de l'aide".

"Subordonner l'aide à un alignement politique (...) exiger la divulgation de données personnelles sensibles (...) constituent une violation du devoir de protection et exposent les travailleurs à la surveillance et aux atteintes" à leurs droits, ajoutent ces signataires d'un communiqué commun.

Selon le Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, 4.200 camions d'aide entrent en moyenne à Gaza chaque semaine, soit environ 600 par jour, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Mais seuls 100 à 300 transportent de l'aide humanitaire, selon des ONG et les Nations unies.